Venue de Sarkozy à Lille

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LETTRE OUVERTE DES PARLEMENTAIRES COMMUNISTES ET REPUBLICAINS DU NORD-PAS DE CALAIS

Publié le 11 janvier 2008

LETTRE OUVERTE DES PARLEMENTAIRES COMMUNISTES ET REPUBLICAINS DU NORD-PAS DE CALAIS

MRS ALAIN BOCQUET et JEAN-JACQUES CANDELIER, Députés du Nord et

MME MICHELLE DEMESSINE, Sénatrice du Nord, JEAN CLAUDE DANGLOT, Sénateur du Pas de Calais et

JACKY HENIN, Député européen

à

M. NICOLAS SARKOZY, Président de la République

Lille, le 10 janvier 2008

Monsieur le Président de la République,

Votre déplacement à Lille le vendredi 11 janvier intervient dans un contexte de crise économique et sociale majeure. De plus en plus de français ont le sentiment que leur génération vit plus mal que les précédentes. Dans cette situation, le Nord-Pas de Calais accumule plus de difficultés que d’autres.

En effet, notre région est la deuxième région de France pour son taux de chômage. Elle est aussi en tête pour son taux de mortalité et le nombre de personne vivant sous le seuil de pauvreté. Elle est en queue de peloton pour son PIB par habitant (21ème, après la Corse), 21ème en nombre d’infirmiers, 22ème en revenu disponible par habitant. Pourtant la vie n’est pas difficile pour tout le monde : le Nord-Pas de Calais est la 4ème région pour le nombre de famille payant l’impôt sur la fortune.


En matière d’emploi, les délocalisations se multiplient, les plans sociaux et les liquidations de ses industries se poursuivent. En l’espace de 10 ans, le Nord- Pas- de Calais a perdu 42 000 emplois dans l’industrie. Des filières entières, qui font la fierté de notre région comme le textile, l’habillement, l’automobile sont menacées, fragilisées par la concurrence imposée par l’Europe libérale aujourd’hui et demain par le Traité européen que vous voulez imposer sans reconsulter le peuple. C’est à 70% que les habitants de notre région ont refusé le projet de Constitution européenne que vous défendiez.

Dans la fonction publique, le déficit est considérable et va s’aggraver avec la suppression programmée de 22 000 postes de la fonction publique. Plus personne ne peut aujourd’hui contester qu’il manque dans notre région des milliers d’emplois dans les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraites, le secteur social, dans la police, la justice, les douanes…

Tous ces emplois, dans le secteur privé comme dans le secteur public, redonneraient de l’espoir et un élan à l’économie régionale. Aujourd’hui, un jeune sur quatre quitte la région pour trouver du travail !

C’est pour cette raison que 100 demandeurs d’emploi de la région ont organisé une Marche pour l’Emploi, du 24 au 27 octobre dernier et sont venus vous déposer, à l’Elysée, 4 500 CV recueillis en quelques semaines. Avec nous, ils ont tenu à vous dire que « travailler plus, pour gagner plus » c’est bien gentil, mais d’abord, donnez-nous du travail !

Vous le voyez, le Nord-Pas de Calais, qui a apporté et apporte toujours beaucoup à la France, n’a pas en retour le bénéfice d’une véritable solidarité nationale à la hauteur de ses meurtrissures et du rôle que notre région peut jouer pour permettre à la France d’affronter les défis du futur.

Pourtant, le Nord-Pas de Calais est riche de compétences et de savoir-faire. Lors de votre passage à Lille pendant la campagne à l’élection présidentielle, vous avez rappelé à juste titre que nous avions encore ici un avenir industriel et donc un potentiel de création d’emplois important.

Le Nord-Pas de Calais n’attend pas de vous des propos évasifs ou des annonces médiatiques. En plus de vos ministres résidents, les ministres de votre majorité passent et repassent dans notre région en multipliant les discours la main sur le cœur, en nous laissant avec nos problèmes qui ne font que se multiplier et s’affirmer.

Nous attendons plutôt des décisions concrètes.

Ne pensez-vous pas que faire des choix de civilisation pour l’avenir serait de revenir sur la suppression de 700 postes d’enseignants dans notre académie, après en avoir supprimé plusieurs milliers ces dernières années alors que nous sommes une région qui enregistre de sérieux retards scolaires ? Ne faudrait-il pas redonner des moyens à nos hôpitaux qui croulent sous le poids de leur dette alors que l’espérance de vie est ici bien inférieure à la moyenne nationale ? Ici, plus encore qu’ailleurs, il faut garantir notre système de protection sociale au lieu d’imposer des franchises médicales.

Ne devriez-vous pas promouvoir une véritable politique d’investissement industriel, de recherche et de formation qualifiante pour redonner de l’espoir aux familles et à nos enfants qui se forment dans les universités régionales ?

L’argent existe dans notre pays pour mettre en œuvre d’autres choix et redonner des moyens à l’Etat. Les milliards accumulés par les grands groupes dans cette course effrénée aux profits financiers spéculatifs restent entre les mains de quelques-uns. Il y a urgence à redistribuer les richesses et à en faire bénéficier celles et ceux qui les produisent en augmentant les salaires et les pensions !

Voilà, Monsieur le Président de la République, ce que nous souhaitions vous dire à l’occasion de votre visite dans notre belle région.

Veuillez recevoir, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre haute considération.

Les parlementaires communistes et républicains du Nord-Pas de Calais

ALAIN BOCQUET, JEAN-JACQUES CANDELIER MICHELLE DEMESSINE JEAN-CLAUDE DANGLOT JACKY HENIN

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