Ferroviaire (Nord Eclair 2/12/2010)

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Alain Bocquet demande une commission d’enquête

Publié le 2 décembre 2010

Selon Alain Bocquet, le ferroviaire est à la « croisée des chemins ».

Le député PCF Alain Bocquet a suscité une demande de création d’une commission d’enquête parlementaire sur l’avenir de l’industrie ferroviaire. L’Assemblée nationale en débattra le 8 décembre.

Faire le point pour dresser un tableau précis de l’industrie ferroviaire dans notre pays, avant qu’il soit trop tard. C’est l’objectif de la proposition de résolution demandant la création d’une commission d’enquête parlementaire, déposée par le groupe « Gauche démocrate et républicaine » (communistes et Verts), et qui sera examinée par l’Assemblée nationale le 8 décembre prochain.


L’initiative vient du député PCF de Saint-Amand-les-Eaux, Alain Bocquet, visé au premier chef par la question du ferroviaire puisque le Nord - Pas-de-Calais est leader de cette industrie en France - qui pèse 10 000 emplois dans la région, selon lui -, et que le Valenciennois en est un des fiefs, avec les sites d’Alstom à Petite-Forêt et Bombardier à Crespin.

Délocalisations indirectes

Selon l’élu communiste, l’industrie ferroviaire est « à la croisée des chemins ». « En France, grosso modo, là où on est leader, c’est sur les avions et les trains, c’est notre acquis historique, suggère-t-il. Or avec la concurrence débridée qui se mène aujourd’hui au niveau international, rien ne dit que tout cela ne va pas disparaître. Si on continue comme ça, dans dix ans, il n’y aura plus de ferroviaire en France. » D’où l’idée de créer cette commission, qui permettrait d’auditionner les industriels du secteur, donneurs d’ordre et sous-traitants, mais aussi les institutions publiques qui sont souvent à l’origine de commandes importantes. « Les constructeurs clament qu’ils ont gardé l’essentiel de la production en France, mais en réalité, ils se déchargent du sale boulot sur les sous-traitants, contraints par des clauses tacites de leurs contrats de faire fabriquer une partie de leurs commandes à l’étranger. » Pour éviter que les PME « crèvent les unes après les autres », - elles seraient environ 170 dans la région dans ce secteur -, Alain Bocquet aimerait donc que cette commission d’enquête puisse proposer aux institutions à l’origine de commandes publiques importantes en matière ferroviaire (RATP, régions, SNCF) d’introduire une obligation pour les constructeurs de fabriquer un maximum de produits en France.

« La commission ne peut pas contraindre mais soulever des lièvres et nourrir le débat, souligne-t-il. Après tout, il s’agit d’argent public, et je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas exiger que cela serve l’emploi chez nous. Ce n’est pas du protectionnisme, mais du bon sens ! »

Bien sûr, rien ne dit que l’Assemblée accepte la création de cette commission d’enquête, ni que, le cas échéant, ses conclusions aillent dans le sens souhaité par les communistes. Mais pour Alain Bocquet, cela aura au moins permis de « parler du ferroviaire ».w

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