Suppressions d’emplois chez Renault

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Alain Bocquet, député du Nord, s’adresse au Premier Ministre

Publié le 15 septembre 2008

Intervention d’Alain BOCQUET, Député du Nord, auprès de Monsieur François FILLON, Premier Ministre, en faveur de l’organisation urgente d’une Table ronde à Matignon sur la situation de l’industrie automobile française suite à l’annonce par la direction de Renault de la suppression de 6.000 emplois.

Monsieur le Premier Ministre,

L’annonce par la direction de Renault de suppression de 6.000 emplois suscite l’émotion et la colère au sein des salariés du groupe, mais aussi de l’ensemble des sites de production ou de sous-traitance automobile, dans les diverses Régions de France concernées et dans tout le pays.


C’est bien évidemment le cas du Nord – Pas-de-Calais où des entreprises comme Renault Douai, la Société de Transmissions Automatiques (STA) à Ruitz, la Française de Mécanique à Douvrin, Maubeuge Construction Automobile (MCA) à Maubeuge, constituent autant d’éléments clés d’une industrie automobile implantée et développée notamment au lendemain de la casse délibérée de notre sidérurgie. Cet acquis du monde du travail et de notre population, qui s’étaient mobilisés à l’époque pour préserver la vocation industrielle du Nord – Pas-de-Calais, les savoir-faire et l’emploi de dizaines de milliers de salariés, est très fortement ébranlé par ce énième plan de restructuration et par les dangers supplémentaires qu’il fait peser sur toute cette industrie.

L’automobile est un secteur vital essentiel de l’économie du Nord – Pas-de-Calais. C’est le premier employeur puisque l’ensemble de la filière, des constructeurs jusqu’aux sous-traitants de rang 3, fait appel à quelques 55.000 salariés dont environ 23.000 sur les 7 sites de constructeurs : Renault, PSA, Toyota …

C’est 20 % de l’emploi régional dispersés sur 150 établissements, et près de 30 % du chiffre à l’exportation de notre Région.

Et faut-il le souligner, avec un effectif estimé à 30.000 emplois, les équipementiers représentent eux aussi dans ce cadre, un enjeu considérable. A cet égard, la liquidation récente de Cadence Innovation à Noeux-les-Mines fait redouter de nouvelles ruptures, de nouvelles pertes et suppressions d’emplois, de nouveaux plans de licenciement. Beaucoup d’inquiétudes et d’interrogations s’expriment ainsi au sujet des sites Faurecia d’Auchel et de Hénin-Beaumont.

Toutes ces décisions et menaces, et les « raisons économiques » auxquelles elles paraissent obéir sont fermement contestées par les personnels et leurs représentants syndicaux.

A juste titre d’ailleurs si, pour ne prendre que cet exemple, on s’intéresse de près aux performances financières de Renault dont le résultat net estimé pour le premier semestre 2008 s’établit à 1467 Millions d’Euros, et dont la marge opérationnelle ainsi que le rappellent les députés communistes, est passée de 3,5 % au premier semestre 2007, à 4,1 % au premier semestre 2008.

Et de même pour PSA dont les résultats semestriels rendus publics fin juillet, faisaient état de 733 Millions d’euros de bénéfice net, en hausse de 49 %, mais où la réduction des effectifs reste à l’ordre du jour.

Les syndicats de l’industrie automobiles soulignent que dans ces grands groupes, les dividendes versés aux actionnaires ont été multipliés par 6 en 7 ans. Ils mettent également l’accent sur la capacité de l’industrie française à produire, sur notre territoire, des véhicules qui se vendent d’ailleurs prioritairement en Europe de l’Ouest, mais sont actuellement construits en Europe de l’Est ou au Brésil. Ils insistent sur les difficultés que suscitent l’absence de revalorisation des salaires, l’insuffisance criante du pouvoir d’achat des ménages alors que le marché intérieur français est l’atout majeur de notre économie.

Répondre aux exigences qui montent sur ce dernier point aurait un effet déterminant sur l’objectif de renouvellement du parc automobile, quand on sait que la durée de vie d’un véhicule en France comme en Europe, est actuellement de 8 ans.

Monsieur le Premier Ministre, beaucoup de constats de terrain heurtent et contredisent par conséquent les « arguments » mis en avant pour réduire les capacités de production automobile en France, l’effort pour la recherche développement, l’emploi, accroître les délocalisations et freiner l’évolution des salaires.

Plus que jamais, des Régions majeures du territoire national comme le Nord – Pas-de-Calais sont sous le coup des stratégies économiques et industrielles mises en œuvre et strictement soucieuses d’une rentabilité toujours plus élevée et d’augmentation des profits.

L’industrie automobile française est directement victime de ces dérives. Elle attend et revendique un débat national sur sa situation et sur les dispositifs indispensables à sa relance et à son essor.

C’est pourquoi j’ai l’honneur de vous demander l’organisation urgente d’une table ronde à Matignon réunissant toutes les parties concernées : pouvoirs publics, parlementaires et représentants régionaux et territoriaux, constructeurs, équipementiers et représentants des salariés.

A l’heure ou le monde du travail se voit confronté à ces suppressions injustifiables de milliers d’emplois, une telle initiative constituerait de la part de votre gouvernement le gage d’une réelle volonté d’engager les décisions et les investissements préservant l’avenir de ce fleuron de notre économie, et d’impulser son redressement.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de ma haute considération.

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