PIMKIE

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Alain Bocquet s’adresse au Président de la République

Publié le 2 janvier 2010

Monsieur le Président de la République,

Jeudi soir, j’ai écouté avec attention vos vœux aux Françaises et aux Français.

Le hasard de l’information a voulu que soit présenté lors du journal télévisé qui suivait sur TF1, un reportage sur la crise sociale chez PIMKIE (Groupe Mulliez) dans la métropole lilloise. J’ai immédiatement rapproché vos paroles solennelles et la réalité vécue actuellement par les salariés de cette entreprise.

Vous avez déclaré que vous vouliez en cette année 2010 : « faire reculer le chômage et l’exclusion ». Ne pensez-vous pas que le moyen le plus efficace, c’est de commencer par mettre un coup d’arrêt à ces plans de licenciements en cours, tel celui programmé chez PiMKIE ?

En effet, 190 salariés des deux entrepôts PIMKIE de Neuville-en-Ferrain et Wasquehal sont actuellement sur la sellette après les 62 licenciements chez XANARA, société du même groupe Mulliez. Un groupe qui dégage des profits financiers fabuleux et a versé royalement des dividendes à ses actionnaires. À titre d’exemple, ceux-ci ont, il y a un an, en pleine crise mondiale, perçu, lors de la restructuration de DIRAMODE, 45 millions d’euros sous forme d’acomptes sur dividendes !


Vous comprendrez dans ces conditions qu’il n’est pas possible d’accepter ces licenciements contre lesquels les salariés se battent actuellement avec détermination et dignité ; nouveau plan de chômage et de misère dans une région déjà durement touchée. Les dernières statistiques mensuelles du marché du travail traduisent pour novembre, une hausse du chômage plus forte encore dans le Nord - Pas-de-Calais que sur le plan national. La hausse atteint 0,7 % par rapport à la fin octobre, soit 1489 chômeurs supplémentaires.

Plus de 300.000 hommes, femmes et jeunes sont inscrits dans les antennes de Pote Emploi de notre région, 33.000 demandeurs d’emplois supplémentaires en un an,

C’est dire si les licenciés potentiels chez PIMKIE auront un mal énorme à retrouver un travail. Ils seront comme beaucoup, jetés dans la galère, ils ne peuvent se satisfaire d’une obole et réclament d’être respectés. Ils ont raison et leur exigence exprime ce qu’ils ressentent dans cette lutte légitime qu’ils mènent avec le soutien de la population.

Avec mes amis, je suis à leur côté dans ce combat pour la vie et l’avenir.

Vos déclarations d’intention sur la « lutte contre le chômage et l’exclusion », vous avez les moyens de les traduire immédiatement en acte concret en exigeant du groupe Mulliez, que vous connaissez bien, l’abandon de ce plan scandaleux qui n’a pas de raison d’être. D’autant plus que ce groupe a largement les moyens de reclasser ces salariés dans ses nombreuses unités de production et de distribution.

Une étude montre que les destructions d’emplois directs et indirects liées à cette restructuration, seraient supérieures à 300 dans la zone d’emploi de Roubaix - Tourcoing, Sans compter le coût financier pour la collectivité !

Ce projet décidé unilatéralement par la direction de DIRAMODE induit en effet des coûts importants pour les finances publiques déjà bien mal en point. On peut estimer le manque à gagner à plus de 15 millions d’euros sur les prochains 18 mois : cotisations sociales en moins, indemnités chômage en plus. coût du suivi des chômeurs par Pôle Emploi, fiscalité en moins, etc...

Ainsi au coût social et au traumatisme vécu par les salariés et leurs familles (soit un millier de personnes), il convient d’ajouter le coût financier aux dépens des pouvoirs publics.

Tout cela est insupportable, sachant en outre que le groupe Mulliez a suffisamment reçu d’aides de toutes sortes, ponctionnées sur l’argent des contribuables pour la réalisation des unités de production actuellement en cause.

Vous l’avez compris, Monsieur te Président de la République, le bon sens invite à casser d’urgence ce plan de licenciements inutile et inhumain. II ne surfit pas de déclarer la main sur le cœur, comme le fait Monsieur Gérard Mulliez, première fortune de France : « // faut faire passer l’homme avant le fric » ou encore « on est là pour développer le service aux hommes, la joie de vivre et organiser les choses de façon juste ». Encore faut-il le prouver chez PIMKIE.

Plutôt que d’alimenter le cercle vicieux de la régression et la spirale du déclin avec ce plan de licenciements, mieux vaudrait, en le refusant, nourrir le cercle vertueux du développement et de l’emploi.

Engels avait écrit que « la preuve du pudding est qu’on le mange ». Le respect de votre promesse pour cette année nouvelle de « faire reculer le chômage et l’exclusion » commence par garantir l’emploi des 190 salariés de PIMKIE menacés par les licenciements et le chômage.

Vous avez le pouvoir d’Etat de libérer ces otages malgré eux, de la course aveugle et effrénée aux profits financiers des actionnaires du groupe Mulliez.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président de la République, l’assurance de ma haute considération.

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