18 avril 2011 : Rassemblement des candidats Front de Gauche en Préfecture

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Charles Beauchamp les accueille

Publié le 23 avril 2011

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Charles Beauchamp

Bienvenue à vous toutes et tous dans les locaux du Conseil Général. C’est un plaisir de vous accueillir, d’accueillir Fabien ROUSSEL, 1er Secrétaire de la Fédération du Nord du P.C.F., d’accueillir Laurent MATECHKO, Responsable du Parti de Gauche, d’accueillir Alain BOCQUET, Député, d’accueillir Michèle DEMESSINE, Sénatrice, et les conseillers généraux présents.

L’idée de la rencontre de ce soir est excellente et pourrait d’ailleurs intéresser l’ensemble des élus et des candidats des autres collectivités. Au lendemain des élections cantonales, nous pouvons dire qu’est confirmé le rejet de la politique de N. Sarkozy et de l’UMP.


Ce rejet s’est exprimé de 4 manières :

‐ une abstention record

‐ la montée de l’extrême droite

‐ une déroute de la droite traditionnelle qui ne se traduit pas de manière visible dans le Nord

‐ et aussi un début de rééquilibrage au sein de la gauche avec un Front de gauche qui confirme son ancrage

L’abstention : La crainte de voir l’abstention progresser dans le pays et dans notre département s’est confirmée, avec un taux de participation de seulement 40,22% au 1er tour, c’est plus de 21 points de moins qu’au 1er tour des cantonales de 2004 (61,3%). C’est encore pire qu’au 1er tour des Régionales de mars 2010 qui marquait une forte abstention avec un taux de participation de 44,53%. Si la participation a progressé au second tour, le niveau d’abstention reste dramatiquement élevé.

Deux facteurs expliquent pour partie cette forte abstention :

‐ l’absence de communication sur cette élection et ses enjeux de la part du gouvernement et des grands médias et le fait que cette élection ne concernait qu’un électeur sur deux sans être accolée à une autre élection importante (municipale ou régionale) comme c’était le cas habituellement depuis 1994.

A noter que la croissance de l’abstention est générale en milieu urbain. Les seuls territoires de résistance restent les cantons les plus ruraux et les moins peuplés.

Il est sûr que l’actualité internationale au Japon comme en Lybie, a permis au gouvernement et aux médias nationaux notamment, de passer sous silence cette élection, dernier grand rendez‐vous avant les présidentielles de 2012. Aujourd’hui, la droite s’appuie sur cette abstention pour traiter comme un détail sa déroute électorale.

‐ Mais l’abstention s’explique surtout par un phénomène dangereux pour la démocratie : le désintérêt croissant d’une partie de la population pour la politique, couplé à une rancoeur forte pour une classe politique sourde aux inquiétudes du peuple et à son opinion. Après le viol de la souveraineté populaire exprimée avec le référendum sur la constitution européenne de 2005 puis le refus de revenir sur une réforme des retraites majoritairement rejetée par la population, beaucoup d’électeurs pouvaient considérer qu’il ne sert à rien de voter pour une classe politique sourde à leurs aspirations. La dégradation de la confiance des citoyens s’adresse aussi aux élus de proximité que nous sommes. Ils nous reprochent, en quelque sorte, notre impuissance à régler leurs problèmes concrets et cela dans un contexte où ils se sentent déjà abandonnés par les l’Etat et les institutions. C’est important d’y réfléchir, au moment où nous allons continuer à assurer des responsabilités au sein de notre institution.

La montée de l’extrême droite : Le décalage entre les urgences populaires face aux dégâts du capitalisme et les politiques mises en oeuvre, devient insupportable pour une grandepartie de la population.

Dans notre département, le FN, enlevons lui son masque pour lui donner son véritablement nom : l’extrême droite, était présent au second tour dans 17 cantons.

Rappelons aussi que le Front National s’est accaparé de ce nom qui à l’origine est celui d’un mouvement de Résistance initié par le Parti Communiste Français. Les anciens Résistants ont d’ailleurs engagé une action en justice contre cette usurpation mais ont été déboutés. Je vous laisse apprécier cette décision de justice.

La progression générale de l’extrême droite encouragée par certains médias télévisuels, qui en sont déjà au second tour des présidentielles de 2012 pose la question de crédibilité des réponses politiques aux attentes de la population comme le pose l’abstention.

L’alternance des gouvernements de droite et de gauche sans véritable changement politique alimente le vote d’extrême droite et l’abstention. Je me refuse à croire que l’ensemble des électrices et des électeurs qui a déjà fait le choix d’un candidat d’extrême droite soit des adeptes des idées fascistes. Ce sont pour beaucoup des gens déçus et désorientés politiquement.

Et quand pour le second tour j’entends parler de front républicain, je reste très interrogatif face à cette idée ; elle risque même de créer l’effet de vote inverse pour au moins deux raisons :

‐ les électrices et électeurs qui ont choisi un bulletin d’extrême droite ne sont pas hostiles dans leur immense majorité aux valeurs fondatrices de la République, au contraire c’est l’abandon de ces valeurs qui les conduit à manifester leur colère.

‐ Nicolas Sarkozy et l’UMP avec leur réforme territoriale tournent le dos aux valeurs de notre République.

Alors arrêtons cette mascarade.

Les promesses non tenues de Nicolas Sarkozy et l’absence d’alternative crédible à gauche sont responsables de cette montée de l’extrême droite. Le renoncement de certains à gauche de combattre l’Europe du capitalisme financier a aussi une grande part de responsabilité. Soyons clairs, il ne peut y avoir dans de pays de véritable politique de gauche sans dénonciation juridique des traités européens. Sarkozy porte une grande responsabilité dans la progression du vote vers l’extrême droite. Il n’a pas tenu les promesses du « gagner plus » et s’est dévoué au service des actionnaires et de la bande du Fouquet’s. Il s’est acoquiné avec les grands possédants de la finance. Et au lieu de répondre aux urgences sociales et humaines, il reprend le fonds de commerce sécuritaire, anti‐immigré et diviseur du FN.

Néanmoins, il serait dangereux de ramener la progression de l’extrême droite au seul siphonage des voix de l’UMP, même si dans le vivier de la majorité présidentielle, il est très largement perçu comme « fréquentable » et la porosité entre ces 2 électorats semble de plus en plus grande. La gauche a aussi toute sa part de responsabilité dans le vote extrême et protestataire. Depuis des années, elle ne propose pas, pour les gens, d’alternative crédible. Le PS donne le spectacle de la division interne. Les propos contradictoires de ses dirigeants sur la durée du travail avec les 35 heures, la retraite, la réduction des dépenses publiques ou son renoncement à combattre l’Europe du capitalisme financier, alimentent le vote vers l’extrême droite et l’Abstention.

Le PCF a lui aussi des responsabilités que je considère importantes depuis un certains nombres d’années à commencer par un défaut d’analyse de ce vote d’extrême droite.

Une déroute de la droite traditionnelle

En dépit des tentatives de minimiser les résultats du 1er tour, l’UMP n’a pas évité le désaveu électoral qu’elle comptait contourner en jouant la carte de l’abstention.

Au contraire, le record de l’abstention pour ce type d’élection, ne fait que souligner le score historiquement bas de la droite qui se situe aux alentours de 17 % au 1er tour au niveau national.

Bien qu’amorti par l’implantation de certains candidats, le recul de la droite est général, y compris dans notre département, même si elle réalise un score de 22,89 % si l’on additionne les voix des Divers Droite.

L’UMP se glorifie, sans doute, d’avoir gagné 4 sièges au détriment du PS. Elle a tort, car son affaiblissement est notable en influence réelle. Elle devrait plutôt reconnaître que son résultat constitue pour elle, un désaveu sérieux, après quatre années de Présidence de N. Sarkozy.

Même si elle parvient à limiter son recul dans le Nord, ce recul entraine une marginalisation de l’UMP qui est éliminé dès le 1er tour dans un certain nombre de cantons.

Ce reflux est d’autant plus significatif que les cantonales de 2004 avaient déjà été catastrophiques pour l’UMP et ses alliés.

Il s’inscrit dans une tendance amorcée aux municipales de 2008 et confirmée aux européennes de 2009 et aux régionales de 2010. Rééquilibrage au sein de la gauche

Les électeurs ont placé la gauche en tête de ces élections cantonales au niveau national comme au niveau départemental.

Nationalement, le PS qui avait atteint un score de 26,25% des suffrages exprimés en 2004, plafonne aujourd’hui à 24,94%. Dans notre département le PS et divers gauche recueille 29,76% (31% en 2004). Cette érosion s’explique d’abord par le haut niveau d’influence atteint en 2004 par le PS. Mais aussi nationalement par une baisse du nombre de candidats du fait des accords avec Europe Ecologie les Verts qui ont entrainé l’absence de candidats socialistes dans de nombreux cantons à fort potentiel de voix, sans que le soutien des écologistes dans d’autres cantons ne compense ce manque à gagner.

Dans d’autres cantons, une partie de l’électorat du PS a été captée par Europe Ecologie les Verts ou le Front de Gauche, voire par l’extrême droite dans le Nord et le Pas de Calais par exemple.

Le PS qui se percevait comme largement dominant est obligé de prendre en compte un rééquilibrage à l’intérieur de la gauche avec la poursuite d’une recomposition en cours depuis les Européennes de 2009. Dans le Nord, avec un score de 13,97%, nous progressons de 1,43% par rapport aux cantonales de 2004. Nous améliorons de façon significative le score que nous avions atteint aux Régionales de 2010 qui était de 11,99%. Cette progression touche quasiment tous les cantons, 34 sur 40, avec une très forte capacité de rassemblement des conseillers généraux communistes sortants, même si les dynamiques sont inégales selon les endroits.

Les résultats que nous avons obtenus viennent confirmer la dynamique du Front de Gauche. Cette gauche combative et rassemblée est née du NON au Référendum sur la constitution européenne en 2005, réunissant sans exclusive toutes les forces de gauche, qui se battent pour une autre Europe en rupture avec les traités de Maastricht, de Lisbonne et du capitalisme financier.

Le PCF et le Front de Gauche s’imposent comme la deuxième force politique à gauche devant Europe Ecologie les Verts, avec un progrès certain à l’échelle du Département. Et n’en déplaise à ces détracteurs le score obtenu par le Front de Gauche et particulièrement celui des communistes qui en portaient les couleurs, fait voler en éclats les clichés sur le coma dépassé du Parti Communiste Français.

Cependant, ce bon résultat reste fragile en raison du fort taux d’abstention.

Pour notre département, le résultat est positif :

‐ nous conservons nos 5 cantons dont un gagné au 1er tour avec des résultats en progression par rapport à 2004

‐ la passation de notre Camarade René CHER à notre Camarade Aymeric ROBIN à Saint Amand rive droite a été un succès puisqu’il réalise plus de 47 % dès le 1er tour

‐ nous reprenons le canton de Douai sud avec notre camarade Alain BRUNEEL qui fort de son résultat est seul au second tour

‐ nous gagnons confortablement le canton de Valenciennes Nord avec notre Camarade Jean Claude DULIEU qui est passé devant Jean Luc CHAGNON et a vaincu l’UMP au 2ème tour.

Dans le Valenciennois, nous avons gagné les 5 cantons qui étaient renouvelables et comme le disait Serge le soir du 2ème tour, nous avons réalisé le grand schlem.

Je tiens d’ailleurs, ici, à féliciter l’ensemble des camarades qui ont permis, aujourd’hui, de renforcer l’influence du Groupe au sein de la majorité départementale qui se trouve rééquilibrer à notre avantage. Je tiens également à saluer le travail de terrain et de proximité des candidates et candidats, des militantes et militants du PCF du PG et de la GU, qui sont allés, si on peut dire, arracher les voix avec les dents.

Nous pouvons, légitimement penser que l’activité du groupe et son bilan, dans le dernier mandat, notamment ont contribué au bon résultat que nous avons obtenu.

Permettez‐moi d’en rappeler quelques acquis :

‐ le gel de la fiscalité pour 2010 et 2011

‐ les initiatives prises pour réclamer de l’Etat qu’il paye sa dette

‐ notre position sur la refonte de la contribution des communes et intercommunalités pour financer le SDIS

‐ notre position également sur le dossier d’attribution de la DSP des transports qui a permis d’écarter la multinationale Veolia, de maintenir les dessertes, de garantir l’emploi des salariés des entreprises locales.

‐ notre participation au mouvement social avec le dépôt d’une motion s’opposant à la casse du système des retraites

Aujourd’hui, les Nordistes ont effectué un choix clair. Ils ont exprimé leur volonté de voir cesser les attaques contre l’emploi, le pouvoir d’achat et les services publics. Ils ont aussi exprimé, sans ambiguïté, leur espoir d’une autre politique, juste, sociale et humaine. Ils attendent de leurs élus, disponibilité, écoute et action résolue contre les inégalités sociales, les injustices et pour un environnement de qualité pour tous. Dès demain, nous devons donc travailler à renforcer encore, l’action du Conseil Général pour répondre concrètement à leurs attentes et devons accentuer notre combat pour le remboursement de la dette de l’Etat au Conseil Général.

Je rappelle qu’en perdant 6 cantons, dont 2 à l’UMP, 1 à un Divers Droite et 1 à un Nouveau Centre, le PS (39 élus) n’a plus la majorité absolue dans cette assemblée.

Nous avons négocié avec nos partenaires de la majorité départemental non pas sur le nombre de postes de vice‐présidents ou de présidents de commission contrairement a ce qui a été dit ou écrit mais sur le contenu des politiques à mettre en oeuvre.

Mais pour mettre en oeuvre ces politiques, il faut de l’argent. Nous avons demandé et obtenu que le Conseil Général engage des actions afin de récupérer la dette de l’Etat qui est je le rappelle de 2 milliards d’euros. Ce fut notre première exigence, elle a été entendue (Didier Manier en S/P), bien sûr, il y en a d’autres que je ne détaillerai pas ici.

Ensuite, et seulement après l’accord politique, est venu le partage des responsabilités dans le respect des rééquilibrages de la majorité, suite à notre progression qui donne à notre groupe : 4 vice‐présidences au lieu de 3 et 2 présidences de commission au lieu d’une et la présidence d’autres organismes non pour y faire uniquement de la gestion mais gérer et surtout mener des combats politiques.

Les Vice‐Présidents :

‐ Fabien THIEME à l’Enfance – Famille ‐ Jeunesse

‐ Michel LEFEBVRE à la Santé

‐ Bernard BAUDOUX à l’Enseignement

Et moi‐même à l’Habitat – Logement

Les 2 Présidents de Commission sont :

‐ Serge VAN DER HOEVEN à la Culture – Sports – tourisme et vie associative

‐ Alain BRUNEEL à l’Environnement ‐ politique de l’Eau

Nous aurons aussi 3 Conseillers délégués :

‐ Albert DESPRES à la lutte contre l’illettrisme

‐ Jean Claude DULIEU à la Santé

‐ Aymeric ROBIN à la Jeunesse

Cette situation nouvelle sera un point d’appui pour :

‐ lutter auprès de l’Etat afin d’obtenir le remboursement de sa dette au Département,

‐ faire avancer nos propositions,

‐ ancrer résolument à gauche les politiques en direction des nordistes,

‐ organiser la résistance contre les politiques de casse de nos acquis sociaux,

‐ intensifier la politique d’aide aux collégiens en attribuant par exemple une trousse de fournitures scolaires,

‐ développer les technologies de l’information et de la communication dans les collèges à travers l’informatisation de toutes les salles de classe,

‐ aider les associations qui défendent les victimes de l’amiante et de leur famille.

Nous connaissons la situation financière difficile de notre département. Une situation en grande partie due à la non compensation des nombreux transferts de charges de l’Etat aux collectivités, décidés par la droite depuis 2004, atteignant aujourd’hui pour le Nord la somme de près de 2 milliards d’€. Récupérer cet argent est un préalable à toute nouvelle politique véritablement audacieuse.

Nous réaffirmons, comme nous n’avons cessé de le faire depuis de nombreuses années, que toutes les actions du Conseil Général doivent être mobilisées pour répondre à l’urgence sociale dans notre Département. Renforcer notre action à travers le développement de nos politiques existantes, notamment de solidarité envers nos concitoyens mais aussi envers les collectivités locales, mettre en place de nouvelles politiques afin de corriger les inégalités, protéger la population de notre département contre les effets dévastateurs de la politique de la droite et de l’UMP, nécessite de mener un combat frontal en direction de l’Etat afin qu’il rembourse sa dette aux Nordistes.

Les élus du groupe communiste – front de gauche sont pleinement engagés dans la construction d’une réelle alternative politique et d’une véritable rupture avec les politiques nationale et européenne au service du capitalisme financier.

Et c’est sur un contenu politique réellement de gauche de notre collectivité que nous pourrons construire un avenir pour ce département conforme aux intérêts de ses habitants, retrouver la confiance des électrices et des électeurs et ainsi, faire reculer l’extrême droite et combattre la droite.

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