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Education Nationale La rectrice en difficulté !

Publié le 18 février 2011

La Voix du Nord 18 février 2011

La rectrice face aux élus de gauche : deux logiques et un gouffre au milieu

Ambiance tendue, parfois houleuse hier à Lille où les conseillers régionaux et les membres du CESER débattaient des conditions de la rentrée et de l’avenir des lycées... avec la rectrice. Toile de fond de ces échanges musclés : 865 suppressions de postes.


« Nous n’allons pas nous convaincre », lâche le président de séance, Jean-Marie Alexandre (PS), avant la fin du débat.

L’intuition est la bonne. Sur les bancs des élus communistes fleurissent des petits panneaux revendicatifs.

Des élus socialistes brandissent, eux, des cartons rouges.

Imperturbable, Marie-Jeanne Philippe, la rectrice de l’académie, développe son analyse. Principe de départ : pendant des années des moyens importants ont été mis à disposition de l’Éducation nationale et les résultats ne sont pas à la hauteur. Pire, « l’académie de Lille est la moins équitable de toutes, les élèves favorisés y réussissent mieux qu’en Bretagne, ceux des milieux défavorisés plus mal que dans l’académie de Créteil ».

La rectrice ne lâche rien face à ses contradicteurs : « Vous êtes arc-boutés sur les suppressions de postes... il n’y a pas de lien direct entre le nombre de postes et la réussite scolaire, l’académie a rattrapé la moyenne nationale pour le taux de reçus au bac. » Restent de gros points noirs : le décrochage contre lequel la rectrice invite à mobiliser aussi les parents et une offre de formation inadaptée : « On a des filières surdimensionnées avec des élèves qui vont se retrouver au chômage et des filières quasi vides malgré des perspectives d’emploi. »

Dans l’auditoire, les réactions fusent. « On ne peut pas réduire l’Éducation nationale à des besoins économiques, on sacrifie notre jeunesse », tonne Lionel Garbé (CGT). Annick Mattighello (PC) dénonce « la violence du gouvernement contre les plus faibles ». Sa question sur l’avenir de vingt-cinq petits lycées reste sans réponse.

Pour le PS, Olfa Laforce parle d’une « saignée » et d’un « massacre organisé », Bruno Magnier vilipende « le rouleau compresseur comptable ».

Le soutien à la rectrice vient de l’UMP. « Nous demandons à l’école de former à des métiers », plaide André Flajolet. Philippe Rappeneau réclame la réforme pour « un système qui ne fait plus ses preuves » et met en garde contre « les attitudes corporatistes ».

Le dialogue de sourds s’éternise. La conclusion de Daniel Percheron prend l’allure d’une grosse colère. Avec l’État « le fossé n’a jamais été aussi profond », constate le président du conseil régional avant d’interpeller la rectrice : « Plaider dans le Nord - Pas-de-Calais le fait qu’on progresse depuis cinq ans parce qu’on supprime des postes, c’est insulter notre région. »

Nord Eclair 18 février 2011

Éducation : « Irréversible fossé » entre Daniel Percheron et le recteur

La brûlante actualité des suppressions de postes s’est invitée hier au conseil régional où on parlait lycées : Daniel Percheron s’est élevé contre les justifications du recteur d’académie.

Des élus PCF brandissant des panneaux « Non à la casse de l’Éducation ». Des élus PS donnant un « carton rouge » aux 865 suppressions de postes dans les écoles, collèges et lycées de la région. Voilà pour l’ambiance d’une séance qui a réuni élus régionaux et membres du conseil économique, social et environnemental régional (CESER) : sur la rentrée scolaire, les lycées, le débat a viré à l’affrontement avec le recteur de Lille.
Marie-Jeanne Philippe a en effet fait face à un feu de critiques. Sur les suppressions de postes, la prime au recteur. « S’il y a des économies à faire, qu’elle rende sa prime ! » a lancé Cathy Apourceau-Poly, présidente de la commission « lycées, apprentissage, schéma régional des formations ».


Pour Europe Écologie-Les Verts, Sylvain Estager a jugé « un peu dérangeantes » les expériences de lycée exposées par des proviseurs alors que les établissements « luttent contre l’amputation de leurs moyens ». « Ces expériences heureuses, c’est l’arbre qui cache la forêt. Ça me rappelle Marie-Antoinette distribuant des brioches ! » a-t-il ajouté.

L’heure pour Daniel Percheron, le président PS, de se demander si l’on peut « multiplier les réformes d’en haut sans associer Régions et Départements. S’il faut investir, on le fait, mais pas avec l’épée dans les reins surtout si elle sert à trancher des têtes ».


Pour la Majorité présidentielle, Joëlle Longueval et Philippe Rapeneau ont tenté de justifier les suppressions de postes. « Moins 43 000 lycéens depuis 2005, 9 000 places vides », « nécessité de s’adapter aux besoins qui évoluent » ou « le taux d’encadrement reste ici supérieur à la moyenne nationale »...

« Réformes « utiles » 


Les mêmes arguments que le recteur parlant de « réformes utiles et nécessaires », de « repenser l’organisation de l’enseignement en faisant évoluer la carte de l’offre » tout en « amenant les parents à agir » pour leurs enfants en décrochage scolaire.

Et Marie-Jeanne Philippe, qui veut « un dispositif plus adéquat aux besoins de l’emploi », d’insister : « Le budget dans l’académie n’a pas baissé depuis 2005. Je souhaite réduire les moyens là où c’est nécessaire. ».
Un « souci d’efficacité » qui a fait bondir Daniel Percheron : « Il y a des limites à ne pas dépasser. Plaider ici le fait que depuis cinq ans, parce qu’on supprime des postes, parce qu’on réduit la voilure, nous progressons et rattrapons notre retard, c’est insulter notre région. »

Puis, constatant « le désaccord total et le fossé irréversiblement profond » entre État et Région sur le sujet, il a lancé à Marie-Jeanne Philippe : « On peut être un recteur militant mais on a alors des élus eux aussi plus que jamais militants. Abandonnez ce raisonnement, respectez le Nord - Pas-de-Calais. » Avant de se lever et de quitter la séance sans un regard pour le recteur.w

Les débats continuent aujourd’hui sur le plan régional de développement des formations professionnelles, l’apprentissage et l’alternance.

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