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Intervention de Delphine Castelli : ARCELORMITTAL / Etat des lieux de la sidérurgie en France

Publié le 5 octobre 2012

ARCELORMITTAL / Etat des lieux de la sidérurgie en France

ARCELORMITTAL a confirmé lundi son intention de fermer définitivement les deux hauts fourneaux de Florange, qui étaient à l’arrêt depuis 14 mois. Cette décision affecte 629 emplois, mais dans sa grande bonté, Lakshmi Mittal accepte un délai de deux mois pour mettre en œuvre cette décision, le temps pour les pouvoirs publics de tenter de trouver un repreneur. Alors le gouvernement « se mobilise pleinement pour assurer la recherche d’un repreneur disposant d’un véritable projet industriel », dixit Arnaud Montebourg…

Encore une fois, la nécessité de reprendre la main sur les filières stratégiques que sont la sidérurgie, le raffinage, l’énergie… saute aux yeux !

On a déjà abordé lors de l’assemblée de rentrée la question du raffinage avec TOTAL et le projet de reconversion du site de la Raffinerie des Flandres de Dunkerque. TOTAL a mené et mène encore une stratégie de la mort lente du raffinage en France en favorisant l’extraction pétrolière dont il détourne les profits dans les paradis fiscaux, au détriment des raffineries.

ARCELORMITTAL mène exactement la même stratégie de mort lente de la sidérurgie : il s’agit de l’abandon de la filière sidérurgie au profit de l’exploitation minière, bien plus rentable, notamment dans des pays en conflit ou en guerre civile…

Revenons au cas de Florange. L’arrêt temporaire a été justifié par la baisse des la demande d’acier en France et en Europe, argument démenti par des cabinets d’experts, puisque la demande existe bel et bien ! Il s’agit au contraire d’abandonner la filière sidérurgie. Et pour preuves :

  • Le groupe n’a aucune politique commerciale offensive, et par sa stratégie, depuis 2010, ce sont 2,3 millions de tonnes d’acier parties à la concurrence… ce qui correspond à la capacité de production de Florange.
  • La politique salariale n’est plus attractive pour les jeunes, et le problème du renouvellement des compétences et savoir-faire est clairement posé : d’ici 2015, 25 % des salariés de la sidérurgie partiront en retraite en France. Il faudrait 10 000 embauches au moins dans les 2 ans pour maintenir les compétences et savoir-faire. Or quand on regarde l’évolution des effectifs ARCELOR en France, on est loin du compte ! De 27 112 salariés en 2008, on est passé à 21 000 fin 2011. C’est 6 000 emplois perdus en 3 ans ! Et rien que sur les sites ARCELOR Atlantique et Lorraine, fin 2011, on comptait 8 000 salariés en CDI dont 2 500 de plus de 55 ans.
  • La sidérurgie a besoin de se développer pour répondre aux nouvelles demandes d’acier et aux enjeux environnementaux. Sur cet aspect, le groupe ARCELORMITTAL est le dernier de la classe en Europe au regard de son budget Recherche & Développement : le groupe n’y consacre que 0,4 % de son chiffre d’affaire ! Et c’est sans compter la baisse annoncée de 15% fin 2012, avec davantage pour le budget mine et donc d’autant moins pour la sidérurgie.

On le voit bien, on n’est pas face à une crise de surcapacité comme on veut nous le faire croire. L’enjeu pour la filière sidérurgie en France, c’est de continuer à produire de l’acier de qualité avec des salariés bien formés.

Là encore, on voit bien la pertinence de notre programme « l’humain d’abord », et la nécessité de reparler du besoin de droits nouveaux pour les salariés dans les entreprises, ainsi que de la question de l’intervention de l’Etat au niveau des filières stratégiques : contreparties aux aides publiques, prise de capital avec minorité de blocage, réquisition des outils, et disons le, nationalisation, même si le ministre Montebourg trouve qu’il est prématuré d’en parler dans ce dossier.

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