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Les communistes ont une gare d’avance

Publié le 14 avril 2006

Ils proposent l’ouverture d’une troisième gare sur le site de l’actuelle gare de triage Saint Sauveur.


Les communistes ont une gare d’avance

Les élus des groupes PCF du Conseil régional, de Lille métropole Communauté urbaine et de la Ville de Lille proposent l’ouverture d’une troisième gare sur le site de l’actuelle gare de triage Saint-Sauveur.

Après Lille Flandre, Lille Europe, la capitale régionale verra-t-elle prochainement une troisième gare ouvrir ses portes ? L’idée n’est pas nouvelle, et a notamment été avancée depuis plusieurs années par les communistes. Le train est d’ailleurs un de leur vieux combat, puisqu’il faut se souvenir qu’ils ont été à l’origine du TCR, transport collectif régional, devenu depuis TER, transport express régional. Au moment où la région Nord-Pas-de-Calais va prochainement être amenée à faire des choix importants en matière de transport, ils ont remis le dossier sur la table dernièrement. Que ce soit au Conseil régional, à Lille métropole communauté urbaine de Lille ou à la mairie de Lille, les trois groupes communistes font front commun autour de cette proposition, suggérant d’utiliser les voies et les bâtiments de l’ancienne gare de triage Saint-Sauveur, située dans le centre ville ou bien encore à Lille Sud, porte des Postes. Selon Eric Renaud, le président du groupe PCF, Daniel Percheron, le président du Conseil régional serait « d’accord sur la nécessité d’une nouvelle gare ». Reste à connaître le point de vue de Martine Aubry, la maire de Lille, et celui de Pierre Mauroy, le président de LMCU, tous deux devant encore répondre aux demandes de rencontres des élus communistes.

Succès du TER

Dans tous les cas, il semble évident que le choix de la Région de développer l’offre ferroviaire oblige à répondre au problème de la saturation de la gare Lille Flandre. Problème qui a fait l’objet d’une étude conjointe de la SNCF et de RFF (Réseau ferré de France, qui gèrent les infrastructures ferroviaires) mais que tous deux n’ont pas rendu public. « Selon les cheminots, il y a, aux heures de pointe, un train toutes les trois minutes, sans voie de délestage en cas de problème. Et si hier il fallait 30 minutes pour résorber un retard, il faut aujourd’hui deux heures. On ne peut pas augmenter le nombre de trains arrivant dans cette gare » affirme Marielle Cuvelier, conseillère régionale. Car le train connaît un succès croissant dans la région. Conséquences de la hausse de l’essence, mais aussi d’une politique volontariste du Conseil régional (cadencement avec un train toutes les demies-heures sur certaines lignes, rames plus confortables, travaux dans certaines gares, TER à grande vitesse...), les usagers du TER (train express régional) sont chaque année plus nombreux. La hausse était de 6,12 % en 2004 dans la région. Sachant qu’avec « 45.000 usagers quotidiens, nous sommes encore loin du compte de ce que l’on pourrait ambitionner. Je pense qu’il peut y avoir jusqu’à 150.000 usagers par jour si l’on encourage une politique sociale poussée, si l’on rénove les infrastructures, si l’on améliore le développe le cadencement et assure la sécurité » affirme Eric Renaud. Au moment où la SNCF et RFF envisagent de se débarrasser d’un patrimoine ferroviaire convoité par les sociétés immobilières, les élus PCF demandent que l’on préserve le site de la gare Saint Sauveur. « Cette gare est une chance et un atout. Il faut que des mesures conservatoires soient prises pour préserver ce site », (site sur lequel la mairie de Lille envisageait d’installer le village olympique si Lille avait obtenu les Jeux olympiques en 2004, NDLR), estime Jean-Pierre Marescaux, président du groupe communiste de LMCU. Michel Cucheval, adjoint au maire de Lille, et responsable des élus communistes de cette ville, estime qu’il faut des « mesures incitatives » pour désengorger Lille et ses accès. Le choix d’une nouvelle gare mériterait en effet, selon les communistes, de s’inscrire dans une logique politique à forte connotation sociale, dans le but de développer les transports pour tous, mais aussi écologique. « La raréfaction des énergies fossiles oblige à favoriser des modes de transport collectif écologiques » affirme Alain Berteaux, conseiller régional. Que ce soit à Saint-Sauveur ou à Lille Sud, la nouvelle gare serait connectée aux autres moyens de transports, la ligne deux du métro, le réseau de bus ou encore le futur « tram-train » qui verra le jour dans les prochaines années.

Une politique sociale tarifaire

La création, avant l’été, du SMIRT, Syndicat mixte régional des transports, autorité qui examinera désormais les axes de la politique régionale des transports donnera l’occasion de mettre ces questions en débat. D’autant que les communistes suggèrent qu’un tel développement soit accompagné d’une politique sociale tarifaire audacieuse. Jean-Pierre Marescaux rappelle par exemple que les élus de LMCU, comme ceux de Lille, demandent une étude de faisabilité de la gratuité des transports dans la métropole lilloise. De même qu’ouvrir une troisième gare à Lille suppose aussi de la financer. « Qui dit gare TER, dit financements régionaux » fait savoir Eric Renaud. « Je ne désespère pas que l’exécutif régional revendique des conditions financières favorables, par exemple la mise à disposition gracieuse des terrains ».

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