Rejet de la motion Front National

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Intervention Eric Corbeaux au Conseil Régional

Publié le 17 octobre 2008

Conseil Régional Séance Plénière du vendredi 17 octobre 2008

Pour le Groupe Communiste Intervention d’Eric Corbeaux

rejet de la motion FN.

Monsieur le Président, chers Collègues,

Dans le journal britannique le Guardian, l’éditorialiste résumait l’actualité en citant Lénine : les capitalistes peuvent se sortir de la crise s’ils arrivent à la faire payer aux travailleurs !

Les médias nationaux ou européens, la droite et l’extrême droite seraient-ils devenus tous anticapitalistes, après avoir été des fervents supporters d’une même logique, celle qui fonde le capitalisme !

Le texte sur lequel nous devons nous prononcer en est un exemple !


La motion d’urgence présentée par le groupe Front National dans la laquelle il est sollicité une conférence spécifique sur la situation des PME/TPE, au regard de la crise financière internationale, s’inscrit - pour nous- dans une démarche d’agitation poujadiste tout en essayant de surfer de manière irresponsable sur le sentiment de peur, comme le font déjà les capitalistes, le MEDEF ou le gouvernement.

D’autant que je rappelle que dans le programme du FN figure notamment dans le chapitre « solutions face aux délocalisations » : la diminution de la taxe professionnelle, de l’ISF et surtout une allegence sans faille à un système, le capitalisme seulement maitrisé, à leurs yeux par la voie nationale !

La situation de crise de la planète finance doit nous obliger à dépasser les intérêts égoïstes et nationalistes d’un appareil politique et pousser nos analyses ce qui est un enjeu en soi, sur les causes de cette crise profonde !

Par exemple, on emploie le terme de nationalisation des banques mais en fait on socialise les pertes après avoir privatisé pendant des décennies les profits en augmentation la pression sur les travailleurs : précarité, bas salaires, chômage !

On nous reparle du retour de l’Etat et dans le même discours on nous annonce la suppression de plus de 30.000 emplois dans la fonction publique !

En fait, on demande aux Etats de repomper de l’argent dans le système pour payer des pommes pourries alors que ces milliards d’euros seraient si nécessaires pour relever les défis solidaires, alimentaires, sociaux ou écologiques de la planète ! Dans une mondialisation au service de la financiarisation de l’économie, formidable facilité pour exploiter et opposer les peuples, les réponses progressistes et émancipatrices sont nationales, européennes et mondiales !

C’est pourquoi, nous voterons contre cette motion restrictive qui de surcroît de se situe aucunement à la hauteur des enjeux en question.

Néanmoins, la situation d’insécurité financière des PME/TPE qui n’a jamais été aussi mauvaise implique de réfléchir collectivement sur une mobilisation pro-active de nos outils financiers avec une souplesse sur le mode de remboursement de nos avances remboursables que nous avons consenti à diverses PME en fonction des difficultés rencontrées.

Par ailleurs, je rappelle que la Région s’est dotée en 2005 d’un Schéma de Développement Economique qui vise à coordonner avec les territoires l’ensemble de nos actions. Au sein de cette instance siège l’ensemble des acteurs économiques, institutionnels et partenaires sociaux.

Le dialogue et la conflictualité positive doit se situer à ce niveau pertinent ou sont représentés les différents protagonistes de l’animation économique et sociale.

Au delà de ces considérations, la crise financière spéculative démontre, aujourd’hui avec acuité la nécessité d’établir de nouvelles règles visant une maîtrise des politiques économiques afin de faire valoir des objectifs sociaux qui répondent aux exigences d’émancipations humaines comme la sécurisation de l’emploi et une promotion des services publics.

Malheureusement, le séisme financier risque d’aggraver les difficultés de l’économie productive et avoir des répercussions sur l’économie réelle, la vie de tous les jours ! .Les décisions prises par N. Sarkosy en matière économique et sociale amplifie la fragilité de notre économie et les dégâts sociaux au sein de notre pays.

La situation exige des transformations radicales. On ne peut se contenter de réparer les dégâts. Des changements majeurs sont nécessaires. Le mouvement de résistance à cette politique doit encore grandir. Son élargissement et son enracinement, l’exigence de changements profonds ont besoin d’un projet politique cohérent et ambitieux socialement.

Je parle après mes collègues verts et socialistes. De fortes convergences s’expriment pour sortir de la crise et c’est un vrai défi pour nous de construire, au-delà d’une critique sévère, des propositions alternatives, à l’heure où l’UMP prétend refonder le capitalisme !

Il faut aussi avoir la ferme volonté de faire grandir un débat populaire sur les choix à faire, les leviers à actionner en France et en Europe, pour desserrer l’étau qui verrouille les salaires.

Cela concerne particulièrement la question du crédit et des banques qu’il faut chercher à mobiliser dès le niveau régional avec des Fonds publics pour l’investissement créateur d’emplois et de formation, au niveau national avec un pôle public bancaire et financier comme au niveau européen avec une réorientation très profonde des missions et de la politique de la BCE.

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