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Crise de l’automobile

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Fabien Thiémé écrit au Premier Ministre

Publié le 6 mars 2009

Fabien THIĖMĖ, Vice-Président du Conseil Général, Délégué à l’Enfance et à la Famille, Maire de Marly

Monsieur le Premier Ministre,

L’entreprise Acument (ex Valmex) située à VIEUX-CONDÉ subit de plein fouet la crise du secteur automobile.

Les 320 salariés sont contraints au chômage technique pendant 5 à 6 jours en janvier avec des journées indemnisées à hauteur de 60% du salaire. Une situation dramatique pour ces centaines de salariés qui devrait malheureusement se poursuivre sur les mois à venir.

28 janvier 2009

Concernant Toyota à ONNAING, usine qui emploie 3 844 personnes, celle-ci va fermer quatre jours en février en plus de ceux déjà annoncés. L’usine sera ainsi fermée du 23 au 26 février. De même, une semaine de fermeture serait prévue début mars et huit vendredis étalés sur les mois de février, mars et avril, seront chômés.

Dans de nombreuses usines du Pays, du Nord et du valenciennois, les salariés sont dans la crainte de perdre leur emploi, de voir leur usine fermer ou tout simplement délocaliser.

Cette crise du secteur automobile touche toute l’économie, ceci étant encore plus vrai dans le Nord-Pas-de-Calais puisque l’automobile est, avec l’agroalimentaire, le premier employeur de la région.

C’est ainsi que 37 000 salariés de l’automobile du Nord-Pas-de-Calais, que le chômage partiel prive en moyenne de 300 euros par mois, n’ont pour perspective qu’un avenir incertain fait de précarité.

A cela s’ajoutent les nombreux emplois de sous-traitance et notamment les salariés des équipementiers qui, eux aussi, sont frappés de plein fouet, à l’image de Faurecia à Hordain.

Aucune entreprise du secteur n’est épargnée : l’UMV (ex-SMAN) de Trith-Saint-Léger, Sevelnord Hordain, Lisi Automobile Former à Thiant, Renault Douai, MCA Maubeuge, ThyssenKrupp à Gouzeaucourt, Bridgestone Béthune …

Une crise qui, intervenant dans un contexte de pouvoir d’achat d’ores-et-déjà très faible, pénalise lourdement non seulement le budget et la qualité de vie des familles concernées mais également les commerçants locaux dont l’activité dépend de la bonne santé du secteur automobile.

Les salariés ne peuvent accepter de payer les conséquences de cette crise et ressentent un profond sentiment d’injustice au regard des bénéfices engrangés ces dernières années par les groupes de l’automobile.

A l’image par exemple de Renault dont les dividendes versés aux actionnaires n’ont eu de cesse de s’accroître : 544 millions d’euros en 2005, 716 millions en 2006, 900 millions en 2007, pour atteindre 1 040 millions en 2008.

Chose inacceptable lorsque l’on sait que ce sont les salariés qui payent quotidiennement le prix de cette course folle à la rentabilité : bas salaires, recours abusif à l’intérim, charges de travail insoutenables …

Chose inacceptable mais également difficilement compréhensible pour tous ces salariés qui se lèvent tôt, travaillent dur, à qui l’on refuse depuis des années des augmentations de salaires et à qui l’on parle, aujourd’hui, de crise. S’il y a bien crise, celle-ci n’est pas la même pour tout le monde.

Un seul chiffre : en 1980, la part des salaires dans l’automobile représentait 16,6 % du chiffre d’affaires de l’industrie automobile et n’en représente plus que 7,4% aujourd’hui.

Monsieur le Premier Ministre, en ouverture des états généraux de l’automobile, vous avez annoncé une aide de l’État au secteur de l’automobile de 5 ou 6 milliards d’euros et avez affiché la volonté d’écarter de cette aide les entreprises qui délocaliseront.

Refuser cette aide aux entreprises qui délocaliseraient est une bonne chose, à condition toutefois que cela se traduise en actes, mais ne suffit pas.

En effet, la question est désormais de savoir quelles contreparties seront demandées, quelle utilisation sera faite de cette aide et si les salariés en profiteront directement. Après les 360 milliards d’euros distribués aux banques sans aucune contrepartie et dont l’utilité laisse perplexe, il ne faudrait pas que cela se reproduise dans l’automobile.

Il est aujourd’hui nécessaire et urgent que cet argent serve à indemniser les jours de chômage partiel, rehausser les salaires, embaucher en CDI les intérimaires et relocaliser la production des petits modèles.

Les salariés, dont ceux des entreprises Acument à Vieux-Condé et Toyota à Onnaing, et leurs familles attendent des réponses rapides et concrètes aux lourdes difficultés qu’ils traversent.

Aussi, vous comprendrez, Monsieur le Premier Ministre, que j’ai tenu dans ce contexte à vous alerter sur la situation vécue par les salariés des entreprises de Vieux-Condé et Onnaing et à vous faire part de mes propositions quant au redressement d’une filière si cruciale pour notre économie.

Au-delà, je souhaite également vous alerter sur la nécessité d’un plan non limité au secteur de l’automobile et d’agir en faveur de l’augmentation globale des salaires, moyen le plus efficace pour relancer une croissance aujourd’hui en berne.

D’ores-et-déjà je vous remercie de l’intérêt que vous porterez à la présente et dans l’attente de vous lire,

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération.

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