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Prise en charge de la dépendance

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Fabien Thiémé s’adresse au Président de la République

Publié le 4 mars 2010

Monsieur le Président de la République,

La question de la prise en charge de la dépendance est, au regard des données démographiques et des enjeux qu’elle recouvre, un défi majeur pour notre société.

En effet, actuellement de 1,2 million, le nombre de personnes de plus de 80 ans va doubler d’ici dix ans, quadrupler d’ici à 2050 pour atteindre 4,2 millions. De même, on sait d’ores-et-déjà que 1 200 000 personnes seront dépendantes en 2040 contre 800 000 aujourd’hui.


Ces chiffres, vous en conviendrez, attestent de l’impérieuse nécessité de réformer le système de prise en charge, d’autant que ce dernier est déjà à bout de souffle.

Si la question se pose au niveau national, elle se pose d’autant plus au niveau départemental compte tenu de l’insuffisance des moyens donnés par l’Etat, de surcroit lorsqu’il s’agit du Département du Nord qui accumule de nombreux clignotants rouges tant au niveau sanitaire que social.

En matière d’Allocation Personnalisée à l’Autonomie, prestation qui permet pourtant d’aider les personnes âgées en perte d’autonomie à réaliser les actes essentiels de la vie courante, la part restant à la charge du Département du Nord s’élève à près de 130 millions d’euros par an.

Routes, collèges, action sociale, depuis des années l’Etat continue en effet à imposer de nouvelles charges aux Départements tout en ne transférant pas les moyens nécessaires, les poussant ainsi dans une situation d’étranglement financier sans précédent.

Ceci pour atteindre, concernant le Nord, la somme faramineuse de 321 millions d’euros en 2009.

Si rien n’est fait, ces transferts auront atteint en 2011 la somme incroyable de 1 milliard d’euros.

Cette dette de l’Etat envers le Département du Nord, et donc des nordistes, est inacceptable au regard des besoins auxquels notre collectivité, ses habitants et ses partenaires doivent faire face.

Les associations d’aide à domicile et leurs salariés sont de facto eux aussi confrontés à d’importantes difficultés. Or ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu. Là aussi, cette situation résulte de choix nationaux particulièrement critiquables qui ont fait de la prise en charge de nos aînés un véritable marché, où la concurrence conduit à l’abaissement de la qualité de service, à la précarité des salariés et plus grave, à une certaine forme de déshumanisation de la personne âgée.

L’ensemble de ces éléments vont dans le sens de la nécessité urgente de réformer le système de prise en charge et de financement de la perte d’autonomie.

A ce sujet d’ailleurs, vos multiples déclarations visant à mettre en place une cinquième branche de la protection sociale pour prendre en charge la dépendance ne peuvent suffire à convaincre puisque les questions de son financement sont éludées.

Or, c’est pourtant ce financement qui permettra une vraie prise en charge de nos aînés, une prise en charge de qualité à laquelle chacun, par la solidarité, participe et qui garantisse sur l’ensemble de notre territoire une véritable égalité de traitement.

Si le système de prise en charge est insuffisant et mérite d’être rapidement réformé, les difficultés financières que rencontrent les personnes âgées et les familles pour être hébergées ou venir en aide financièrement à un parent qui doit être accompagné en sont également un.

On ne saurait dès lors accepter l’idée d’un mécanisme d’assurances privées qui conduirait, chose inacceptable, à créer un système à deux vitesses et creuserait davantage encore les inégalités d’accès à l’aide et aux soins. Il convient, au contraire, de soutenir l’idée, et la nécessité, d’un financement basé sur la solidarité nationale.

Pour toutes ces raisons, je considère qu’il nous faut la création d’un nouveau service public en charge de l’aide aux personnes dépendantes dans le cadre de l’assurance maladie ainsi qu’une réforme des cotisations sociales, la modulation des charges patronales, la création d’une assiette supplémentaire sur les profits financiers et simultanément, la suppression progressive de la CSG.

Sans une telle réforme nationale, le Département du Nord, aujourd’hui étranglé par l’insuffisance de financements de l’Etat, risque d’être confronté non pas à un défi mais à un véritable désastre sanitaire.

Dans l’attente de vous lire et vous souhaitant bonne réception de la présente,

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de ma haute considération.

Fabien THIÉMÉ - Maire de Marly - Vice-Président du Conseil Général}}

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