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Situation de Bombardier Crespin et de l’industrie valenciennoise : lettre ouverte à Frédéric CUVILLIER

Publié le 30 juillet 2014

Vous trouverez ci-dessous, pour votre information, la lettre ouverte que j’adresse ce jour à Monsieur le Secrétaire d’Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, à l’occasion de sa venue dans le Valenciennois ce jeudi 26 juin pour les 10 ans de l’Agence Ferroviaire Européenne.

<http://fabienthieme2008.elunet.fr/p...> Monsieur le Secrétaire d’Etat,

Ce jeudi 26 juin vous vous rendrez dans le Valenciennois pour les 10 ans de l’Agence Ferroviaire Européenne.

A cette occasion, je souhaite attirer votre attention sur la situation de l’industrie ferroviaire et plus particulièrement celle de Bombardier Crespin.

Comme vous le savez, l’industrie ferroviaire est un secteur crucial dans le Nord-Pas-de-Calais, première région ferroviaire française. Il représente 10 000 emplois et un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Sur ces 10 000 emplois, 8000 sont concentrés dans le Valenciennois.

Le Valenciennois, capitale du ferroviaire, dispose d’atouts majeurs avec le pôle de compétitivité I-Trans, l’Agence ferroviaire européenne et le projet Railenium. C’est également notre Université, technopôle axé sur les transports, véritable atout pour l’innovation et la recherche dans le cadre de la fabrication de produits nouveaux pour la France et le monde.

Ce secteur traverse cependant d’importantes difficultés et de nombreux salariés sont aujourd’hui particulièrement inquiets, y compris chez les sous-traitants.

Cette inquiétude s’est vue une nouvelle fois renforcée avec l’annonce par le directeur de Bombardier Crespin visant à préciser qu’il y aurait des difficultés majeures sur ce site d’ici la fin 2016 – début 2017 s’il n’y avait pas d’augmentation de l’activité.

Par ailleurs, lors d’un comité de groupe européen de Bombardier la semaine dernière, il a été question de 1 000 suppressions de postes, dont 200 possibles dans l’usine crespinoise.

Dans ces conditions, vous comprendrez que j’ai voulu, à l’occasion de votre venue, vous alerter sur cette situation à laquelle il faut également intégrer la question des conditions de travail et de rémunération des salariés qui ne cessent de se dégrader.

Cette situation n’est pas un cas isolé, toute l’industrie ferroviaire y compris automobile est concernée et cela appelle des solutions urgentes.

C’est là un enjeu considérable pour le redressement productif. Notre pays, et en premier lieu notre région, dispose pour cela de nombreux atouts, à commencer par des salariés au savoir-faire reconnu dans le monde entier et des universités à la pointe de la recherche.

Ces atouts doivent cependant être accompagnés dans une véritable politique industrielle prenant en compte les dimensions régionales, nationales et européennes.

Il est important que de nouveaux pouvoirs pour les salariés soient instaurés afin de réorienter les choix de gestion. De même, la Banque Centrale Européenne doit être réorientée en faveur d’une utilisation de la monnaie et du crédit permettant la création, la sécurisation, la promotion de l’emploi, de la formation et des revenus du travail.

Cela appelle également selon moi une rupture franche avec les politiques d’austérité et, au niveau régional, la création d’un pôle industriel régional dans le but que soient réellement pris en compte, par une approche diverse et multi-partenariale, les enjeux considérables que recouvre notre industrie.

De même, il est urgent que soit insérée, dans les commandes publiques auprès d’entreprises privées, une clause prévoyant des coopérations franco-françaises.

Seule une telle clause permettrait de stopper les délocalisations qui, d’année en année, ne cessent de se multiplier et viennent faire obstacle à une véritable relance de notre activité économique et sociale.

Voilà, en effet, des années que l’on assiste à des suppressions d’emplois, à des réorganisations dans l’industrie valenciennoise et le moins que l’on puisse dire est qu’il devient urgent, avec un taux de chômage passé de 11 à 17 %, de réorienter le système actuel en faveur des salariés, des peuples et de l’emploi, plutôt que d’accepter une compétitivité qui s’apparente à une forme de chantage permanent.

Monsieur le Secrétaire d’Etat, nous avons plus que jamais besoin de l’industrie, d’une industrie modernisée, car sans elle il n’y aura pas d’avenir pour la France, pas d’avenir pour l’Europe.

Au-delà de ces mesures indispensables, le Valenciennois a encore en mémoire la venue d’Arnaud Montebourg le 11 janvier 2013 sur le site d’Alstom Petite-Forêt – autre dossier brûlant dans le Valenciennois – pour présider la première réunion du comité stratégique de la filière ferroviaire.

A cette occasion, le Ministre du Redressement Productif avait annoncé, en votre présence d’ailleurs, des mesures destinées à aider la filière industrielle ferroviaire et notamment 5 à 6 milliards d’euros de commandes potentielles à l’horizon de 10 ans pour aider à la structuration de la filière.

Pouvez-vous, sur ce point, apporter des précisions. Un autre dossier est fort attendu dans le Valenciennois : le Canal Seine Nord Europe. Là-aussi, le Valenciennois aimerait des réponses claires sur un projet attendu depuis plus de 20 ans, projet susceptible d’entrainer la création de 4 500 emplois directs et 25 000 emplois à l’horizon 2025.

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