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– samedi 8 septembre 2012 –

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Assemblée de rentrée des communistes du Nord

Publié le 11 septembre 2012

Assemblée de rentrée des communistes du Nord – samedi 8 septembre 2012 – MEP, Lille. - Introduction de Fabien ROUSSEL, Secrétaire de Fédération du Nord du PCF - Membre du Conseil National

Nous sortons d’une période électorale très intense ou nous avons enregistré des résultats plutôt encourageants en ce qui concerne notre département. Les présidentielles ont été suivi de la ré élection, aux législatives, des trois députés communistes et parti de gauche. Nous avons même failli en gagner un 4ème avec Fabien THIEME, dans la 21ème. Avec 12,5 %, notre influence est en progression dans notre département.

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F Roussel

Intervention de Delphine Castelli

Projet Hydrogène

Les salariés de la Raffinerie des Flandres sont entrés en lutte en janvier 2010 pour défendre leur emploi et s’opposer à la désindustrialisation du dunkerquois, alors que TOTAL avait annoncé la fermeture du site. Les militants communistes du dunkerquois ont dès le début été auprès des salariés et ont été à l’initiative dans ce combat, notamment par l’organisation d’un vote citoyen exigeant le redémarrage de la Raffinerie. Cette pétition a d’ailleurs recueilli l’adhésion massive de la population dunkerquoise, avec plus de 10 000 signatures.

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D Castelli

Eric Bocquet

Le gouvernement agit en catimini sur le texte du nouveau Traité européen :

• 13 juillet, saisine du Conseil Constitutionnel où 9 « sages » siègent parmi lesquels Chirac, Giscard, Sarkozy… • Réponse du Conseil, le 9 août, concluant que le traité ne nécessite aucune modification de la Constitution, • donc pas de référendum, pas de congrès, • vote à la majorité simple au Parlement

Il s’agit du TSCG : Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance ; et du deuxième texte, le MES : Mécanisme européen de stabilité. Deux textes étroitement liés.

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E Bocquet

Assemblée de rentrée des communistes du Nord – samedi 8 septembre 2012 – MEP, Lille. - Introduction de Fabien ROUSSEL, Secrétaire de Fédération du Nord du PCF - Membre du Conseil National

Nous sortons d’une période électorale très intense ou nous avons enregistré des résultats plutôt encourageants en ce qui concerne notre département. Les présidentielles ont été suivi de la ré élection, aux législatives, des trois députés communistes et parti de gauche. Nous avons même failli en gagner un 4ème avec Fabien THIEME, dans la 21ème. Avec 12,5 %, notre influence est en progression dans notre département.

Depuis ces élections, un nouveau gouvernement s’est installé, porteur de l’espoir d’un vrai changement après 5 années de Sarkozisme. Peut-être un peu trop tranquillement car l’impatience des français s’est exprimée à la rentrée. Cette rentrée nous l’avons amorcée avec Malo qui fut un vrai succès, grâce à vous tous, à la force militante de notre parti, grâce à la qualité de l’accueil de nos camarades sur place, à l’engagement de ses responsables, dans chaque sections : 84 bus et plus de 5000 participants. L’année prochaine nous fêterons la 25ème édition : préparons-nous à faire de cet anniversaire un grand évènement pour 2013.

Mais revenons au présent : C’est une rentrée donc bien particulière et bien différente de celles de ces 10 dernières années ou la droite dominait la vie politique. Nous l’abordons avec un Président de la République socialiste et un gouvernement de gauche à Matignon mais dans un contexte de crise que nous connaissons maintenant depuis 4 ans.

Cette crise s’aggrave, notamment en France avec un risque important de récession et des perspectives peu réjouissantes dans les prochains mois. Depuis le début, nous avons travaillé à ouvrir le débat sur ses causes, sur le capitalisme, sur la répartition des richesses. Mais la réaction ne s’est pas fait attendre. Une bataille idéologique intense de la part des défenseurs de ce système a permis aussi de créer un climat de peur : peur de perdre son emploi, peur du déclassement pour les salariés, les cadres, peur de perdre le peu que l’on a.

Du coup, une forme de fatalité s’est installée, avec une question qui revient : « Peut-on vraiment faire autrement ?. Ne faut-il pas laisser un peu de temps au gouvernement pour que ça change ? ». A tel point qu’un sondage de l’institut IPSOS annonce que 68 % des Français n’ont plus confiance en l’avenir. C’est bien cette résignation, cette forme de fatalité que nous devons affronter.

De son côté, le gouvernement tente de réagir à l’impatience qui s’exprime : le dernier conseil des ministres a passé la démultipliée et c’est tout le programme des 12 prochains mois qui est annoncé : tarification sociale de l’énergie, logement sociaux, emploi d’avenir, contrat de génération, éducation, sécurité… Quelle portée auront ces mesures dans la vie de tous les jours ? Quelles perceptions en aura la population ?

C’est dans ce climat, que nous devons bien appréhender, que démarre cette rentrée politique, avec pour les communistes, une liberté de parole et d’action inédite, liée à notre non-participation au gouvernement.

C’est pourquoi nous nous retrouvons aujourd’hui avec une question : quelle va être notre activité dans les prochaines semaines et les prochains mois ?

Nous sentons bien que les principales préoccupations des français restent l’emploi et le pouvoir d’achat.

Concernant l’emploi, c’est un véritable bras de fer qui s’est engagé avec le nouveau gouvernement. Mais rappelez-vous, ce n’est pas nouveau : Jospin et la gauche plurielle avaient vécu la même chose en 97 avec Vilvorde et avec Michelin et la réponse de Jospin fut terrible : « l’Etat ne peut pas tout » ! C’était un aveu terrible que l’économie primait sur le politique et donc un échec idéologique pour toute la gauche !

En 2012, même scénario avec PSA mais cette fois ci une attitude différente : à la TV, le Président de la République s’insurge « c’est inacceptable » mais le gouvernement annonce aussitôt qu’il accompagnera le plan social si le groupe ré industrialise le site ! Résultat : PSA va pouvoir fermer son site d’Aulnay et envisage toujours de supprimer 8 000 emplois.

Cette arrogance du groupe automobile, mais aussi d’UNILEVER, avec les Fralib, ou de SANOFI, de SODIMECAL…s’apparente à un vrai bras de fer car il a permis de tester, dès cet été le gouvernement de gauche, son ministre Montebourg et de caler le rapport de force. Le constat aujourd’hui c’est que les multinationales gardent la main. Et le Président d’UNILEVER se permet même, dans une interview au Figaro, de prévenir que si le gouvernement cède aux salariés, les investisseurs économiques se retireront de notre pays !

D’ailleurs, ce bras de fer s’est conclu aux universités du MEDEF : on y a vu 10 ministres, dont le premier, pour annoncer tout ce que les patrons voulaient entendre sur la compétitivité, la baisse du cout du travail, etc, etc.….Le gouvernement s’est couché et le MEDEF a gagné la première manche. Les plans sociaux et les délocalisations ne seront pas remis en causes dans les prochains mois.

Les chiffres du chômage de juillet sont à ce titre alarmant : 41 300 chômeurs en plus !

Alors oui, les signaux envoyés par le gouvernement sont préoccupants : ils ont promis : « le changement, c’est maintenant », mais depuis leur élection, « le changement, on l’attend ».

Les salariés, les électeurs de gauche aimeraient trouver beaucoup plus de fermeté de la part du gouvernement face aux grandes multinationales. Et nous, les communistes, qu’allons-nous faire sur ce sujet ? Travaillons à faire connaître nos propositions pour l’emploi et notamment pour l’emploi industriel. Il y a bien sur la loi contre les licenciements boursiers. Mais ne devrions-nous pas réfléchir à aller plus loin, nous qui habitons et militons dans une région très industrielle ?, Comment faire de l’industrie une filière d’avenir dans notre région. Quel lien devrions-nous construire avec les PME et les acteurs économiques qui partagent la même ambition ? Quelle utilisation faisons-nous de l’argent public ? Quel rôle doivent jouer les institutions ?

Voilà autant de questions que nous pourrions travailler sur ce sujet pour construire un véritable projet pour notre région.

Bien sûr, nous devons aussi allier la lutte à cette réflexion.

Dans cet esprit, nous appelons à participer nombreux à la manifestation pour l’emploi le 09 octobre prochain à l’appel de la CGT. ET nous rappellerons au Président de la République son slogan lancé au Bourget : « l’ennemi, ce sont les marchés financiers ! ».

Concernant le pouvoir d’achat, si les premières mesures de justice fiscale vont plutôt dans le bon sens, comme l’imposition à 75% des plus haut revenus, la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires… les français attendent surtout de la justice pour leur porte-monnaie ! La question du pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure aujourd’hui. Il n’y aura pas d’état de grâce sur ce sujet ! Ne lâchons pas notre combat pour les salaires ! C’est un vrai sujet pour le monde du travail, alors donnons-leur des éléments de compréhensions, des arguments, des chiffres pour montrer que l’on peut faire autrement. Quand même la Voix du Nord dans un édito intitulé « prendre l’argent là où il est » met en exergue les 273 milliards cumulés par les 500 plus grosses fortunes de France en les comparant avec les « seulement »70 milliards d’euros de déficits, c’est que le problème commence à se voir comme le nez au milieu de la figure !

Notre pays a besoin de grandes réformes pour relancer l’économie et surtout pas d’une nouvelle cure d’austérité.

C’est pourquoi nous allons aborder ces sujets en menant une grande campagne contre la ratification du Traité européen.

L’austérité vide nos porte monnaies et tue la croissance : on le constate en Espagne, en Italie et bien sûr en Grèce, pays qui sert d’exemple pour faire peur à tous les peuples d’Europe : et cela va loin. Dans une dernière mission, cette semaine, la fameuse Troïka, composée d’un membre de la Commission Européenne, un du FMI et un de la BCE,, soit 3 « experts », non élus bien sûr, imposent aux Grecs « d’augmenter le nombre maximum de jours travaillés à 6 jours dans tous les secteurs » ! Jusqu’où vont-ils aller ? A force de bafouer la démocratie et d’humilier les peuples, le fascisme va pousser sur un terreau de plus en plus fertile !

Et ce n’est pas comme cela que l’on relance l’économie. Plus on se sert la ceinture, moins on consomme. Pas étonnant, dans un tel contexte européen, que les immatriculations de voitures neuves soient en baisse quand on tape dans le pouvoir d’achat des populations.

Le Traité européen, concocté par Sarkozy et Merkel, va imposer aux pays européens et en priorité à ceux de la zone euro, une cure d’austérité obligatoire, inscrite dans la Constitution ou, comme en France, soumise à une loi organique. Les Traités précédents nous imposaient déjà de ne pas dépasser 3% de déficit public par rapport au PIB. Celui-ci nous demande d’atteindre 0,5% à terme et 3% dès 2013 : Pour y parvenir, avec un déficit en France de 4,5% du PIB aujourd’hui, le gouvernement a chiffré l’effort à 33 milliards d’euros d’économies à faire dès 2013 ! Où va-t-il les chercher ?

Ce Traité impose aussi à tous les Etats de tendre vers une union économique en exigeant de la part de chaque pays d’abandonner sa liberté de voter son budget : en effet chaque budget de chaque pays de la zone Euro sera d’abord soumis à une commission européenne qui le validera ou non avant d’être présentés aux parlementaires nationaux. Ensuite, les parlementaires pourront le voter, l’amender à la marge, mais surtout sans avoir le droit d’en bouger l’équilibre budgétaire.

C’est grave pour notre pays, comme pour toutes les nations d’Europe ! C’est une atteinte à la démocratie, à la souveraineté de chaque pays ! C’est un gage de plus fait aux marchés financiers qui auront le contrôle sur les choix économiques de nos pays : d’ailleurs c’est déjà le cas quand la commission européenne, anticipant sur ce traité, demande à la France plus de concurrence sur le marché de l’énergie ou celui des transports : en quoi la vente au secteur privé de la SNCF est une réponse à la crise ?

Nous allons donc mener une grande campagne sur ce sujet. D’autant plus que tout est fait pour que cela ne fasse pas les grands titres dans les médias. Même quand le Premier Ministre est invité d’un journal télévisé, le sujet n’est pas abordé ! Pour la presse les sujets phares restent la succession de Martine Aubry ou celle de Copé à la tête de l’UMP ! On reste dans le people.

Surtout que ce Traité, pour la très grande majorité de nos concitoyens, est bien éloigné de leurs préoccupations ! Alors qu’il a des conséquences dans la vie de tous les jours, sur l’emploi et le pouvoir d’achat, sur les services publics. Nous n’avons que quelques semaines devant nous. Contrairement à 2005, ou nous avions le temps de mener campagne et en plus, de nous appuyer sur un référendum.

Aujourd’hui nous avons peu de temps. Mais le pire serait de ne rien faire et de laisser ce Traité être adopté en catimini, dans le dos des français. Les parlementaires qui vont le voter devront s’expliquer devant leurs électeurs. D’ailleurs, le débat commence à s’ouvrir avec des voix nouvelles qui s’expriment contre ce déni de démocratie et ce Traité très austéritaire :

Il y des députés socialistes qui appellent à ne pas le voter. Ils sont d’ailleurs très vite rappelés à l’ordre par leurs responsables qui, il faut oser, en appellent « à l’intérêt de la France ». Le président du groupe PS à l’Assemblée a même prévenu, très autoritaire : il n’y aura pas de liberté de vote : ils peuvent venir nous donner des leçons de démocratie !

Il y a aussi les Verts, très nombreux à se prononcer contre l’austérité qu’impose ce Traité : là aussi, c’est un point d’appui pour élargir la campagne.

Et puis il y a la CGT qui, à la différence de 2005, s’engage dès maintenant dans une campagne contre ce Traité.

Et les nombreuses associations que nous côtoyons, tel que ATTAC, d’autres syndicats comme FO, SUD, des personnalités…

Il y a là un mouvement intéressant qu’il serait bon de réunir, de rassembler pour montrer toute la diversité de celles et ceux qui appellent à rejeter ce texte. Cela doit donner de la force à cette campagne. Quelle qu’en soit l’issue, tout ce que nous ferons peut nourrir une nouvelle fois la population, le monde du travail, la jeunesse, d’idées nouvelles et donner envie de se battre, de résister et de construire un vrai changement !

Et surtout, ne nous laissons pas enfermer par le calendrier ! Menons une campagne sur la durée, même si ces 2 prochains mois seront consacrés au référendum !

Nous proposons d’ailleurs de reprendre la pétition nationale du PCF « pour sortir de la crise, sortons de l’austérité ». Cette campagne permet de mettre en avant les problèmes liés à l’emploi et au pouvoir d’achat et avance des propositions sur ces questions, tout en mettant en avant l’urgence de ne pas ratifier le Traité. Avec cette pétition, nous pouvons mener des actions au-delà de la ratification du Traité, dans le temps.

Nous voulons avancer en même temps des propositions pour sortir de la crise et porter l’espoir d’un vrai changement pour redresser la France. Attention à ne pas tuer cet espoir en conditionnant tout changement à la non ratification du Traité : Si le Traité venait à être ratifié, nos propositions pour l’emploi, les salaires, les services publics resteront d’actualité et nous continuerons à nous battre pour lever les mesures d’austérité.

En menant une campagne dans la durée nous pourrons parler :

  • De l’école
  • Des services publics : avec une négociation qui s’annonce ardue car les fonctionnaires craignent qu’on leur demande d’accepter une 3ème année sans augmentation de salaires.
  • Nous pourrons parler des collectivités, étranglés financièrement par la politique de réduction des déficits. (Au cœur du congrès de l’ADECR (29/9 à Lewarde) et de celui de l’ANECR, le 19 et 20 octobre à Douai).

Un mot sur ce calendrier : Le Traité européen sera proposé à la ratification dès le 02 octobre sous la forme d’une loi organique : cela signifie qu’il suffira d’une simple majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat pour le ratifier. Le débat durera tout le mois d’octobre. Nous avons donc deux mois de campagne pour interpeller l’opinion, les parlementaires, les élus afin de les éclairer sur cet enjeu. Le pire serait que ce texte soit adopté en catimini, sans aucun débat ! (72% pour un référendum)

D’autant que d’autres pays de la zone euro devront aussi le ratifier d’ici la fin de l’année et que l’actualité va montrer que ce n’est pas aussi simple que prévu : il y a d’abord l’Allemagne qui attend une décision, le 12 septembre prochain, concernant le MES. Si le texte concernant cette disposition inclut dans le Traité devenait inconstitutionnel, alors l’Allemagne envisage d’organiser un référendum. Il y a aussi les Pays Bas où les électeurs sont appelés à élire leurs députés la semaine prochaine : le Parti de la Gauche radicale est donné favori lors de ces élections. Il est à la pointe du combat contre les mesures d’austérité. Le PS hollandais a annoncé ne pas vouloir respecter la règle des 3 % dès 2013. S’il venait à être incontournable pour constituer un gouvernement, la donne politique changerait dans ce pays sur ce sujet.

Pour mener cette campagne, nous proposons de nous adresser largement à la population : nous n’avons pas beaucoup de temps mais nous pouvons nous fixer l’objectif de réunir 10 000 signatures dans les 6 semaines qui viennent ! (voir les objectifs par secteur).

Organisons des débats, proposons d’y inviter toutes celles et ceux qui s’opposent au Traité, organisons la mobilisation avec eux, sollicitons nos députés européens Patrick Le Hyaric, Jacky Hénin, Jean Luc Mélenchon, nos parlementaires, interpellons tous les députés et sénateurs du Nord, déposons des motions dans les collectivités. Utilisons tous les moyens pour informer et alerter la population. Enfin, le Parti communiste, les forces du Front de gauche, d’autres formations, syndicats, associations projettent de tenir une grande manifestation le dimanche 30 septembre contre le Traité. Créons les conditions pour y être nombreux.

Nous avons d’ailleurs rencontré ce mercredi les différentes forces du Front de gauche pour avoir un échange sur cette campagne à laquelle ils entendent participer. Ayons des temps forts, ensemble, pour faire naitre une dynamique : n’y a-t-il pas un rassemblement à organiser à Lille pour déposer, tous ensemble les pétitions devant la préfecture ? A l’échelle du département ou d’une localité, n’y a-t-il pas des comités locaux à créer ou à ré activer, très larges, ouverts à tous ?

Liberté Hebdo, qui a été l’hebdo du Front de Gauche pendant les élections, s’inscrira naturellement dans cette campagne, comme il a commencé à le faire en relayant la pétition de l’Humanité, en proposant des arguments, en décryptant les enjeux de ce traité, ses conséquences pour notre vie quotidienne, mais aussi en donnant la parole et en ouvrant ses colonnes à la diversité de celles et de ceux, personnalités, citoyens, organisations politiques, syndicats, mouvements qui agissent contre sa ratification et pour la tenue d’un referendum. Bonne occasion pour nous donc de l’utiliser et de le vendre à l’occasion de nos différentes initiatives.

Cher(e)s camarades,

Nous devons, dans cette période, être une force constructive, positive, qui porte et donne de l’espoir. Notre pays va mal, la population souffre, nous ne serons pas de ceux qui soufflent sur les braises ni ceux qui espèrent la défaite de ce gouvernement. Nous voulons être de ceux qui portent un vrai projet pour l’avenir de notre population, pour notre pays et pour l’Europe.

Cette campagne doit aider les gens à comprendre, à éveiller les consciences. Elle doit donner de l’espoir et nous permettre de renouer avec toutes celles et ceux qui nous ont suivi pendant les présidentielles et les législatives. Multiplions les débats avec nos parlementaires qui vont être à l’offensive lors du vote du budget de l’Etat en fin d’année. Comme l’a dit la présidente du MEDEF le vote du budget de la France va faire sonner l’heure de vérité pour ce gouvernement ! Les intérêts du capital et ceux du travail sont bien différents, il va falloir choisir !

Pour alimenter ce débat, notre sénateur Eric BOCQUET, porte des propositions pour lutter contre l’évasion fiscale. La presse s’en est largement fait l’écho, au début de l’été. C’est une chance de l’avoir chez nous. Avec lui, nous pouvons intéresser un public très large sur cette question ! Il est disponible pour animer des rencontres dans tout le département. Faisons connaitre ce travail ! A plus long terme, réfléchissons à notre activité. Nous n’avons pas d’élection avant 2014, année des municipales. Profitions de cette fin d’année et de 2013 pour multiplier les contacts avec la population. Cela nous sera utile lors des prochaines échéances.

Profitons de ce temps que nous avons devant nous pour former et accueillir les nouveaux adhérents : Nous avons déjà dépassé le nombre d’adhésions de l’année dernière avec 214 nouveaux adhérents depuis le début de l’année contre 211 au total en 2011 : cela doit nous encourager à organiser des journées de renforcement.

Nous nous étions aussi fixé en début d’année, lors de notre Assemblée générale à Aniche, de remettre la totalité des cartes 2012 avant l’été.

L’objectif était, au-delà du droit élémentaire de chaque adhérent d’avoir sa carte à jour en début d’année, de permettre la mise en mouvement d’un maximum de nos camarades pour les campagnes électorales présidentielles et législatives. Nous avons tous constaté que la mobilisation des communistes a été très importante dans ces échéances. Par contre la remise des cartes ne s’est pas faite au même niveau ni au même rythme.

Remettre la carte, c’est vital pour notre propre organisation, c’est ce qui fait notre force, mais aussi pour atteindre nos objectifs politiques, pour élargir le nombre d’acteurs du changement, nous renforcer, nous enrichir d’apports nouveaux. Ce que nous allons mettre en œuvre, bataille pour le référendum, pétitions contre l’austérité, fête de l’huma, souscription…. Tout cela peut commencer par la visite systématique de nos adhérents et donc la remise des cartes quand cela n’est pas encore fait. Ce n’est pas du temps perdu, c’est au contraire se donner les moyens de réussir et d’avoir des objectifs plus importants. Pour réussir il faut faire de la remise des cartes notre priorité.

Nous pouvons aussi, dans cette période de fin d’année, multiplier les rencontres avec des acteurs économiques, les forces sociales de notre région : confrontons nos idées, échangeons, construisons des propositions audacieuses pour notre région : sur le canal seine nord, sur l’industrie régionale, sur l’agriculture, sur nos besoins en matière d’éducation, de logement… Autant de sujets ou nous avons besoin de travailler comme sur cette proposition venant du dunkerquois concernant le stockage et l’utilisation de l’hydrogène pour l’industrie, ou cette proposition de loi sur l’école, portée par le collectif de défense de l’école de la république du Douaisis, pour la défense d’un territoire comme le Cambrésis à l’appel des communistes (14 maires et un sénateur du territoire ont déjà rejoint l’appel républicain), ou sur les questions de transports publics, de fret. Bref, sur tous ces sujets, ne restons pas dans notre coin : faisons connaitre nos propositions, allons au débat. Cela nous sera toujours utile, surtout lors des prochaines échéances.

A ce titre, l’année 2013 sera déterminante pour affronter les futures municipales. Cela doit être l’occasion de faire le point sur notre organisation, sur nos cadres et nos futurs cadres, sur ces jeunes adhérents qui nous ont rejoints dans la dernière période : regardez la JC : ils sont près de 400 adhérents et ils mènent, dans la métropole lilloise une belle campagne pour le transport gratuits des lycéens. Ils ont des relais dans 18 lycées de la métropole : quel point d’appui pour toucher la jeunesse ! Aidons-les, soutenons-les. L’avenir de notre parti est aussi chez eux ! Les municipales restent une élection déterminante pour le parti communiste. C’est l’ancrage local le plus solide, qui permet ensuite d’aller à d’autres conquêtes. Nous devrons les préparer sérieusement et sans attendre, en se préparant à la loi contre le cumul des mandats qui s’appliquera dès 2014.

Nous proposons de lancer une grande souscription, à hauteur de 100 000 euros, sur une courte période : 3 mois. L’objectif est de se donner les moyens de mener nos combats et de préparer la période 2013-2014 qui sera déterminante. 100 000 euros en 3 mois, c’est possible, nous l’avons déjà fait. Profitions de la défiscalisation permise par l’Etat dans ce domaine et n’hésitons pas avec les outils que nous mettons à votre disposition, à nous adresser à toutes celles et ceux qui pourrons nous soutenir.

J’en profite pour rappeler l’importance de la cotisation et de la responsabilité des élus communistes concernant le reversement de leurs émoluments. Nous proposerons d’ailleurs une charte sur ce sujet à l’aube des prochaines échéances pour rappeler – et pourquoi pas rendre public – l’engagement que prennent les communistes sur cette question : nous ne sommes pas élus pour nous servir mais pour servir, selon une vieille tradition qui date de la Commune et que nous devrions être fiers de faire vivre encore !

Voilà ce dont nous avons à discuter et à faire dans cette période.

Soyons très offensifs et très ambitieux pour notre pays. La situation est grave. Et la population attend que ça change.

A nous de montrer que c’est possible, sans démagogie, en nous adressant à toutes celles et ceux qui partagent aussi cette volonté même si parfois, on n’est pas d’accord sur tout. Dans nos quartiers, dans nos villes, nous avons des batailles à mener, locales, de proximité. Elles sont aussi importantes que le combat qui nous anime contre un système économique qui domine le monde. La crise est profonde et elle n’est pas qu’économique. Partout, il faut réussir à unir, à fédérer, à rassembler et montrer notre utilité en arrachant des victoires. Restons toujours indignés face aux injustices et soyons ces rassembleurs, ceux qui sauront unir ces hommes et ces femmes qui aspirent à vivre dans un monde plus juste et plus humain. Tournons-nous vers eux, sans complexe et montrons notre utilité.

C’est la raison d’être des communistes, alors allons-y !

Intervention de Delphine Castelli

Projet Hydrogène

Les salariés de la Raffinerie des Flandres sont entrés en lutte en janvier 2010 pour défendre leur emploi et s’opposer à la désindustrialisation du dunkerquois, alors que TOTAL avait annoncé la fermeture du site. Les militants communistes du dunkerquois ont dès le début été auprès des salariés et ont été à l’initiative dans ce combat, notamment par l’organisation d’un vote citoyen exigeant le redémarrage de la Raffinerie. Cette pétition a d’ailleurs recueilli l’adhésion massive de la population dunkerquoise, avec plus de 10 000 signatures.

Dès le début du conflit, la CGT-chimie, notamment Marcel Croquefer, a travaillé à un projet de mutation de la Raffinerie des Flandres dans la filière énergétique de l’hydrogène, alternative à l’énergie fossile et obtenue à partir de l’énergie renouvelable.

Ce projet qui prévoit de réutiliser une partie de l’outil de production pourrait trouver son application dans le domaine des transports publics ;

Les communistes du Dunkerquois apportent leur soutien à ce projet et ont demandé, par une intervention auprès d’Arnaud Montebourg, le lancement d’une étude de faisabilité avec l’installation d’un projet démonstrateur sur le site de la Raffinerie des Flandres, les éoliennes présentes étant suffisantes pour alimenter l’électrolyseur qui produirait l’hydrogène.

Pour être claire, lorsqu’on parle de la filière hydrogène, on parle de stockage de l’électricité, utilisable partout où on a besoin d’énergie. En effet, actuellement on ne sait pas stocker l’électricité. Par contre on sait stocker l’hydrogène et à Dunkerque on est capable aussi de le produire.

Le principe, c’est qu’à partir d’électricité issue de l’éolien ou de l’hydrolien par exemple, où qu’en cas de surproduction d’électricité, on produit de l’hydrogène par électrolyse de l’eau. L’hydrogène peut-être stocké sous forme solide ou gazeux, et acheminé par pipeline.

En cas de besoin d’énergie, on obtient de l’électricité par procédé inverses à l’aide de pile à combustible, avec rejet d’eau pure.

Comme application, on trouve le secteur automobile, des prototypes existent déjà, notamment des modèles de plusieurs marques de voitures à pile à combustible.

En France, on est face à un double blocage : celui des groupes pétroliers et celui des politiques.

En effet, sur le Dunkerquois, Michel Delebarre est opposé au projet, et TOTAL a commencé le démantèlement du site.

D’autre part, pour le secteur automobile, cela nécessite l’implantation de station à hydrogène. Il suffit de regarder la carte d’Europe des stations pour constater que la filière est déjà bien développée ailleurs, et notamment en Allemagne… où TOTAL développe un projet similaire à celui de Marcel à Berlin.

A Dunkerque, les militants communistes sont persuadés de la pertinence du projet hydrogène porté par la CGT pour la reconversion de la RF.

Au-delà du site Dunkerquois, il s’agit d’un projet de portée nationale qui a un réel potentiel en termes d’emplois, de développement durable et d’indépendance énergétique et s’inscrit dans la volonté gouvernementale de développer la recherche et la production de voitures propres.

Nous avons la volonté de défendre ce projet et de le populariser au maximum pour que les citoyens s’emparent de cette question, et ainsi créer le rapport de force nécessaire pour la mise en place d’un projet démonstrateur en France, et pourquoi pas à Dunkerque ?

Eric Bocquet

Le gouvernement agit en catimini sur le texte du nouveau Traité européen :

• 13 juillet, saisine du Conseil Constitutionnel où 9 « sages » siègent parmi lesquels Chirac, Giscard, Sarkozy… • Réponse du Conseil, le 9 août, concluant que le traité ne nécessite aucune modification de la Constitution, • donc pas de référendum, pas de congrès, • vote à la majorité simple au Parlement

Il s’agit du TSCG : Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance ; et du deuxième texte, le MES : Mécanisme européen de stabilité. Deux textes étroitement liés.

Aucun Etat ne peut bénéficier du MES (sorte de FMI européen de 500 milliards d’euros) sans avoir préalablement ratifié le TSCG.

Le 17 juin 1792, l’Assemblée Nationale votait un décret autorisant « la perception de l’impôt et le paiement de la dette publique ». Le traité européen abolit purement et simplement ce décret. Avec lui, c’est une autorité extérieure qui décidera de l’élaboration du budget. Le Parlement et le gouvernement sont ainsi dépossédés des leviers financiers, c’est un abandon de souveraineté jamais connu.

Ce texte va encore plus loin que le Traité de Lisbonne du 13 décembre 2007, « frère jumeau » du TCE rejeté le 29 mai 2005 en France puis quelques jours plus tard aux Pays-Bas (« frère jumeau », l’expression est de Giscard, l’un des auteurs du texte).

Pourquoi faut-il rejeter ce texte ?

1 - L’article 3 indique : « la situation budgétaire des administrations publiques est en équilibre ou en excédent ». C’est la règle d’or combattue par le PS lorsqu’il était dans l’opposition. C’est-à-dire, pas de déficit supérieur à 0.5%, pour rappel, le traité de Maastricht en 1992 fixait ce plafond à 3%. Cet article impose aux Etats d’inscrire cette obligation dans leur droit national. « Au moyen des dispositions contraignantes et permanentes de préférence constitutionnelle ou dont le plein respect et la stricte observance tout au long des processus budgétaires nationaux sont garantis de quelque autre façon ». Cette dernière formule a été ajoutée à la demande de certains pays qui exprimaient des réticences à inscrire cette disposition dans leur droit. En langage clair, cela signifie que le droit européen s’impose aux droits nationaux d’où l’abandon de souveraineté.

2 - Ce traité prévoit la mise en place de « corrections automatiques », c’est-à-dire des sanctions financières décidées par la Commission. La Cour de Justice Européenne peut être saisie par elle ou tout autre Etat membre de l’UE.

3 - Ces pouvoirs budgétaires ne sont pas transférés au Parlement Européen élu mais à la Commission non élue !

4 - Ce traité a été rédigé principalement par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. François Hollande s’était engagé à le renégocier. Dans les faits, il en résulte un volet croissance bien faible dans un cadre général d’austérité renforcée.

5 - Accepter ce texte, c’est se priver des moyens de mettre en place une politique nouvelle, c’est s’imposer un carcan.

6 - Ce traité constitue une étape supplémentaire dans l’intégration à marche forcée. La crise est une occasion pour les eurolibéraux de pousser les feux d’un plus grand fédéralisme.

Etat des lieux du processus de ratification

9 Etats membres ont ratifié le traité : • Allemagne (12 septembre) • Autriche (17 juillet) • Danemark (19 juillet) • Espagne (25 juillet) • Grèce (10 mai) • Irlande (27 juin • Lettonie (22 juin) • Portugal (5 juillet) • Slovénie (30 mai)

4 Etats membres en attente de ratification • Italie • Lituanie • Pologne • Roumanie

12 Etats membres devant encore adopter le texte • Belgique • Bulgarie • Chypre • Estonie • Finlande • France • Hongrie • Luxembourg • Malte • Pays-Bas • Slovaquie • Suède La République Tchèque et le Royaume-Uni n’ont pas souhaité signer ce traité.

Le TSCG entrera en vigueur le 1er janvier prochain dès lors que 12 Etats membres de la zone euro l’auront ratifié. Il sera applicable dans les pays l’ayant ratifié.

L’appel de Genève

Cette Europe de la concurrence libre et non faussée, de la libre circulation des capitaux, fondée sur une logique de concurrence effrénée donne aussi lieu à tous les excès. Voici le texte de l’Appel de Genève d’octobre 1996 signé par sept magistrats anti-corruption dont le juge Van-Ruymbeke.

« Conseil de l’Europe, traité de Rome, accords de Schengen, traité de Maastricht : à l’ombre de cette Europe en construction visible, officielle et respectable, se cache une autre Europe, plus discrète, moins avouable. C’est l’Europe des paradis fiscaux qui prospère sans vergogne grâce aux capitaux auxquels elle prête un refuge complaisant. C’est aussi l’Europe des places financières et des établissements bancaires où le secret bancaire est trop souvent un alibi et un paravent. Cette Europe des comptes à numéros et des lessiveuses à billets est utilisée pour recycler l’argent de la drogue, du terrorisme, des sectes, de la corruption et des activités mafieuses. Les circuits occultes empruntés par les organisations délinquantes voire, dans de nombreux cas, criminelles, se développent en même temps qu’explosent les échanges financiers internationaux et que les entreprises multiplient leurs activités ou transfèrent leurs sièges au-delà des frontières nationales. Certaines personnalités et certains partis politiques ont eux-mêmes, à diverses occasions, profité de ces circuits. Par ailleurs, les autorités politiques, tous pays confondus, se révèlent aujourd’hui incapables de s’attaquer, clairement et efficacement, à cette Europe de l’ombre ».

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