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Disparition de Marthe VERMEERSCH.

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Intervention de Alain Bocquet et Communiqué de Fabien Thièmé

Publié le 27 décembre 2010

Funérailles de Marthe VERMERSCH - Mercredi 29 décembre 2010 à Béziers

Hommage d’Alain BOCQUET - Secrétaire du Comité Régional du Nord – Pas-de-Calais - du Parti Communiste Français - Député du Nord

Marthe nous rassemble une dernière fois autour d’elle. Nous sommes là : sa grande et belle famille, ses amis, ses camarades pour lui rendre un ultime hommage empreint d’émotion et de respect.

Elle venait de fêter ses 86 ans en novembre dernier et elle s’en est allée tranquillement la veille de Noël, sans que rien ne le prédise.

C’est une grande dame du mouvement ouvrier et de l’émancipation féminine dans le Nord – Pas-de-Calais qui vient de nous quitter.

Marthe VERMERSCH était une femme de caractère, attachée de toutes ses fibres au monde ouvrier Lillois dont elle était issue. Elle était d’abord une maman, une bonne maman, mère de six enfants. Je salue fraternellement Georges, Jocelyne, Mauricette, Maurice, Martine et j’ai une pensée pour Charline trop tôt disparue. Je sais combien vous êtes légitimement fiers d’elle.

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Discours d’Alain Bocquet

Je salue ses 13 petits enfants et 22 arrières petits enfants qui sont tous très tristes de ne plus revoir leur Mamy. Sachez toutes et tous que dans ces moments douloureux nous sommes à vos côtés fidèlement.

Elle va beaucoup vous manquer, je le sais. Marthe c’était la Mama, le pilier sur lequel on pouvait s’appuyer en toutes circonstances, un repère solide pour affronter tous les accidents de la vie et repartir de l’avant. Jamais résignée devant l’adversité, toujours combative dans sa vie privée ou publique telle était Marthe qui insufflait un optimisme rayonnant. Elle avait le cœur sur la main.

Marthe s’est engagée très tôt sur le chemin de la lutte pour le respect de la dignité humaine. Elle habitait LOMME. Elle adhéra au Parti Communiste Français au lendemain de la Libération de la France. Elle militait comme elle pouvait selon ses dires, car avec ses six enfants il lui était difficile de participer aux réunions le soir. Marthe était une militante dans l’âme. Georges, son mari, travaillait à Liberté, notre journal, et dirigeait également la section du Parti. Marthe et Georges étaient un couple fusionnellement engagé dans le combat communiste.

« Le Parti faisait partie de la famille. Il était toujours avec nous. Les enfants ont été élevés là dedans. Je ne regrette pas. ». Ainsi s’exprimait Marthe le 30 Août dernier dans un témoignage pour le 20ème anniversaire de la mort de Gustave ANSART.

Le parcours de Marthe c’est aussi le retour au travail. Elle recommence à travailler au début des années soixante dans l’usine textile de coton, chez CREPY à LAMBERSART. Toute seule elle monte le syndicat CGT. En 1961, face à un patronat retors, une grève éclate pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail. Marthe prend la tête de ce mouvement. Et c’est là qu’elle découvre, comme une révélation pour elle, les énormes potentialités de lutte des femmes.

C’est lors de ce mouvement qu’elle fait la connaissance de Gustave ANSART, alors premier dirigeant de la Fédération du PCF. Et quand l’usine CREPY ferme en 1962, il l’appelle à ses côtés pour s’occuper de la question féminine au sein du secrétariat fédéral. C’est ainsi que Marthe est devenue dirigeante permanente de son parti, elle le sera pendant 20 ans.

C’est l’époque, où il n’y avait pas beaucoup de femmes au Parti surtout parmi les dirigeants.

Accompagnée par des grandes figures féminines de la Résistance telles que Martha DESRUMAUX, la déportée, Emilienne GALICIER, l’ancienne députée, ou encore Jeanette PRIN, la députée du Pas-de-Calais, Marthe s’est mise très vite en action pour gagner les femmes aux combats émancipateurs. Elle a mis en place et animé avec talent et constance une commission féminine qui déployait un travail spécifique particulièrement efficace. Les usines textiles de Roubaix-Tourcoing, les entreprises de la vente par correspondance, des « 3 suisses » à « La Redoute », les chèques postaux ou le CHR de Lille, aucun de ces lieux de travail n’avait de secrets pour Marthe.

Avec Françoise COLPIN ou Josiane KERROS, journalistes de Liberté, elle n’hésitait pas à accompagner pour un reportage les filles de mineurs du Pas-de-Calais ou du Douaisis qui prenaient le bus à 3h du matin pour se rendre à la Lainière de Roubaix et l’après-midi c’étaient les rencontres-débats avec les femmes de mineurs et de sidérurgistes dans les cités du Valenciennois ou encore avec les épouses de dockers à Dunkerque.

Marthe a pris la tête du combat, « Moment extraordinaire » disait-elle encore récemment, pour l’interruption volontaire de grossesse et la contraception.

C’était une grande bataille historique pour la liberté de la femme qui n’était pas gagnée d’avance, rappelait-elle souvent.

Elle fut de toutes les luttes contre les guerres coloniales – l’Algérie, le Vietnam – pour la libération d’Angela DAVIS et pour la Paix dans le Monde.

Grâce à ce volontarisme impressionnant elle a aidé les femmes à prendre plus de place dans notre Parti. C’est Marthe qui a amené la plus grande promotion de femmes aux responsabilités dans la fédération du Nord : Blanche Bellanger, Michèle Demessine, Bernadette Leroy, Mauricette Rotsart, et combien d’autres qu’il serait trop long de citer.

Marthe VERMERSCH a aussi occupé des fonctions électives. Conseillère régionale du Nord – Pas-de-Calais dès 1974, elle joua un grand rôle pour faire connaître le sort des travailleurs au sein de l’institution régionale. Elle s’est battue avec détermination pour la création de crèches pour les enfants de salariés. C’est elle qui, comme secrétaire de la Commission des Affaires sociales, prit l’initiative d’un colloque avec des universitaires sur la situation des femmes au travail. Elle a multiplié les interventions pour que notre région rattrape ses retards dans le domaine de la santé publique.

Nous avons eu la chance de connaître et de côtoyer cette fille du peuple devenue une autorité connue et reconnue dans la vie politique de notre région.

A titre personnel, je me souviens de ma première rencontre avec Marthe, en 1970 quand j’arrivais au Secrétariat fédéral où elle siégeait aux côtés de Gustave ANSART, Jean COLPIN, Hector VIRON, Albert DEBOSCHERE, Ivan RENAR … J’étais le petit nouveau ! Pas facile aux côtés de ces fortes personnalités. Elle m’a toujours écouté et aidé. Certes elle avait son franc parlé. Mais derrière la rudesse de l’expression on ressentait une immense tendresse. Le bon sens populaire lui collait à la peau et elle resta toute sa vie durant une militante du Bonheur qui a cru jusqu’au bout à l’idéal de sa jeunesse contre vents et marées.

Bien que retirée dans le Sud, elle s’est intéressée, jusqu’à la fin à la vie politique de son Nord natal. Mon frère Eric, Maire de Marquillies, où elle a habité un certain temps, avait reçu au début de cette année un long coup de téléphone de Marthe voulant en savoir plus sur notre stratégie pour les élections régionales dans le Nord – Pas-de-Calais.

Certes Marthe a douté, mais qui n’a pas douté devant le tumulte des évènements à l’Est de l’Europe et aussi dans notre pays avec l’échec de l’union de la gauche ? Beaucoup de certitudes se sont écroulées ! Excédée par certaines dérives et les petites guerres d’égos déshonorantes pour notre combat commun, Marthe a révélé qu’elle avait pensé démissionner. Il semble, selon elle, qu’une certaine lecture l’ait aidée à se ressaisir. Je m’en félicite modestement.

En effet le combat de Marthe et de tous ceux de sa génération n’aura jamais été vain. Au contraire ! La construction d’un monde plus juste, plus humain, plus fraternel auquel elle a voué toute sa vie, reste plus que jamais d’actualité quand on voit l’étendue du fléau de la faim dans le monde, de la misère, du chômage, des guerres, du « no futur » pour notre jeunesse. Les idéologues du capitalisme triomphant avaient enterré Marx et ses thèses sous les décombres de la chute du Mur de Berlin. Ils avaient décrété la fin définitive du communisme. Or, vingt ans plus tard le capitalisme gangréné par l’argent totalitaire est dans l’impasse et dans l’incapacité de résoudre les grands problèmes posés pour l’avenir de l’humanité et de la planète.

A tel point qu’il y a quelques jours, le journal « La Tribune », lui-même, titrait un article : « la nouvelle modernité du Marxisme » avec en conclusion de cet article, je cite : « les analyses de Marx ont encore plus de pertinence aujourd’hui qu’hier et pourraient préfigurer le monde de demain ».

Oui Marthe, ensemble on n’a peut être pas eu toujours raison mais on a toujours essayé de garder le bon cap de « L’Humain d’Abord ! ».

Ce qui manquait le plus à Marthe, ces derniers temps dans notre Parti, c’est la fraternité qu’elle avait connue. Celle qu’elle a cultivée de toute son existence. Que de souvenirs merveilleux, que de moments conviviaux et chaleureux, après les meetings avec Georges Marchais, à l’occasion de repas fraternels, ou chez elle où on était accueilli à cœur ouvert. C’était coutumier : allez Marthe, chante nous « Ma France » ! Et sans se faire prier elle nous interprétait de sa voix chaude cette chanson emblématique du grand Jean Ferrat … ou encore « Votre fille a vingt ans … que le temps passe vite ! » tandis que Jojo chantait « Mes mains ». Que de rires et de joies partagés ensemble. Quand j’entends à la radio « I’m just a gigolo » de Luis Prima, je l’avoue, je pense toujours à Marthe et à cette ambiance fraternelle. Ce morceau étant toujours le point d’orgue de nos soirées festives.

Marthe c’était tout cela et beaucoup d’autres choses encore.

Une femme qui a vécu sa dignité dans la lutte pour la dignité des autres, de tous les autres. Elle a eu une « belle vie » a-t-elle rappelé à ses enfants réunis avant de s’éteindre.

Une vie de lutte et d’espoir ! Victor Hugo l’avait écrit : « ceux qui vivent sont ceux qui luttent ».

A vous ses enfants, petits enfants, arrières petits enfants et toute sa famille, j’apporte mes condoléances fraternelles, et celles de tous les communistes du Nord – Pas-de-Calais.

A toi Marthe, je veux te dire merci pour tout ce que tu as apporté. Ton combat incessant pour construire un « Monde de Bonheur commun », nous le poursuivrons tous ensemble !

Dors en paix !

FABIEN THIÉMÉ - Maire de Marly - Vice-Président du Conseil Général :

Disparition de Marthe VERMEERSCH.

« C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris la disparition de Marthe Vermeersch.

Marthe aura été de toutes les luttes pour la dignité et le bonheur des familles du Nord, pour la défense du charbon et du textile, et la place des femmes dans notre société, sans oublier bien sûr, au cœur de ses nombreux combats, le parti et son journal Liberté.

Très attachée aux idées de paix, elle a également pris toute sa part dans les luttes contre les guerres coloniales en Indochine, Algérie et Vietnam, et pour la libération d’Angela Davis et de Nelson Mandela.

Je me remémore également tous les moments de convivialité dans lesquels Marthe brillait par sa joie de vivre et son enthousiasme, les chansons de Jean Ferrat à la clôture de toutes ces fêtes de Liberté ou de l’Huma, ainsi que les rencontres avec tous les dirigeants de notre parti.

Avec Gustave Ansart, Hector Viron, Jean Colpin, Albert De Bosschère, Jacques Estager et Alain Bocquet, elle aura été une grande dirigeante dans notre région, connue et fortement appréciée.

Marthe formait avec son mari Georges un beau couple, une belle et grande famille. Elle aura su conjuguer de la plus belle des manières combat des idées et vie de famille, elle qui aimait tant ses enfants et l’ensemble de ses proches.

Il y a trois semaines, Marthe m’avait fait part de son souhait de revenir dans le Nord et m’avait sollicité en ce sens.

C’était chose faite mais malheureusement cette triste nouvelle pour quiconque est attaché aux idéaux de paix, de justice et de liberté que Marthe a défendu fièrement toute sa vie, est tombée.

En ces moments particulièrement douloureux, j’adresse mes condoléances les plus attristées et tout mon soutien à sa famille, à ses proches et nombreux amis. »

Fabien THIĖMĖ

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