100 milliards de coupes budgétaires

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Pour la purge sociale, tous unis !

Publié le 17 octobre 2016

Tandis que la droite et le gouvernement socialiste jouent la surenchère en matière d’austérité, le Parti communiste français propose de relancer l’économie par une hausse des investissements et des dépenses publiques, financée par une autre répartition des richesses.


Les primaires de la droite et du centre nous donnent l’occasion d’en savoir un peu plus sur les projets et programmes des différents prétendants à l’investiture pour l’élection présidentielle. Une chose les rassemble tous : la purge sociale qu’ils comptent administrer aux Français sitôt élus. Tous sans exception prévoient une baisse des dépenses publiques de 80 à 100 milliards d’euros selon les cas. Ils poursuivent, pour l’amplifier, la démarche entamée par le gouvernement Hollande/Valls de réduire de 50 milliards des dépenses publiques et sociales d’ici 2017.

Très concrètement, c’est moins d’argent pour les services publics, l’éducation, la santé, la sécu, les retraites, les politiques de solidarité, l’environnement, le logement… et des collectivités locales étranglées financièrement, contraintes de réduire leurs investissements, de choisir entre hausse d’impôt ou réduction des services rendus à la population.

Une nouvelle purge sociale

Au fond, peu de différences entre les deux démarches si ce n’est le rythme et le niveau de la purge à appliquer. Dans les deux cas les arguments sont les mêmes, frappés apparemment par le sceau du bon sens : « on ne peut peux pas dépenser l’argent qu’on n’a pas » « La France ne peut plus vivre au-dessus de ses moyens ».

C’est une vaste supercherie, l’arnaque est totale.

D’abord parce que ces choix visent en réalité à satisfaire les engagements pris auprès de l’Union européenne (le trop fameux pacte budgétaire européen, signé par François Hollande, inaugurant ainsi une longue liste de promesses bafouées) et d’ouvrir au maximum le champ aux marchés financiers qui regardent avec avidité et délectation les profits potentiels à venir. A l’exemple des privatisations des autoroutes.

Car quand la sphère publique recule, c’est toujours le privé avec ses appétits de profits qui rafle la mise. Ce n’est pas propre à la France, cette politique est à l’œuvre partout en Europe, la Grèce en a été le terrain d’expérimentation, pour le résultat que l’on sait.

Ensuite et surtout parce que l’argent coule à flot dans ce pays. Le problème est qu’il échappe à l’intérêt général et est confisqué par une poignée de privilégiés qui pillent sans vergogne les caisses publiques.

80% des revenus du capital échappent à l’impôt.

Le montant des aides publiques aux entreprises, sous ses diverses formes dont le CICE, atteint 45 milliards d’euros par an, sans aucun contrôle de leur utilisation ni des résultats obtenus.

L’évasion fiscale représente environ 80 milliards d’euros par an de manque à gagner pour financer les besoins de la population qui s’appauvrit. C’est plus que la dette du pays. Vaincre l’évasion, l’optimisation et la fraude fiscales c’est donc desserrer l’étau des restrictions budgétaires.

De leur côté, les sociétés du CAC 40 totalisent 40 milliards de profits, en hausse de 3,9%, sur les 6 premiers mois de l’année. Les 500 familles les plus riches de France cumulent une fortune de 456 milliards est d’euros. On pourrait ainsi multiplier les exemples. Ces chiffres vertigineux sont à rapprocher de celui du déficit annuel de la France qui est de 80 milliards !

Ils nous mentent. La France ne dépense pas trop, ce sont les recettes qui sont insuffisantes.

Ceux qui crient que les caisses sont vides sont ceux-là mêmes qui pillent l’argent public et les richesses créées par les travailleurs.

Des choix tant injustes qu’inefficaces !

Et pour quels résultats ? 1,1 million de chômeurs supplémentaires depuis 2012, 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, 1 million de travailleurs pauvres, 3.2 millions de salariés précaires, les fleurons de l’industrie française sont bradés à l’étranger, les services publics ferment, la vie associative se dévitalise...

La France est devenue une société profondément inégalitaire. 1% des plus fortunés détiennent un quart des richesses. La moitié de l’augmentation des richesses entre 2000 et 2015 a été accaparée par 10% des plus riches. 10% c’est ce que représentait la Noblesse sous l’ancien régime.

Injuste socialement, cette politique est totalement inefficace au plan économique.

Il faut inverser totalement les choses et reprendre le pouvoir sur l’argent. La dépense publique, ce n’est pas de l’argent jeté par la fenêtre, mais le moyen de relancer la machine économique.

Le Parti communiste propose de réhabiliter et augmenter la dépense publique et reprendre le pouvoir sur l’argent en mettant fin aux privilèges.

La dépense publique, ce n’est pas de l’argent jeté par la fenêtre mais le moyen de relancer la machine en permettant à la puissance publique de reprendre la main sur les choix économiques du pays.

Elle est indispensable pour :

  • répondre aux besoins sociaux, d’autant plus importants en temps de crise, en garantissant l’égalité, la justice et le progrès social.
  • impulser une relance sociale, économique et écologique axée sur la création d’emplois socialement utiles.

En tous domaines les besoins sont énormes. Dans notre seule région, il manque 40 000 emplois pour répondre aux besoins de nos aînés, des personnes en situation de handicap, de la petite enfance, l’aide à domicile… L’argent existe pour financer cela. Il faut du courage et de l’audace politique pour reprendre le pouvoir sur la finance :

  • réforme fiscale juste et efficace,
  • contrôle strict de l’attribution des fonds publics,
  • mettre un terme à l’évasion fiscale,
  • créer un pôle public bancaire pour soutenir l’investissement, la recherche, les créations d’emplois,
  • restaurer l’autonomie budgétaire de la France… sont autant de moyens pour y parvenir.

Le choix dans lequel on voudrait nous enfermer dans le débat présidentiel et législatif à venir n’est pas entre le pire ou le moins pire, un peu plus ou un peu moins d’austérité et de sacrifice, mais entre la poursuite et l’aggravation d’une politique inégalitaire et inefficace et la vision d’une autre société qui fait le choix en permanence de l’Humain d’abord !

Parti Communiste Français
Fédération du Nord

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Tél : 03.20.63.08.08