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LE COMMERCE DOIT ÊTRE EQUITABLE ICI AUSSI !

Publié le 2 mai 2006

rencontre avec Sylvie MAYER Chercheur en Biologie responsable environnement du PCF.


Entretien. Sylvie Mayer, chercheur en biologie, responsable environnement du Parti Communiste Français.

Le commerce doit être équitable ici aussi !

Vous êtes dans le Nord pour deux conférences sur le commerce équitable et la création d’un "Comité de vigilance sur les prix" à Tourcoing. Le commerce équitable concerne aujourd’hui des échanges Nord/Sud qui répondent à des critères. Pourriez-vous les rappeler ? Sylvie Mayer - Nous parlons bien de critères et pas encore de norme, définis dans un texte de l’Agence Française de Normalisation (AFNOR) qui fait référence mondiale. Rédigés en concertation avec diverses associations et organisations de producteurs, ces critères encore très minimalistes sont d’ordre environnementaux et fixent aussi les conditions d’une transparence, d’une juste rémunération des acteurs et notamment des producteurs, ainsi que des délais de paiements. Aujourd’hui le commerce équitable représente 5% des échanges mondiaux. 20 % du café en provenance de Bolivie, ou 20 % des bananes importées en Suisse... Il s’agit majoritairement d’échanges Nord/Sud. Pourquoi ne pas étendre le principe aux échanges Nord/Nord et notamment en Europe et en France ? Tel est notre propos, sachant qu’un bon quart de la population française pense qu’il serait normal d’étendre ces critères à l’ensemble des échanges commerciaux.

Le commerce "Nord/Nord" n’est donc pas lui-même équitable ? S.M. - Certes. Un exemple : aujourd’hui, le kilo de pommes est payé de 15 à 20 centimes au producteur français. Selon les critères, qui prennent en compte le prix de revient auquel s’ajoute un salaire au producteur, il devrait être payé 40 centimes. D’autre part, les délais de paiement sont de 60 jours. Mais la réalité c’est que la grande distribution met la pression sur les paysans pour qu’ils acceptent des délais sur 90, voire 120 jours. Nous savons même qu’une grande surface a proposé des prêts-relais aux producteurs pour les faire patienter !

Que recouvrent les critères dits de transparence ? S.M. - Il y a commerce équitable quand une série d’engagements réciproques sont respectés entre producteurs, fournisseurs, distributeurs et consommateurs. Dans le cadre des échanges Nord/Sud, les uns et les autres s’engagent à participer, par le biais de coopératives, au développement durable de l’outil de travail et de la vie locale : écoles, équipements de santé, de transports... Vous mesurez les enjeux de militer pour que ces critères s’appliquent partout dans le monde et à tous les pans de l’économie.

En 2005, vous étiez avec le PCF à l’initiative d’une opération de relevés de prix des fruits et légumes. C’est d’ailleurs dans le département du Nord qu’ils étaient les plus chers. Quelle suite ? S.M. - Nous avons effectivement organisé des ventes solidaires dans de nombreux quartiers populaires de France, dans l’intérêt des consommateurs et les producteurs. Pour accompagner cette action de terrain d’une politisation, nous avions lancé une campagne de relevé des prix dans tous les types de points de vente, qui ont révélé l’absence de transparence et surtout de très grands écarts. Cette année, nous allons renouveler ces opérations et inversement commencer par ces relevés de prix en essayant d’étendre les zones géographiques.

Et cette nouvelle campagne débute à Tourcoing... S.M. - L’idée est en effet d’y créer en ce mois d’avril le premier "Comité de vigilance des prix" à l’initiative du PCF, ouvert à tous et notamment aux associations et aux syndicats. A partir des relevés effectués par ce Comité et par tous ceux qui se créeront, nous aurons en main des données, analysées avant les ventes solidaires d’août 2006 qui, elles, aussi seront étendues à toute la France. Pour faire suite à l’engouement rencontré par les militants, les consommateurs, mais aussi par les syndicats paysans. Le Modef, la Confédération paysanne et la Fédération nationale des producteurs de fruits affiliée à la FNSEA ont en effet décidé de participer à la fourniture de produits qui seront vendus au "juste prix" et non pas à prix coûtant ou à bas prix. Il s’agira notamment de constater avec le consommateur, qu’ il y a bien des marges de profit qui pourraient et ne devraient pas exister. Ces initiatives sont une manière d’utiliser la colère d’une façon efficace. Je crois que les gens ont envie de militantisme concret, de se rassembler pour construire quelque chose. Ils ont besoin d’être outillés. C’est pourquoi je circule beaucoup, pour essayer d’apporter des connaissances qui nourrissent une critique constructive et qui s’inscrit dans une position générale du PCF de construire avec des gens qui recherchent dans la politique autre chose que les petites phrases, les magouilles et les propositions virtuelles.

Laurence Mauriaucourt

D’après un entretien réalisé par Radio Campus (106,6 FM), disponible en écoute dans la rubrique "Archives" (mercredi 12 avril de 12h à 13h) sur le site www.campuslille.com

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