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Hommage aux résistants communistes Lillois

Discours de Colette Becquet

Publié le 25 septembre 2016

Messieurs, Mesdames les anciens combattants de la Résistance, les anciens déportés, et leurs familles, Mr l’Adjoint au Maire), Mesdames et Messieurs les Elus, Mesdames et Messieurs les responsables d’association, d’organisations patriotiques, de partis politiques, d’organisations syndicales, Messieurs les portes drapeaux, Mesdames, Messieurs,


Aujourd’hui, comme chaque année, nous rendons HOMMAGE aux fusillés de la Citadelle de Lille. Cet hommage et notre présence rappellent que nous devons perpétuer la mémoire de ces combattants qui se sont battus pour la Liberté, l’Egalité, la fraternité entre les peuples. Nous ne les oublions pas, et nous nous inclinons devant ceux qui ont fait le choix du courage, de l’espoir, plutôt que du renoncement, le choix du combat patriotique, démocratique, humaniste, antifasciste. C’est le 10 novembre 2001 soit 60 ans après l’exécution par les nazis de 25 otages les 15 et 21 septembre 1941, qu’une plaque commémorative fut dévoilée dans les fossés de la Citadelle ; cette citadelle qui classée « monument historique » au titre de notre patrimoine, risque de mal dévoiler aux visiteurs et joggeurs d’aujourd’hui, toute son histoire.

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Si le lieu n’est pas anonyme, les otages fusillés non plus. « Le 15 septembre 1941, cinq d’entre eux passent par les armes en représailles à un attentat qui, trois semaines auparavant, entraîne la mort de deux soldats allemands. Dix jours plus tard une quinzaine d’autres otages vont tomber sous les balles des bourreaux. Cinq autres enfin, choisiront de se pendre dans leur cellule. Le 5ème sera réanimé pour être achevé d’un coup de révolver ». Qui étaient-ils ? Des ouvriers : 14 mineurs, 4 cheminots, 4 mécaniciens, 1 chauffeur, 1 employé des mines, 1 ouvrier d’usine. Des hommes, pères de famille, militants syndicalistes, résistants communistes, élus, maires révoqués par le gouvernement de Vichy comme Noël Joseph de Drocourt, Victor Bancel de Fresnes sur Escaut, Arthur Brunet de Denain, Jules Domisse d’Aniche. Les otages sont aussi choisis en représailles d’attentats commis sur des lignes de chemins de fer signalés par le Préfet Carles dans son rapport mensuel du 4 octobre 1941. Les allemands affichent dans toute la région que si « les criminels coupables ne sont pas découverts, des otages seront passées par les armes… toutes les personnes arrêtées pour des motifs politiques sont d’ores et déjà considérées comme otage. « Un avis de l’Oberfeldkommandantur du 26 septembre 1941 signé du général lieutenant Niehoff, précisera par ailleurs que les fusillés du 26 septembre « étaient des militants communistes particulièrement actifs ». Le gouvernement de Vichy aidera activement les allemands dans la recherche des opposants ; nombreux seront les résistants licenciés ou révoqués pour activité jugée « antinationale ». Chaque mémorial, chaque plaque situe des évènements et des victimes ; la résistance fut celle de combattants de milieux sociaux divers, de convictions politique ou religieuse différentes. Chacune de nos cérémonies nous renvoie d’abord aux Hommes parce qu’ils sont les acteurs de l’histoire. Leur rendre hommage, c’est nécessairement expliquer pourquoi ils se sont engagés ; la force de leur témoignage nous aide à nous en souvenir et nous demande un travail de mémoire biographique pour chacun d’entre eux ; nous nous devons également de situer leur combat, dans l’histoire, celle du Nord et du Pas de Calais en « Zone interdite » et rattachés au commandement militaire de Bruxelles ; dans l’histoire aussi des luttes qui forgent la Résistance contre l’occupation et la barbarie nazie, contre l’exploitation économique et sociale des oppresseurs. Ainsi dès l’automne 1940, dans les mines du bassin du Npdc, les arrêts de travail pourtant interdits vont se succéder, en mai-juin 1941 les mineurs bloqueront la production de charbon, des centaines de femmes de mineurs manifesteront… 273 mineurs constitueront le 1er convoi massif de déportation vers un camp de concentration. Les actes de résistance se vont se multiplier… « C’est par centaines que des mineurs s’entasseront dans les prisons ou les centres d’otages comme celui de la caserne Négrier à Lille ». Comme en témoigne JM Fossier. C’est ainsi que parmi les fusillés de la citadelle de Lille, certains avaient organisé et participé à cette grève d’ampleur des mineurs. Nous devons nous souvenir et agir. « Les jeunes générations doivent connaître et comprendre ces années, afin de construire une société plus consciente de sa responsabilité envers chacun de ses membres, dans le respect de la personne humaine et de ses libertés avec plus de justice et plus d’espérance ». C’est Michel Defrance qui en 2007, avec raison, nous projette dans l’avenir comme les derniers mots plein d’espérance d’Arthur Brunet dans les heures qui précèdent sa mort « Suivez mon exemple, soyez forts et courageux… Courage et confiance dans l’avenir ». Contre le fascisme, la xénophobie, le racisme, la guerre, mais aussi pour « des jours heureux », des résistants se sont levés et nous ont légué « le programme du CNR » ; nous ne pouvons pas oublier. Nous ne pouvons pas oublier parce que notre Actualité nous secoue chaque jour. A la faveur de ce terrorisme international, qui gangrène notre société, assassine des enfants, des femmes, des hommes, l’extrême droite toujours vivante, dont les partis néo-nazis ont été portés par des anciens de la collaboration, utilise l’horreur, pour diviser, attiser les haines, revenir au pouvoir et finalement nous détourner des valeurs patriotiques de Liberté et d’Egalité, de Fraternité mais aussi de solidarité… Nous ne pouvons pas oublier parce que l’espoir d’un monde en paix que l’Onu doit assurer, d’un monde de progrès porté par les Résistants concerne l’avenir de nos générations, des jeunes en particulier. Nous ne pouvons pas oublier parce que la guerre fait rage encore, que des réfugiés fuient les massacres de Syrie et d’Irak comme fuyaient hier 8 millions de français après la défaite de 1940.

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« Les propos contemporains sur l’invasion étrangère, la stigmatisation des roms, vont à l’encontre des valeurs universalistes qui furent celles de la Résistance, pour lesquelles tant d’étrangers versèrent leur sang aux côtés des Français (…) Passer la mémoire des faits et des valeurs est une nécessité pour que soit bien marquée la frontière infranchissable entre les idées démocratiques et les idéologies liberticides. » Rendre hommage aux victimes du fascisme, aujourd’hui, y contribue. Colette Becquet, cérémonie de la Citadelle de Lille du 24 septembre 2019

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