Accueil   >   Actualité   >   Initiatives

Dunkerque

S’inscrire à l’infolettre :

Régie publique de l’eau : lançons le débat !

Publié le 8 juin 2015

En mai 2014 les communistes du Dunkerquois ont écrit au Vice président de la CUD, chargé de l’eau et de l’assainissement, en demandant de créer les conditions d’un débat sur la reprise en main de la maîtrise public de l’eau et de l’assainissement dés la fin du contrat d’affermage avec la lyonnaise des eaux le 31 octobre 2017. Réponse a été faite en octobre 2014.


Un peu d’histoire marquant des similitudes sinon plus

C’est en 1924 que la Lyonnaise des eaux acquiert l’entreprise les Eaux de Dunkerque afin d’étendre son développement. Votre facture c’est maintenant les Eaux du Dunkerquois. Similitude ? Ou la puissance public s’efface devant la multinationale ? Il est écrit dans la publication « l’Eau du Dunkerquois » : « le 14 octobre 2013, le SMAERD et Lyonnaise des Eaux se sont associé pour créer leur marque locale : l’eau du Dunkerquois. Une avancée symbolique qui concrétise un partenariat de longue date entre ces deux acteurs de l’eau. ». Il y a effectivement là une énorme symbolique celle de l’emprise de la puissance privée de cette multinationale sur la puissance public.

En novembre 2011, Philippe Maillard (nouveau DG de la lyonnaise) a présenté au congrès des Maires de France son « contrat pour la sécurité de l’eau ». Ce DG parle de proposer des « contrats plus transparents aux élus »qui « répondent au constat partagé qu’il faut réinventer la gouvernance de l’eau ... ».Il parle aussi de « nouveau mode de facturation ». Dans la réponse qui nous a été faite par le Vice Président de la CUD on trouve ceci (dans le cadre de la révision des clauses du contrat d’affermage avec la Lyonnaise) : « nous avons négocié un avenant N°4. Il introduit la tarification éco-solidaire de l’eau tout en modernisant les clauses en matière de transparence et de gouvernance partagée... ». Là encore similitudes ? Ou c’est la Lyonnaise qui tient le stylo ?

La grosse arnaque

C’est dans un tintamarre médiatique assourdissant que Dunkerque a fait l’actualité avec son tarif « éco-solidaire » de l’eau.(CUD et Lyonnaise de concert). Voici la déclaration de Philippe Maillard, patron de la Lyonnaise, dans un article du Monde le 22 septembre 2012 : « Ce nouveau type de tarification, qui nous a demandé deux ans de mise au point, est bénéfique pour tout le monde : il va permettre à 80% (chiffre repris dans la réponse à notre courrier) des foyers de voir leur facture baisser tout en maintenant un équilibre financier durable entre la collectivité et nous. ».

Ainsi donc ce tarif « éco-solidaire » de Dunkerque n’est ni-plus ni-moins que le maintien des marges de Suez-Lyonnaise et le financement du tarif social par un transfert entre abonnés. En fait de solidarité, c’est une grossière arnaque, puisque c’est bien la Lyonnaise des eaux qui a préparé ce système de tarification sur la base de ses connaissances fines de tous les abonnés (consommation, ressources, composition du foyer) permettant de positionner les curseurs des trois tranches tarifaires au bon endroit afin de préserver ses marges.

VOUS AVEZ DIT SOLIDAIRE ? SEULS LES ABONNES LE SONT !

Sortir de la dictature économique de ces multinationales.

Le 31 octobre 2017 le contrat d’affermage d’avec la Lyonnaise des eaux devra ou non être renouvelé. C’est bien la raison qui a conduit Lyonnaise des eaux à faire cette proposition d’enfumage qu’est la tarification éco-solidaire, dans l’espoir de renouveler sans difficulté son contrat. L’eau est reconnue comme un droit de l’homme avec le statut de bien commun par L’UNESCO. En France la facturation de l’eau est une véritable « jungle ». le prix du m³ va du simple au double. Seul un service public national de l’eau qui maintien la compétence locale pourra harmoniser les prix avec la péréquation tarifaire et la baisse des prix. Dans l’immédiat, sur la CUD, il ne faut pas reconduire le contrat avec la Lyonnaise et repasser en régie ou autres possibilités. Cela est d’autant plus nécessaire qu’avec les modifications climatiques, et ses effets sur l’eau, il nous faudra de plus en plus faire attention à notre consommation et avoir une régulation et des investissements nécessaires pour satisfaire les besoins. Cette gestion de l’eau et de son assainissement, qui doit être transparente et démocratique, ne peut être laissé dans les mains des sociétés privés dont le seul objectif est le business.

Alors intéressons nous au groupe Suez environnement

Le groupe Suez en chiffres (bilan année 2014) en millions d’euros

Chiffre d’affaire (CA) : 14324,1 Consommations intermédiaires (CI) : 7867,8 (représente tout ce qui est nécessaire à la production : matière, énergie, sous-traitance...) Salaires et prélèvements sociaux : 3656,4 Impôts, Taxes, impôts sur les sociétés : 864,1 Amortissements : 1097,7

- calculons maintenant la richesse créée par le travail

- Valeur ajoutée (VA brut) = CA – CI = 14324,1 – 7867,1 = 6456,3 - VA net = VA brut – amortissements = 6456,3 – 1097,7 = 5358,6 - Profit net = VA net – (salaires, prélèvements sociaux, impôts et taxes) = 5358,6 – (3656,4 + 864,1) = 838,1 (15,6 % de VA net)

Cette part de richesse créée est accaparée par les capitalistes pour :

- le profit bancaire : (intérêts financiers 516,6 - produits financiers 110,9) = 405,7 - le profit industriel : (838,1-405,7) = rémunération des actionnaires et train de vie fastueux du petit cercle des dirigeants du groupe.

Pour les autres années : profit net 2013 = 959 (17,6 % de VA net) profit net 2012 = 982,5 (17,6 % de VA net) profit net 2011 = 902,6 (17,02 % de VA net)

On voit bien ici tout le mécanisme d’exploitation du travail et du prélèvement sur les richesses créées par ce travail. On voit pourquoi le MEDF s’acharne tant à obtenir le gel des salaires, la diminution des prélèvements sociaux et des impôts et taxes.(tout cela concours à l’élévation ou le maintien du profit net).

Pour les salaires il joue sur les 2 tableaux, d’une part les salariés du groupe et, d’autre part les salariés de la sous-traitance qui sont victimes à double titre (par le donneur d’ordre, par leurs employeurs).

Notes

  • Au conseil communautaire du 21 octobre 2012, les élus communistes ont demandé la mise en place d’une réflexion sur le retour en régie de la gestion de l’eau.
  • Sur le Blog de campagne pour les élections municipales. Patrice Vergriete parle de renégocier le contrat avec la Lyonnaise et ce dés mars 2014.

Il y a urgence à lancer le débat !

En effet la date de fin de contrat de la lyonnaise au 31 octobre 2017 est lointaine et proche à la fois, car s’il est possible de revenir à une gestion publique de l’eau, cela nécessite de s’y préparer bien en amont. Pourquoi ? Il nous faut repérer toutes les étapes qui nous sont nécessaire pour un retour en gestion publique réussi. Notamment : comment réunir toutes les compétences nécessaires.

Il existe aujourd’hui 3 outils à la disposition des collectivités : la régie, le syndicat de production et/ou de distribution, la Société Publique Locale (SPL). Ces 3 formes de retour en gestion publique ont des avantages et inconvénients qu’il convient d’examiner au regard de la situation locale.

Partenaires

‹
›

Recevoir l'infolettre :

Parti Communiste Français
Fédération du Nord

18 rue Inkermann
BP 1233 59000 Lille
Tél : 03.20.63.08.08