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Remise de médaille à Pierre Charret

Publié le 11 septembre 2018

Merci Mr le Maire de nous avoir permis de célébrer cette cérémonie ici, en ce lieu sacré où sont tombés 68 de nos camarades unis dans le sacrifice, ceux qui croyaient au ciel avec l’Abbé Bompain et ceux qui n’y croyaient pas avec Marcel Bouderiez.

Merci aussi Michelle pour ton précieux concours, merci à Mr le Député Fabien Roussel et Mr le Sénateur Éric Bocquet, Mr Benoit Odelot, directeur départemental de l’ONAC à Sylvie Daems et les Amis de l’ANACR ainsi qu’à nos fidèles porte-drapeaux. A Fabien, digne fils d’Eugène Thiemé notre glorieux colonel Michel chef des FTP du Nord, qui a accepté de me remettre la médaille.

J’ai voulu que cette décoration, plus qu’une distinction personnelle soit un hommage à la Résistance et à ses martyrs, les 68 du fort de Bondues, les 25 otages de la Citadelle de Lille, les 92 du fort du Vert-Galant, ceux de Seclin, les 217 de la Citadelle d’Arras ..et tous les déportés pour leur résistance ou victimes des rafles antisémites.

C’est dans mon Limousin qu’à l’automne 1943, alors que les premiers maquisards, près de La Souterraine faisaient dérailler les trains de marchandises malgré les GMR de Vichy, qu’avec 3 copains normaliens nous décidons de créer un groupe de Résistance parmi les élèves du Lycée de Guéret. Ce sera le « Groupe FTP René Laforge », du nom d’un normalien de Dijon fusillé par les Allemands. Il comptera une quinzaine de camarades armés par les FTP pour mener avec eux des actions dans les environs. ...jusqu’à la veille du débarquement.

Nous rejoindrons alors les maquis, pour ma part un maquis FTP du Sud de l’Indre jusqu’à la Libération, en septembre 44. Comme plusieurs centaines de milliers de FFI, je signerai alors un engagement pour la durée de la guerre avec l’armée française. Et, après un stage d’officier FFI à l’Ecole militaire de St Maixent, je rejoindrai sur le front de La Rochelle le 13° RI, un régiment de Volontaires FFI Creusois où je retrouverai mon camarade de Lycée Marc Parrotin, engagé lui aussi après sa libération de la prison de Limoges. Nous resterons ensemble jusqu’au 8 mai 45.

J’apprendrai alors que ma mère qui tremblait de me savoir engagé dans la Résistance n’avait pas hésité à prendre de gros risques en cachant et en prenant soin d’enfants juifs cachés sous de faux noms parmi les internes de l’Ecole Primaire Supérieure de La Souterraine où elle était infirmière et qui ont ainsi pu échapper aux rafles et à la déportation.

J’avais rencontré pendant la guerre Lucienne, une jeune infirmière de Wasquehal que j’épouserai en décembre 1946. C’est elle qui m’amènera dans le Nord en 1950. J’y apprendrai les souffrances de la population sous l’occupation, les bombardements. Je découvrirai aussi comment les Résistants y ont mené une lutte incroyable....Comment sans armes dès mai 1941 100.000 mineurs français et étrangers main dans la main ont osé mener une puissante grève contre les inhumaines conditions de travail imposées par l’occupant ,comment , grâce à l’intervention de plusieurs milliers de leurs femmes emmenées par des militantes aguerries qui affronteront la police de Vichy et même l’armée allemande ils paralyseront pendant 2 semaines les mines du Nord et du Pas de Calais . Le signal, malgré une terrible répression, de l’extension de la Résistance. Après le débarquement en Afrique du Nord et la victoire de Stalingrad, Jean Moulin a réussi à unir tous les mouvements de Résistance qui reconnaissent l’autorité du général De Gaulle.

C’est le CNR, le Conseil National de la Résistance. Il va coordonner l’action des FFI qui aideront au succès du débarquement après le 6 juin 44. Il va aussi préparer un programme à appliquer après la Libération. Ce « Programme du CNR » titré « Les Jours heureux » permettra la renaissance de la France avec des mesures audacieuses et des avancées sociales fondées sur l’idée que « l’intérêt général doit primer sur les intérêts particuliers ».

Il a permis de restaurer la vie démocratique et le retour de la France à son rang de grande puissance.

L’espoir revenu soutenait les efforts des Français. Les temps ont bien changé : le chômage et la misère reviennent alors qu’on constate depuis quelques années la remise en cause du programme du CNR. Ce sont maintenant les intérêts particuliers qui sont privilégiés. Les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches.

Les anciens résistants disparaissent alors que l’on constate en France même le retour de l’idéologie fasciste que nous pensions avoir éradiquée avec la victoire sur le nazisme. Alors que nous avons combattu dans la plus grande fraternité avec tant d’étrangers « Français de préférence », aujourd’hui dans plusieurs pays d’Europe les néo-nazis sont au gouvernement et ont trouvé dans les migrants de nouveaux boucs-émissaires contre lesquels ils sèment la haine. L’antisémitisme, les racismes la xénophobie renaissent.

Nous revient l’avertissement de Paul Eluard :

« SI L’ECHO DE LEUR VOIX FAIBLIT NOUS PERIRONS »

Voilà ce qui nous motive encore à témoigner. Avec LILI, mon infatigable amie LILI Leignel, nous rencontrons les jeunes collégiens et lycéens et leurs professeurs. Leur écoute est réconfortante. Car notre inquiétude est grande quand un président américain continue, malgré une opposition croissante, à brandir sa puissance atomique, imposer des sanctions, réaffirmer sa volonté hégémonique. Et va jusqu’à soutenir les campagnes du Kukluxclan !

Inquiet à juste titre le secrétaire de l’ONU a lancé une campagne pour l’interdiction des armes atomiques. Voilà pensons- nous une cause qui mérite notre engagement le plus large et que la France s’honorerait de soutenir. Au contraire nous augmentons nos dépenses militaires pour moderniser notre puissance atomique. Ces crédits, j’allais dire « ce pognon de dingue » serait mieux employé au profit de nos hôpitaux, de l’éducation et du développement de notre économie et de l’emploi. A l’échelle internationale on trouverait là et dans les paradis fiscaux les moyens de porter remède à l’émigration, de faire face à la menace du changement climatique au développement économique et écologique, à améliorer les conditions de vie des populations.

Des moyens pour aider l’ONU à assurer la Paix et organiser une véritable coopération internationale, seule voie d ’un avenir pacifique.

OUI le MONDE A UN URGENT BESOIN DE PAIX !

J’ai perdu l’an dernier ma chère Lucienne. Avec elle nous avons élevé 2 enfants et, parallèlement à notre activité professionnelle, milité avec nos syndicats, nos associations, notre parti communiste, dans la fidélité à la Résistance .. Je rêve encore avec Aragon et Jean Ferrat ... Oui, « le poète a toujours raison qui voit plus haut que l’horizon. Le futur est son royaume » ... Oui « LA FEMME EST L’AVENIR DE L’HOMME’ » Et « Ma France aux yeux de tourterelle le pays où les blés et les seigles murissent au soleil de la diversité »

Malgré mes inquiétudes, je garde l’espoir, la foi dans mon idéal :

« UN JOUR POURTANT, UN JOUR VIENDRA » où l’Humanité l’emportera !

Lucie AUBRAC avait raison : » La RESISTANCE SE CONJUGUE AU PRESENT ! »

Photos : Marc Dubois - Librté Hebdo

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