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"Quand le peuple s’en mêle"

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Un hors-série de l’Humanité

Publié le 2 juin 2016

L’Humanité édite un numéro hors-série exceptionnel à l’occasion du 80e anniversaire du Front populaire.

Disponible dans les kiosques au prix de 8 euros.


« Quand le peuple s’en mêle ». Sous ce titre, l’Humanité publie un hors-série de 92 pages à l’occasion du 80e anniversaire du Front populaire. Ce numéro exceptionnel, dans une visée pédagogique, analyse les ressorts d’une victoire populaire qui combina succès électoral et mouvements de grève d’une ampleur inédite comme il maria la défense de la république avec la conquête de droits sociaux qui paraissaient inimaginables quelques mois auparavant.

Plusieurs historiens, spécialistes de cette période, ont prêté leur concours à cette publication.

Jean-Paul Scot décrit la crise dans une France encore fortement rurale, où un village sur deux n’a ni l’eau courante ni l’électricité. Mais aussi une France des grandes concentrations industrielles, et de la résistance des ouvriers de plus en plus conscients de leur opposition aux 200 familles.

Les années 1930, années d’exode pour les antifascistes et les juifs d’Europe centrale fuyant les persécutions racistes, années également du renvoi de centaines de milliers d’immigrés que la France avait fait venir dans les mines du Nord et de Lorraine après la Première Guerre mondiale. Gérard Noiriel rappelle que « dans chaque période de crise, la question de l’immigration est remise au cœur de l’actualité sous l’impulsion de l’extrême droite, qui nourrit l’idée que les étrangers prennent le pain et le travail des Français ».

L’émeute du 6 février 1934, un an après l’accession d’Hitler au pouvoir, a provoqué dans l’opinion une prise de conscience. Danielle Tartakowsky retrace toutes les étapes de la construction du rassemblement antifasciste. En mars 1936, la CGT mettra fin à sa division. Les effectifs syndicaux connaîtront une véritable explosion, rappelle Michel Dreyfus, passant en un an de 750 000 à 4 millions d’adhérents. Socialistes et communistes ratifient un pacte d’unité d’action, que Maurice Thorez propose d’élargir pour réaliser « le front populaire de la liberté, du travail et de la paix », et se heurte d’abord à une fin de non-recevoir socialiste et radicale. Puis, le 14 juillet 1935, au stade Buffalo, dans un cérémonial rappelant la fête de la Fédération de 1790, le serment du Front populaire est proclamé. « Une nouvelle culture politique de lutte et de masse, née de la symbiose opérée entre 1934 et 1935 entre les cultures républicaine et populaire, se concrétise. Une redéfinition profonde de la politique et de son rapport au social s’amorce », écrit Danielle Tartakowsky.

Le rôle de l’Humanité qui atteint des records de diffusion entre 1936 et 1937

Cela a été rendu possible grâce aux changements stratégiques auxquels ont opéré les communistes français dans un débat au sein de l’Internationale communiste. Serge Wolikow détaille le chemin qui mène de l’abandon de la ligne « classe contre classe » à une politique d’alliance, au cœur de l’idée de front populaire.

La campagne électorale de 1936 est marquée, explique Jean Vigreux, par une mobilisation sans précédent de l’opinion, et par une bipolarisation entre le Front populaire et ses détracteurs. La victoire est due à la forte poussée du Parti communiste qui double son score, alors que le PS stagne et que les radicaux reculent. Roger Martelli observe : « Jusqu’au Front populaire, le PCF assumait une fonction de représentation sociale et une fonction utopique. À partir de 1934 s’y ajoute une fonction proprement politique. Par la référence à l’antifascisme et à la lutte contre les 200 familles, le Parti communiste donne un coup de fouet salutaire à une gauche quelque peu assoupie par les compromis radicaux et les hésitations socialistes. »

On lira avec intérêt d’autres contributions. Annie Lacroix-Riz évoque l’attrait qu’a pu représenter, pour certains patrons, un État fasciste, dans lequel les ouvriers n’avaient aucun droit. Alexandre Courban traite du rôle de l’Humanité, qui atteint des sommets de diffusion entre 1936 et 1937. Morgan Poggioli souligne l’entrée massive des femmes dans les luttes sociales, alors qu’elles devront attendre une décennie avant d’obtenir le droit de vote. Jean Ortiz et José Fort évoquent le Front populaire espagnol lâché par la non-intervention et le courage des brigadistes venus combattre le fascisme au-delà des Pyrénées. Alain Ruscio dresse le maigre bilan du Front populaire dans l’empire colonial.

Frédéric Genevée, président du musée de l’Histoire vivante, à Montreuil, réfléchit sur la transmission de la mémoire. Paul Dietschy dresse un bilan de la politique du Front populaire en matière d’éducation au sport, sous l’impulsion de Léo Lagrange et d’Auguste Delaune…

À l’heure où le gouvernement ferraille pour affaiblir le droit du travail

Faut-il tirer enseignement d’une expérience qui s’est déroulée dans un monde différent d’aujourd’hui ? À l’heure où un gouvernement socialiste ferraille pour affaiblir le droit du travail, pour aggraver encore le rapport de forces au détriment des salariés, on mesure le fossé creusé en quatre-vingts ans. Sur plusieurs pages, trois responsables d’aujourd’hui en débattent : la syndicaliste Maryse Dumas, ancienne secrétaire confédérale de la CGT ; l’adjoint communiste à la mairie de Paris, Ian Brossat, et le député PS et ancien ministre Benoît Hamon.

Le regard du XXIe siècle sur cette séquence historique est porté aussi par quatre écrivains, qui nous ont confié des textes inédits. Didier Daeninckx présente une nouvelle historique intitulé les Anagrammes de “l’Humanité”, Michèle Audin nous fait rencontrer une employée des Galeries Lafayette, sous le titre Valentine, 24 mai 1936 ; Bernard Chambaz parcourt l’Humanité du 13 juin 1936… jour de la naissance de Michel Jazy dans un coron du bassin minier ; Gérard Mordillat écrit sur sa filiation avec les combats et les espoirs toujours vivants d’un Front populaire incarnant « la cause du peuple ».

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