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Conseil National du 18 juin 2012 : Intervention de Fabien Roussel

Publié le 21 juin 2012

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Intervention F. Roussel

Intervention de Fabien ROUSSEL,

Conseil National du 18 juin 2012 et conférence national du 20 juin 2012

« Â Avec trois députés élus dans le Nord, nous réélisons tous nos députés sortants. Ce résultat est àmettre àl’actif des trois députés, JJ Candelier, Marc Dolez et Alain Bocquet qui ont réussi àrassembler bien au-delàde la gauche sans rien cacher de leurs idées. Dans les deux arrondissements où ils se présentent, nous avons réussi, ces dernières années, àdévelopper l’influence communiste bien au-delàdes scores du Front de gauche àla présidentielle (Valenciennois : 340 000 habitants et 31% - Douaisis : 250 000 habitants et 30% contre 18% à21% pour JL Mélenchon àla Présidentielle).


Contrairement àce qui a été écrit dans la presse, nos députés sortants se sont présentés àleurs électeurs avec l’étiquette communiste ou parti de gauche ajoutée àcelle du Front de gauche. Mais nous avons également fait un choix dans ces circonscriptions : celui de ne pas utiliser JL Mélenchon pour ne pas réduire le large rassemblement que les députés sortants ont su construire localement.

Nous enregistrons aussi un score en progression dans les grandes villes grâce àla dynamique du Front de Gauche suite àl’élection présidentielle, (8% àLille contre 2% en 2007 – 7% àRoubaix contre 1,5% en 2007). Notre département contribue àhauteur de 115 000 voix au résultat national en tenant ces deux bouts. Nous enregistrons plus de 20 000 voix de plus par rapport à2007.

Notre espace politique a été réduit pendant les législatives : après avoir viré Sarkozy, les français ont voté pour le changement et ont voulu donné une majorité franche au parti du Président de la République. Ne nous cherchons pas d’excuse – calendrier électoral inversé, bipartisme, vague rose – il est urgent de prendre le temps de repenser notre rôle et notre utilité. Quand la droite gagne : on perd. Quand la gauche gagne : on y laisse des plumes.

Certes, avec le Front de Gauche, nous avons augmenté légèrement notre influence lors des dernières séquences électorales. Mais l’électorat Front de Gauche reste très volatile et sensible au vote utile en faveur du PS. Surtout, nous n’arrivons pas àporter la colère des milieux populaires, du monde du travail et nous n’arrivons pas àpercer dans le monde rural.

Ensuite, il reste 40 à50% d’électeurs qui choisissent de s’abstenir et qui se sentent méprisés par les politiques. Pour une part de ces électeurs que nous n’arrivons pas àconvaincre, nous appartenons àla « Â classe politique  ». Cela doit nous interroger sur nos pratiques.

Enfin, la stratégie du « Â front contre front  » renvoie dos àdos le Front National et le Front de gauche, réduit la portée de nos idées et peux donner de nous l’image d’un parti extrémiste.

Oui, le Front de Gauche nous a fait sortir du trou dans lequel nous étions. Mais nous voyons ses limites, nous voyons que cela ne suffit pas et que nous devons être plus ambitieux pour notre pays, pour aller plus loin dans le rassemblement àconstruire.

Deux alternatives :

- ou nous restons une force, un mouvement qui plafonne à10% à15% des électeurs mais sans jamais ébranler le rapport de force existant,

- ou nous nous fixons l’objectif de construire un rassemblement populaire, pour inverser ce rapport de force en s’adressant àtous les français, dans leur très grande diversité et sans clivage. Relevons ce défi : rassembler les français pour relever la France, pour que notre pays reprenne son destin en main et les rennes de son économie !

On peut résister àcette guerre économique que mènent l’Allemagne, le patronat et les marchés financiers, si on arrive àrassembler largement les français, les humanistes, les acteurs économiques, -et même certains de droite !- qui rejettent cette économie ultra financiarisée. En tout cas, pour résister aux marchés financiers, tout puissant, il faudra autre chose qu’une gauche radicale, autre chose qu’un rassemblement de la gauche de la gauche pour être efficace !
Enfin, le Parti socialiste ne manquera pas de nous solliciter pour soutenir sa politique. Nous serons également appelés, dans les grandes collectivités, les agglomérations, les conseils régionaux et généraux, àaccepter des plans d’économie, des mesures d’austérité.

Sans participer au gouvernement, nous pourrions demain participer àla mise en Å“uvre d’une austérité « Â décentralisée  ».

Les conséquences politiques en seraient les mêmes. Ne devrions-nous pas nous préparer, dans les régions, àporter un autre projet que celui de l’accompagnement de la crise, et conçu àpartir d’une autre utilisation de la richesse. N’avons-nous pas un message àadresser aux collectivités, étranglées par les banques mais indispensables àl’économie par leurs investissements publics ? A moins de deux ans des municipales, nous avons des initiatives àprendre sans attendre, sur ces enjeux-là,.

Enfin, nous avons rencontré une population exaspérée par les conditions de vie dans les quartiers, dans les villages. Le « Â vivre ensemble  », la solidarité, le respect, le goà»t de l’effort, le travail, sont des valeurs qui se perdent. Et cela nourrit l’isolement, le repli sur soi, parfois la colère… Choisissons de les porter dans nos actes militants, dans les quartiers ! De plus, la pauvreté et les malheureuses aides sociales ont conduit des hommes et des femmes àaccepter de vivre dans des conditions indignes de ce 21ème siècle. Notre combat est-il de se battre pour gagner un « Â plus  » d’aide sociale avec la gauche au pouvoir ou de faire reculer le chômage, défendre le droit au travail pour tous et une place pour chacun dans la société.

Combattre le capitalisme, c’est bien, mais localement, c’est aussi défendre la dignité humaine, c’est faire respecter la dignité d’hommes et de femmes qui ont le sentiment d’être abandonnés.

En s’adressant àtous, bien au-delàde la seule gauche, dans cette période de crise profonde, économique et politique, le Parti communiste peut devenir un acteur essentiel d’un rassemblement très large, comme il a su le faire dans son histoire. Il faut faire plus que de « Â bouger les lignes àgauche  » comme cela a été dit ce matin.

Les groupes communistes et Front de gauche du Sénat et de l’Assemblée nationale seront déterminants. Les pressions de l’exécutif socialiste, aidé par les média, seront fortes et nous devrons y résister, sans tomber dans les dérives gauchistes ni dans le sectarisme, et sans rien perdre de notre originalité. Continuons de porter l’espoir d’un changement pour société plus juste et plus fraternel !  »

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