Conférence Fédérale du 5 juin 2010

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Discours de clôture de Fabien Roussel

Publié le 26 juin 2010

Nous pouvons ensemble nous réjouir de la densité de nos échanges tout au long de cette conférence.

La dernière s’était déroulée dans le contexte particulier du début de la crise et de la faillite spectaculaire de la plus emblématique banque américaine, la Lehman Brothers, éliminée sans autre formalité par son concurrent la Goldman Sachs, provoquant une crise financière sans précédent. Les dirigeants de la Goldman Sachs, que j’avais épinglé lors de notre dernier congrès, sont aujourd’hui sur le banc des accusés aux Etats-Unis. Ils ne risquent pas la prison, tout au plus un sermon sur leurs pratiques. Mesurons, un an et demi après, le rôle de ces cols blancs, de ces hommes sans scrupules que l’on protège et qui représentent les fameux « marchés ».


Ils sont parvenus à « bancariser » les Etats bien plus que les Etats ont nationalisé les banques. Et la crise n’a rien changé à leur train de vie ni à leurs objectifs. Ils se demandent aujourd’hui quelles sont les nouvelles parts de marché à conquérir ? Quelles barrières vont-ils pouvoir encore faire tomber pour libéraliser toujours plus l’économie de la planète ? Pour asseoir la domination du dollar ?

A bien y regarder, le continent européen reste peut-être, précisément, une des dernières barrières à la mondialisation intégrale. Par les valeurs issues de son histoire, depuis la Renaissance, le Siècle des Lumières qui a vu s’affirmer les DIDEROT, ROUSSEAU, MONTESQUIEU, et naître de grandes avancées dans la science et le domaine des idées, l’Europe a porté des réflexions fortes sur la liberté, la propriété, l’art, la politique. Ajoutez à cela la Révolution de 1789, celles de 1830 et 1848, la Commune et les mouvements qui ont suivi jusqu’aux conquêtes de 1936 ; la Résistance et les acquis de la Libération … OUI, tout cela ne s’efface pas d’un trait et il y a encore en Europe et en France, de beaux restes comme on dit. Il y a des valeurs, des peuples qui défendent leur dignité, et des acquis historiques tels que les services publics, la protection sociale et le système de retraite par répartition, des politiques publiques encore importantes, dans les transports, la santé, l’éducation, la culture… des entreprises nationales, véritables fleurons, qui jouent un rôle majeur tant sur le plan économique que social.

C’est tout cela qu’ils veulent attaquer pour soumettre encore plus les peuples du Vieux Continent aux règles du marché. Car on ne s’encombre pas forcément de ces valeurs de progrès et de civilisation au royaume de la finance.

Et le capitalisme a besoin de ressources pour se régénérer. Le continent européen est travaillé dans cette perspective.

Nous en avons beaucoup parlé aujourd’hui, notamment avec Denis DURAND ce matin.

On peut toujours nous faire croire que les chefs d’Etat ne sont pas tous d’accord entre eux pour faire face à cette crise, qu’il y a de l’eau dans le gaz entre la Chancelière allemande et le Président français pour savoir si on doit encadrer un peu ou pas « les ventes à découvert à nu », terme barbare qui permet de spéculer sur des biens que l’on ne possède même pas. Chez eux, tout est permis !

Mais quand même, il y a une belle unité de vue dans les mesures imposées aux peuples. Ils sont tous d’accord, on se bouscule au portillon pour défendre les banques et les compagnies d’assurance. Les mêmes recettes sont appliquées partout en Europe, que cela soit d’ailleurs par des gouvernements de gauche ou de droite.

Pour préserver la logique des Traités européens qu’ils ont défendus, il ne faut surtout pas remettre en cause le système économique, le capitalisme. Le fond est là ! Et en cas de crise, c’est aux peuples de payer.

Les cures d’austérité imposées se suivent et se ressemblent. En Grèce, 30 milliards d’économie sur les retraites, les salaires, les budgets de la Défense, accompagnés de hausses d’impôts. Comme le titrait un économiste dans une chronique du journal le Monde « ce sont les banques que l’on a sauvé, pas la Grèce ! ». Les propos de Dominique Strauss-Khan qui se dit « admiratif » du plan d’austérité infligé au peuple grec, pays dirigé par un gouvernement socialiste, sont à ce titre, consternants.

Cela ne présage rien de bon pour la suite et donne une importance supplémentaire à la campagne de solidarité que nous avons engagée avec le peuple grec ! Alors oui, solidarité avec le peuple grec !

Et nous pouvons même reprendre ce slogan vu à Athènes : « Peuples d’Europe, unissons-nous ! ». En effet, les gouvernements de l’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Irlande, la Roumanie, le Royaume-Uni et la France ont pris le même chemin. Plus de 150 milliards de coupes supplémentaires dans les budgets de ces pays en quelques semaines au détriment des peuples ! Et ce n’est qu’un début !

Voilà pourquoi les communistes sont au premier rang des mobilisations en cours pour faire la clarté sur ces enjeux.

C’est aussi pour cela que nous pouvons, encore une fois, être fiers d’être le seul groupe, à l’Assemblée Nationale et au Sénat, à voter contre le Fonds de garantie mis en place au niveau de l’Union Européenne en cas de défaillance financière d’un Etat, comme cela se passe en Grèce. Ce n’est pas l’Europe des peuples que l’on sauve avec ce plan de 750 milliards d’euros, mais l’Europe de la finance ! Ce plan, soutenu par le FMI, n’est qu’un plan de sauvetage des intérêts des banques et des compagnies d’assurance !

Où est l’Europe sociale que l’on nous a tant promise ? Où est cette Europe économique qui devait préserver la compétitivité de nos entreprises et développer nos emplois ? Où est cette Europe politique qui devait unir les gouvernements ? Les Traités de Maastricht, de Lisbonne qu’ils nous ont vendus avec la Constitution européenne, comme autant de remparts pour nous protéger des crises, nous ont conduits dans le mur ! Ils nous font participer, contre notre volonté, à une guerre économique meurtrière !

La situation est très grave. Nul ne sait aujourd’hui comment sera demain. Les apprentis sorciers de la politique se veulent toujours plus au service des marchés même si certains s’interrogent sur le bien-fondé de ces cures d’austérité. Comment relancer l’économie si les populations s’appauvrissent ? Patrick Artus, directeur des études économiques chez Natixis, déclarait récemment dans un quotidien régional, je cite « S’il faut trouver 96 milliards de réduction de nos déficits structurels, ça sera compliqué (…) On peut toujours décider, comme en Grèce, de ne plus payer les retraites ni les fonctionnaires, mais ce n’est pas efficace. La seule façon de faire, c’est de procéder à une grande réforme fiscale, en alignant la taxation des revenus du capital sur celle du travail. Cela pourrait rapporter 100 milliards d’euros sans dégâts économiques puisque ces revenus sont épargnés ! ».

Ces interrogations-là laissent bien évidemment de marbre nos gouvernants, qui entendent accélérer le rythme des réformes prévues.

Cette crise, quelle aubaine pour le gouvernement Fillon qui nous a annoncé, le 20 mai, une politique de rigueur sans précédent et l’objectif de réduire les dépenses de 10 milliards d’€, pour faire passer, ose-t-il affirmer avec aplomb, notre déficit de 8% à 3% en 3 ans !

De mémoire, il parait que jamais la France ne s’était fixée un tel objectif ! Mais la facture, c’est à nous que le Premier ministre la présente : suppression de 100 000 postes de fonctionnaires en 3 ans - dont la moitié dans nos écoles ! -, allongement de l’âge de départ à la retraite, gel des subventions accordées aux villes et aux collectivités, économie de 600 millions d’€ dans les dépenses de santé cette année...

Concernant les retraites, le gouvernement distille les infos au compte-goutte pour préparer doucement les Français à accepter le pire.

Nous en avons parlé tout au long de la journée. Ils veulent ouvrir en grand la porte à la capitalisation, et mettre dans les mains des banques et des compagnies d’assurances le « marché » comme ils disent, des retraites.

Les vieilles recettes déjà utilisées en 1993 et en 2003 sont remises à l’ordre du jour. Mais le bilan de ces réformes de droite est déjà lourd. Il faut cotiser plus longtemps pour bénéficier d’une retraite à taux plein et les pensions ont baissé de 15% à 20%. Le résultat dans le Nord : pour 1.073.744 retraités au 31 décembre 2008, la retraite moyenne des personnes de 70 ans est de 710 € par mois pour un homme et de 533 € par mois pour une femme. Ajoutez à cela les complémentaires, quand vous avez pu y souscrire, et vous avez pour 90% des retraités, des pensions sous la barre des 1000 € par mois ! Et il faudrait accepter de nouveaux sacrifices !

Le gouvernement promet que les retraités retrouveront de bons niveaux de pension. Mais une étude récente de l’INSEE indiquait que la moitié des salariés du Nord gagnent moins de 1500 € par mois. Dans toute la France, notre société produit des salariés en situation de pauvreté. Comment, avec des salariés de plus en plus pauvres, ce gouvernement peut-il promettre à des retraités d’être de plus en plus riches ? C’est encore un mensonge !

Notre première campagne, après ce congrès, sera donc de poursuivre une grande explication avec l’ensemble des Français pour affirmer d’autres choix.

Notre pays a su, en 1945, avec un ministre communiste, Ambroise CROIZAT, dans un gouvernement sous la direction du Général de Gaulle, inventer un système de retraite par répartition dans une France saignée à blanc.

Il peut encore le faire en 2010, en mettant à contribution les immenses richesses créées par les salariés. Toutes les études économiques affirment que notre PIB a progressé et va continuer de progresser. Cela a été dit ce matin. Même en période de crise, les 40 plus importantes entreprises cotées en Bourse s’en sortent avec des bénéfices : 101 milliards en 2007, 85 milliards en 2008 et 45 milliards en 2009.C’est donc un vrai choix de société que de poser la question d’une autre répartition des richesses et nous, les communistes, nous demandons de les mettre, toutes, à contribution, à commencer par ces milliards de profits boursiers épargnés par la taxation.

Menons cette campagne en la liant constamment avec celle de l’emploi : D’abord parce que des salariés qui partent à 60 ans, ce sont autant de jeunes qui peuvent trouver du boulot. Ensuite parce que 100 000 emplois, c’est 2 milliards de cotisation en plus. Si au contraire, le gouvernement accepte la casse de notre industrie, c’est un drame pour les familles et nos territoires, mais c’est la principale cause du déficit : 680 000 emplois perdus en un an en France, c’est 13 milliards en moins dans la caisse de retraite. Ajoutez à cela les 30 milliards d’€ d’exonérations de charges accordés aux entreprises et qui représentent autant d’argent qui ne participe pas au financement de la protection sociale ; vous avez les principales raisons de ce déficit dénoncé par l’Etat !

Donnons ces chiffres à la population. Ayons une grande explication avec les Français qui restent attachés à cet acquis de la Libération, malgré la campagne de mensonges du gouvernement. Mobilisons-nous et participons massivement à l’appel des syndicats le 24 juin prochain.

Pour sa part, le Parti Communiste organise près de 1 000 débats dans toute la France jusqu’en septembre. Dans le Nord, dix-huit sont à ce jour programmés, avec nos parlementaires, A. Bocquet, le 8 à Roubaix, M. Demessine, le 15 à Lille, mais aussi avec des intervenants extérieurs, Marc DOLEZ, du Parti de Gauche le 8 à Denain, des responsables syndicaux de la CGT, Maryse Dumas, mais aussi Sylvie Durand ou Frédérique ROLLET de la FSU. Nous allons aussi multiplier les rencontres avec la population, sur les marchés, dans les quartiers pour faire signer notre pétition pour la retraite à taux plein, dès 60 ans. Et nous déposerons toutes ces pétitions en préfecture à la rentrée, pour en faire un temps fort de notre rentrée politique ! Car nous n’attendrons pas 2012 pour d’hypothétiques changement, la bataille doit se mener ici et maintenant !

XXX

Bien sûr ce congrès est l’occasion d’analyser la crise dans le monde et en Europe. Mais nous avons mis aussi à l’ordre du jour les combats que nous devons mener pour notre région.

La campagne des régionales nous a permis de faire partager l’ambition que nous avons pour le Nord Pas de Calais et ses 4 millions et demi d’habitants.

Notre région et ses habitants paient trop cher, et souvent bien plus cher qu’ailleurs, ces politiques déshumanisées dont nous venons de parler. Inutile de peindre le tableau noir des tristes records et des inégalités territoriales que le Nord Pas de Calais enregistre. Nous les vivons tous les jours. En matière de santé, de pouvoir d’achat, d’équipements, d’emploi, d’éducation, de services publics, de transports, de culture… la région traîne en queue de peloton.

Les conséquences sont lourdes pour les salariés, les habitants, les jeunes, et les personnes âgées du Nord Pas-de-Calais. Il suffit par exemple d’interroger des amis, des collègues au travail : le sentiment est fort, que notre génération vit plus mal que les précédentes ! Quel avenir pour nos enfants ici !

Un tiers des étudiants doit quitter la région pour travailler ailleurs. Un jeune sur 3 est au chômage, avec ou sans diplômes. 17 000 postes sont menacés d’être supprimés en France dans l’Education nationale dés 2011, après 16 000 suppressions en 2010, alors qu’on a tant besoin d’enseignants. Le gouvernement demande carrément aux Inspections Académiques d’augmenter le nombre d’élèves pas classe, 27 dans le primaire, 32 au collège et au lycée, et de fermer les classes quand le nombre d’élèves est inférieur à ces chiffres : 1 école sur 5 va subir une fermeture de classe ! Et nos enfants se porteront mieux ?

Voilà une campagne que le Parti Communiste doit lancer dés la rentrée, pour l’avenir de notre jeunesse et de notre région ! Nous devons y travailler dés cet été et rencontrer nos élus et les organisations syndicales sur ce sujet.

On parle souvent de la fierté des habitants du Nord Pas de Calais. Oui nous sommes fiers, comme nous sommes fiers d’être un peuple travailleur. C’est peut-être aussi pour cela que nous sommes encore la 2ème région industrielle française. Mais c’est aussi pour cette raison que nous avons mal dans notre chair quand les usines ferment et quand les donneurs d’ordres imposent une fermeture de site dans l’automobile, la sidérurgie, le textile… Certes les communistes, leurs élus sont souvent là quand il y a un coup dur. Mais quand même, est-ce qu’on va continuer encore longtemps à porter les gerbes aux enterrements de nos emplois et de notre industrie ?

Le chômage atteint des sommets, avec 218.000 personnes sans emploi recensées dans la région : 7,9% de plus que l’an dernier et l’écart continue de se creuser avec la situation nationale elle-même désastreuse.

Va-t-on encore longtemps subir, l’arme au pied, les logiques industrielles des grands groupes ? La réponse est NON ! Le Parti Communiste Français, ses militants et ses élus ont un autre rôle à jouer dans la région, pour la sauvegarde des emplois, pour le développement de l’économie. Ils sont, nous sommes porteurs d’une espérance et d’une haute ambition pour le Nord Pas de Calais. Oui, notre région a encore un avenir industriel et les moyens d’aller de l’avant. Et nous avons la volonté de le défendre, avec les salariés et nos élus !

Nous avons été capables, par le passé, de nous battre pour l’implantation d’entreprises, d’activités industrielles venant compenser la fermeture des mines ou la casse de la sidérurgie. Nous sommes capables aujourd’hui d’affirmer le même niveau d’exigence !

Dans de nombreux domaines, les projets existent, imaginés par les salariés, ingénieurs, techniciens et cadres, ou des chercheurs. Réunissons toutes les intelligences pour élaborer, écrire une politique industrielle, économique, digne de notre savoir-faire.

Les nouvelles technologies permettent de développer des propositions innovantes, écologiques, créatrices d’emploi.

La gazéification du charbon, dont les réserves sont énormes dans notre région, la voiture du 21ème siècle qui reste à inventer, le secteur ferroviaire en plein essor mais qui voit nos PME péricliter ou fermer, alors que les commandes publiques font le bénéfice net d’Alsthom, de Bombardier. Voilà autant de pistes de travail que nous allons mieux explorer. Utilisons aussi nos atouts naturels, comme notre façade maritime. L’arrivée du canal Seine Nord et notre littoral devraient être une opportunité économique pour nos entreprises et nos bassins d’emploi. Pourquoi privilégier les ports de Zeebruges ou d’ailleurs quand ceux de Boulogne, Dunkerque ou Calais pourraient offrir des débouchés pour l’activité commerciale ? J’ai lu dernièrement que la Fonderie et Acierie de Denain a réussi la fabrication d’un anneau de 10,5 mètres en acier pour BOEING et qu’il fallait l’acheminer en ITALIE. Il a dû passer par ROTTERDAM car nous avons encore des ponts hauts de 5,25 mètres, quand il faut qu’ils soient à 7 mètres pour permettre le passage de ces très grands gabarits vers l’un de nos ports ! Quel gâchis à cause d’une courte vue dans nos investissements publics !

Et puis, l’Etat doit répondre présent pour aider le Nord Pas de Calais à rattraper son retard. Rien que les transferts de charge au Conseil Général du Nord, non compensé par l’Etat, s’élèvent à 1 500 milliards d’€ depuis 2004 !

Nous devons réclamer le remboursement des dettes de l’Etat envers la population de la région ! Nous ne devons plus accepter que nos impôts augmentent pour compenser cette dette ! Si on y ajoute la suppression de la TP, la réforme des politiques publiques puis celles des collectivités territoriales, c’est une véritable saignée dans les finances de nos villes et de nos collectivités ! Avec des majorités de gauche dans les régions et les départements, il serait temps que l’on passe de la gestion passive à l’offensive sur cette question !

Tous les combats que je viens de citer en exemples, s’inscrivent dans une démarche de développement écologique responsable, humain et solidaire. Ils nourrissent notre ambition pour le présent et l’avenir du Nord Pas de Calais et de ses habitants. Les chantiers sont énormes, mais les atouts ne manquent pas. Ouvrons alors ces chantiers très rapidement, en travaillant avec nos camarades du Pas de Calais, avec nos élus, avec le monde syndical et le mouvement social pour affirmer notre propre vision d’un Nord Pas de Calais dynamique et solidaire ; un Nord Pas de Calais qui place l’essor de ses territoires et le bonheur de l’Homme au cœur de son développement.

Mener ces combats, c’est non seulement préparer l’avenir mais c’est aussi faire front aux logiques économiques et financières des puissants.

Il y avait avant-guerre les 200 familles qui faisaient la pluie et le beau temps sur l’économie française. Il y a aujourd’hui les dirigeants du CAC 40. Rien au fond n’a véritablement changé. Dans le Nord, ses représentants sont connus. Les familles MULLIEZ, BONDUELLE, LESAFFRE, DURAND et d’autres encore, dirigent de vrais empires, avec des myriades de filiales. Ils ont leur propre vision de la région ; ils ont leurs relais dans les institutions. Mais quels intérêts défendent-ils ? La famille DURAND, propriétaire d’ARC international prépare le bassin de l’Audomarois à un plan social équivalent à la fermeture d’Usinor dans le Valenciennois. Les MULLIEZ quant à eux, sont propriétaires d’Auchan, Leroy Merlin, Décathlon. Mais aussi Flunch, Kiabi, Pimkie, Saint-Maclou, Norauto. Ou encore Boulanger, Cultura, Kiloutou, Jules, 3 Suisses, Alinéa, Brice, etc. Une galaxie d’enseignes sans équivalent qui réalise 52 milliards d’euros de chiffres d’affaires et emploie près de 300 000 salariés. Récemment, une de ses filiales, Kiabi annonçait dans la presse « accélérer son développement, notamment à l’international avec une hausse de son chiffre d’affaires de 27% » et 350 embauches dans la région ! mais pas une salariée parmi les 195 Pimkie licenciées en décembre ! Le clan Mulliez fait la pluie et le beau temps, il prend et jette les salariés au gré de ses besoins du moment ! Nous avons notre mot à dire sur ces choix. Oui, nous pouvons intervenir en amont et nourrir des luttes pour préserver nos emplois dans notre région.

Quant à Monsieur BONDUELLE, qui donne régulièrement sa vision de la région, il revient maintenant avec son idée de péage sur les autoroutes de la métropole lilloise pour limiter les bouchons ! Eh bien, à nous de donner notre vision de la région ; on peut en débattre et on verra qu’il y a d’autres choix pour améliorer les transports que de taxer les salariés qui se rendent sur leur lieu de travail.

Et puis, il y a ces multinationales qui s’installent chez nous, exploitent, et repartent quand elles peuvent réaliser encore plus de bénéfices ailleurs, nous laissant la casse sociale et la pollution.

Regardez TOTAL : 6ème entreprise mondiale en chiffre d’affaires avec plus de 100 milliards d’euros de profits depuis 10 ans et déjà 3,7 milliards sur le 1er trimestre 2010. Son projet de faire une croix sur la raffinerie des Flandres de Dunkerque menace plus de 1 000 salariés, sous-traitants compris. Dans cette affaire, c’est aussi la stratégie industrielle de la France qui est en jeu. Le pays a besoin de raffinage, il a besoin d’assurer son indépendance énergétique. Les 10 000 votes citoyens recueillis sur le Dunkerquois expriment ces exigences avec force. Oui M. Sarkozy, il faut développer l’industrie en France. Le dire comme vous l’avez fait à l’occasion des Etats Généraux de l’Industrie, c’est bien. Mais agir, c’est mieux ! Le monde du travail attend des actes. Contre le choix de TOTAL de liquider son usine de Dunkerque, le gouvernement doit entendre le VETO des populations et des élus. Ouvrons le débat : ne peut-on solliciter la participation de l’Etat dans cet outil essentiel qui naguère était dans le domaine public ?

Des syndicats, des salariés expriment cette demande comme d’ailleurs l’ensemble des communistes du Dunkerquois. Les populations, les territoires passent avant les cours de la Bourse et le pactole des actionnaires. Voilà pourquoi, décidément NON, TOTAL Dunkerque ce n’est pas fini !

Oui le parti communiste a des propositions à formuler, à construire avec d’autres. C’est aussi avec une telle démarche que nous serons plus à l’aise dans les collectivités, au Conseil régional notamment, pour ne pas subir l’ordre du jour bien tranquille d’une institution bien gérée, mais au contraire pour y apporter les combats du monde du travail, pour y porter la voix du peuple de notre région !

Cher(e)s Camarades, vous le voyez, il y a du boulot pour un Parti Communiste Français véritablement bien ancré dans le 21ème siècle.

Ayons bien en tête que rien n’est joué et que l’issue à la crise mondiale se joue aussi en France.

Imaginons un instant que les peuples s’en mêlent et demandent des comptes, refusent de payer cette crise dont ils ne sont en rien responsables. Imaginons une France qui gronde et porte l’exigence d’une autre construction européenne, remettant en cause les Traités européens, imaginons une France qui conteste la domination des marchés financiers et propose un autre système monétaire, au service de l’emploi et de l’émancipation humaine. Oui on peut changer le monde si on change l’Europe… Le peuple de France a déjà mené des combats qui ont bouleversé le monde. Cela peut encore arriver. Et le Parti Communiste Français, qui était en 36, « le Parti du pain, de la paix et de la liberté », qui a été le moteur de la Résistance doit pouvoir retrouver les accents qui ont fondé son existence.

Les peuples d’Europe souffrent, l’extrême-droite se renforce et menace en Italie, en Hongrie, en Autriche, en Flandre… La pauvreté s’étend. Pour combien de temps encore ?

Le Parti Communiste a une responsabilité historique dans cette période. Et dans ce Parti, la Fédération du Nord et ses élus, ses militants, ses adhérents, ses sympathisants peuvent apporter une contribution importante. Le département du Nord est le plus important de France avec ses 2,5 millions d’habitants. Avec nos 7600 adhérents, notre organisation, le poids de nos élus, nous sommes une force qui compte et qui doit participer à l’activité nationale et au rayonnement de notre Parti. Oui les communistes du Nord ont aussi une grande responsabilité dans la période qui s’ouvre.

D’abord en direction du monde du travail.

Je viens d’en parler longuement. Une section économique animera cette bataille, nous permettra de réfléchir et de travailler avec d’autres. Nous engagerons, dès la rentrée des rencontres régulières avec les syndicats, les salariés, nos camarades dans les entreprises, par filière ou par arrondissement, pour construire notre réflexion et porter des combats nouveaux pour l’emploi.

Mettons l’accent sur le renforcement et la formation. Nous veillerons à nous renforcer sur l’ensemble du département. Imaginons le parti dont nous aurons besoin dans 10 ans. Qui sera l’animateur dans chaque section ? Ces futurs adhérents, ces futurs responsables sont aujourd’hui dans les facs, dans les entreprises. Adressons-nous à eux par des grandes campagnes de renforcement. Aidons la JC à poursuivre son développement et invitons-les à participer à nos initiatives. Ouvrons nos sièges, les locaux du parti, partout où nous en avons, pour des journées de rencontres et de discussions entre la population et les communistes.

Nous allons accélérer le programme de formation des adhérents et des responsables du Parti. Dés la rentrée, une école du Parti s’adressera en priorité aux secrétaires de sections, aux membres du CD. Nous devrons aussi créer les conditions qu’un plus grand nombre de femmes puissent accéder aux responsabilités. Mais nous devons aussi ouvrir nos formations à l’extérieur. Edgar MORIN, écrivain et philosophe, citait dans le MONDE le rôle important joué par le PCF auprès des salariés en leur permettant de déchiffrer la vie politique, de prendre conscience de l’existence des classes et d’un combat de classe. Nous pouvons avoir la même ambition. Nous avons les moyens, les intelligences pour mettre à l’ordre du jour de nos activités une université populaire, des rencontres régulières entre le monde du travail, les salariés, les étudiants et des philosophes, des marxistes et des militants communistes.

Nous sommes aussi le parti de la Paix, celui qui s’est battu contre la guerre en Algérie, au Vietnam, en Irak et récemment contre cette sale guerre en Afghanistan. Partout c’est l’escalade de la violence, c’est la force qui domine. Le crime commis contre le convoi humanitaire qui allait porter une aide au peuple palestinien s’inscrit dans ce schéma. Aujourd’hui, réaffirmons fortement que nous sommes, nous serons plus que jamais aux côtés du peuple palestinien comme nous sommes aux côtés des pacifistes israéliens qui souffrent aussi de cette guerre.

Le gouvernement israélien a franchit un nouveau pas dans l’utilisation de la violence d’Etat et met gravement en péril la sécurité de la région.

Le Gouvernement français doit intervenir au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU et au sein du Conseil Européen afin que de véritables sanctions soient prise à l’égard du gouvernement israélien jusqu’à ce que celui-ci lève le blocus de Gaza, cesse la colonisation de Jérusalem Est et de la Cisjordanie et accepte la création de 2 états souverains dans les frontières de 1967 conformément aux nombreuses résolutions de l’ONU.

Nous aurons besoin de prendre de grandes initiatives pour défendre un monde sans guerre.

A cause de la crise mondiale, les nationalismes s’exacerbent. La récente décision du gouvernement hongrois d’attribuer la nationalité du pays aux 3 millions de hongrois répartis dans les pays limitrophes crée des tensions, notamment avec la Slovaquie et ravivent des plaies issues de la Seconde Guerre mondiale. Oui, nous vivons sur une véritable poudrière.

Soyons pleinement le parti de la Paix, célébrons la journée mondiale de la paix, le 21 septembre prochain et profitons-en pour remettre en cause ces dépenses militaires qui ont atteint un nouveau record dans le monde avec 1 531 milliards de dollars, en hausse de 5,9% par rapport à 2008. Voilà encore un secteur qui ne connaît pas la crise ! La France est le 3ème pays par ses dépenses avec 63,9 milliards d’€ : que l’on construise des écoles plutôt que des canons !

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Le Parti Communiste est le parti de la Paix et de la fraternité entre les peuples. Combattant acharné de toutes les formes de racisme, de xénophobie, d’homophobie, il porte en lui l’espoir de construire une société qui place l’homme et son bonheur au centre de ses préoccupations. N’est-ce pas à partir de ce fondement que nous pourrons aborder notre démarche de rassemblement ? On en a beaucoup parlé aujourd’hui. Surtout pour savoir avec qui et comment. Mais la priorité reste le contenu que nous y mettons. Si nos combats sont justes, s’ils sont en phase avec la population, avec les salariés, s’ils répondent à leurs aspirations, nous réussirons. Nous avons parfois tergiversé, cafouillé, bricolé. Nous avons besoin d’être clairs, unis et déterminés.

De nombreux exemples, en France, comme ici avec les TOTAL, montrent que le PCF sait rassembler largement la population quand le combat est juste. Sur les retraites, le succès rencontré par la campagne de pétitions engagée par quelques camarades, comme à Valenciennes, doit nous encourager à aller à la rencontre de la population sur de tels sujets.

Le Parti Communiste sait aussi être à la tête de rassemblements avec d’autres forces, comme nous l’avons fait avec Jacky HENIN, aux européennes ou Alain BOCQUET, aux régionales. Quand même, quelle belle campagne nous avons menée, mariant l’efficacité de notre tête de liste, la diversité des candidats mais aussi l’incroyable force de nos militants qui ont su organiser 150 rencontres locales en quelques semaines ! 12% dans le Nord quand les sondages nous donnaient 9% en janvier et 88 000 voix ! Ceux qui voulaient nous voir disparaître du paysage politique régional en sont pour leurs frais !

Certes on ne peut pas être totalement satisfait quand l’abstention flirte avec les 50%. Tous les partis sont concernés, y compris le PCF. Ce n’est pas non plus le Front de Gauche qui a permis de dépasser cette difficulté.

On a en revanche enregistré de belles progressions dans certaines grandes villes sous l’étiquette du Front de Gauche et montré notre sens des responsabilités, notre respect des différents partenaires.

Demain, nous pouvons continuer d’avancer dans cette voie et pourquoi pas jusqu’aux présidentielles ? De nombreux responsables communistes, lors des régionales, comme ici dans le Nord Pas de Calais, ont montré qu’ils savaient être des animateurs de listes très rassembleurs, y compris avec le Front de gauche. D’ailleurs, les 4 listes du Front de Gauche aux régionales qui ont dépassé les 10% étaient conduite par des personnalités issues de notre parti.

Alors, est-ce si irréaliste que cela de proposer un candidat communiste pour cette élection ? Le débat est ouvert. Je pense que nous avons des personnalités dans notre parti, connues nationalement, qui sauront mobiliser notre force militante, tout en rassemblant largement les forces avec qui nous avons déjà parcouru un bout de chemin ; des personnalités qui sauront parler à l’ensemble des Français, dans leur grande diversité. Nous en avons plusieurs parmi nos parlementaires.

N’oublions pas que cette élection c’est aussi l’occasion d’un grand débat national qui permet à chaque force politique de faire partager ses idées et ses propositions pour la France.

Et ne laissons pas le bipartisme s’installer. Rappelons que la 5ème République, c’est une élection présidentielle qui conduit à concentrer beaucoup de pouvoir dans les mains d’un seul homme. Et puis, ne tombons pas dans le jeu des médias et de leurs chouchous.

Rappelons-nous ce qui est arrivé à José BOVE en 2007 ! Mais souvenons-nous de ce qui nous est arrivé aussi ! Ce n’est pas mieux ! Préparons cette échéance le plus tôt possible, sans crainte et sans complexe, avec l’envie de gagner et de marquer des points et non pas pour sauver les meubles ! Que cette présidentielle redonne de l’espoir et de la combativité au peuple de France et qu’elle serve de tremplin aux luttes comme à nos candidats aux élections législatives qui se dérouleront quelques semaines plus tard ! Le débat est ouvert, poursuivons-le mais n’atterrissons pas trop tard.

Nous aurons de toute façon des exercices pratiques avec les élections cantonales de mars prochain. Décidons de construire les meilleures candidatures pour marquer le plus de points, pour faire ré élire nos 5 conseillers généraux sortants et pour en gagner d’autres ! Posons-nous la question simplement en ces termes : quel est le meilleur choix pour gagner ? Et si c’est un candidat communiste, connu et aimé des masses comme on dit, on serait bête de s’en priver ! Et si nous estimons que nous sommes plus forts quand nous additionnons nos forces, allons-y ! Mais soyons prêts en septembre. Là aussi, jouons gagnant et ne tombons pas dans la cuisine politicienne : ce n’est pas notre genre, c’est même ce que l’on combat.

Oui, l’essentiel est, avec tous les adhérents, militants et sympathisants de notre Parti, de redonner l’espoir à notre peuple. La crise que vit la société française sous le poids du système capitaliste contribue à l’enfermement, au rejet de la politique. Une camarade de Bruay me disait : « Quand la principale préoccupation d’un couple c’est de chercher ce que l’on va manger le lendemain, c’est difficile de faire de la politique ». Ils ont réussi à faire ça : dégoûter de la politique une majorité de l’électorat, ceux qui souffrent le plus de ce système. Voilà un vrai sujet pour les communistes, notamment dans les grandes villes où l’abstention a flirté avec les 70%. Allons voir cette population sans attendre, discutons avec elle de ses préoccupations. Partons de ses problèmes pour tisser des liens avec elle.

Enfin, cher(e)s camarades, ne perdons pas de vue que derrière la mondialisation il y a des classes dirigeantes qui, écrivait André Tosel dans l’Humanité, « protégées dans leur ghetto doré, n’ont plus le sens de la responsabilité des conséquences de leurs actes. Elles sont incapables de penser à long terme. Cette impuissance à penser long contamine toute la société. Pour les uns, il s’agit d’accumuler toujours plus dans l’immédiat en détruisant ou absorbant les concurrents, pour les autres, il s’agit de subsister au jour le jour ».

Oui, ceux qui nous dirigent n’ont plus le sens de leurs responsabilités, n’ont plus de vision à long terme pour notre pays, pour notre planète. Oui, notre combat est bien de rendre le pouvoir au peuple, de contribuer à lui redonner la force de penser un autre monde, et d’inventer une société plus juste et plus humaine !

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