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Fabien Roussel

Publié le 6 mars 2009

38ème Conférence fédérale, 34ème congrès. Introduction

Nous nous retrouvons ce samedi matin pour notre deuxième journée de travail de notre conférence fédérale, pour définir nos orientations. Les trois ateliers se sont réunis hier soir et la commission du texte a mis en débat les amendements venus de toutes les sections. Les 28 délégués de cette commission ce sont réunis ensuite jusque tard hier soir pour ramasser toutes ces discussions et vous présenter, ce matin, le fruit de ce travail. Mission Impossible direz vous ! Allons quoi, serions nous incapable de nous réunir sur ce qui nous rassemble le plus ?

Ce travail intervient après des centaines de réunions, préparatoire au vote pour choisir le texte d’orientation, et après toutes les conférences de sections et de cellules. 136 amendements ont été proposés et 41 contributions ou compte rendu de discussions issues des conférences section nous ont été envoyées. Il faut noter que 80% des amendements sont issues de seulement 3 sections. Pour cette raison, nous tiendrons compte des contributions des sections pour déterminer de qui rassemble les communistes du Nord. Revenons à la préparation de notre Congrès. 2 573 communistes ont voté dans le Nord sur 7 396 inscrits. C’est une participation en hausse par rapport à 2006 mais le résultat est plus surprenant : Pour la première fois, le texte de la direction sortante est dépassé par un texte alternatif. De 91 voix seulement. Nationalement, c’est l’inverse. Ce qui amène les communistes à discuter et amender un texte qu’ils n’ont pas choisi majoritairement. Plusieurs conférences de sections, des cellules aussi, ont d’ailleurs déclaré que ce texte n’était pas amendable. Nationalement, si la BC a recueillie 60% des exprimés, cela représente seulement 21 967 voix soit 16,39% de nos adhérents. Que nous disent les conférences de section ? Je cite un compte rendu qui résume un peu l’état d’esprit « pour un congres extraordinaire, c’est plutôt consternant. Cette désaffection est à mettre au compte de l’insatisfaction de nombreux communistes qui sont toujours en attente d’un projet et d’une stratégie claire ». Un autre dit : « après de longues discussions, une longue gestation, après des assemblées préparatoires, il est apparu que l’éléphant avait accouché d’une souris. Jamais un congrès n’a mobiliser tant de force et de moyen et pourtant, au cours de nos discussions, il est apparu qu’il manquait quelque chose ». Dans le département du Nord, le résultat du vote montre que les communistes sont éparpillés, insatisfaits. Ils se sont presque répartis à parts égales sur l’ensemble des trois textes. Autant dire qu’aucun des trois ne rassemble les communistes. Nous allons pourtant tenter aujourd’hui de trouver ce qui nous unis et ce qui peut nous rassembler.

En tout cas, cette situation, avec trois textes et des tendances de plus en plus affichées nationalement fait l’unanimité, ou presque, parmi les communistes : ils n’en veulent pas. Comme le disent plusieurs sections : « cela ne fait pas partie de notre histoire ». La section de Dunkerque rappelle que ces statuts furent adoptés dans « un but louable. » « On constate à l’usage, la création dans notre parti de véritables tendances en lutte permanente entre les congrès…Ils proposent « la modification des statuts afin qu’une seule base commune élaborée le plus largement possible et amendable soit désormais proposé à nos futurs congrès ». D’autres, très rares, se félicitent au contraire de cette situation et demandent à ce que les directions reflètent en proportion les différentes tendances.

Nous voilà donc appelé à amender maintenant cette BC. Ce travail d’amendement est utile. Il doit nous permettre d’avoir de bonnes discussions. Et il va nous aider, je l’espère à nous rassembler, à nous unir sur une orientation bien lisible.

C’est pourquoi nous avons souhaité travailler à partir des amendements, naturellement, mais aussi à partir de toutes les contributions et PV des conférences de sections pour faire ressortir ce qui nous unit le plus. L’objectif de la commission, comme je l’ai rappelé hier soir : créer les conditions de rassembler les communistes à l’issue de notre conférence, non pas sur le plus petit dénominateur commun, mais sur une ligne claire, une orientation qui rassemble une majorité de communistes. définir cette orientation en amendant la BC et en tenant compte des contributions des conférences de section. Bien sur tout cela sera entériné par les votes de cette journée.

Trois chapitres sont au cœur de nos échanges : la crise du capitalisme, notre projet politique et la stratégie de rassemblement et enfin, l’avenir de notre Parti. Alors, qu’est ce qui nous rassemble ? Concernant le chapitre sur l’état du Monde et la crise du capitalisme : c’est le sujet qui a le plus suscité de discussion. C’est certainement la partie qui a le plus besoin d’être renforcée. Car nous ne devons pas nous tromper sur l’analyse de cette crise. Nous pourrions être tentés de dire que cette crise est celle d’un système en faillite. Le capitalisme et les grands argentiers seraient aujourd’hui affaiblis, touchés, un genou à terre. Non, cette crise est propre au capitalisme. Comme le dit le grand patron de Powéo, Monsieur Charles Beigbeder : « la crise n’est qu’une redistribution des cartes. Les plus audacieux, les plus malins, les plus habiles peuvent en bénéficier ». Autrement dit, les affaires continuent. Si Warren Buffet, multimilliardaire, largement cité dans la dernière période par notre camarade Alain Bocquet lors de ses conférences, a multiplié les investissements ces dernières semaines pour acheter les actions des groupes qui étaient en chute libre, il a trouvé un nouveau maître : John Paulson, célèbre spéculateur : Ses avoirs ont augmenté de 20 à 30% depuis janvier ! Il est à la tête de 36 milliards d’actifs, ce qui fait de lui le patron du plus grand groupe spéculatif du monde ! Grâce à la crise ! Jean Gadrey, que beaucoup de camarades connaissent, faisait l’analyse suivante : Depuis 1988, les valeurs des actions des grandes entreprises du CAC 40 ont augmenté de 120% ! Pendant ce temps, dans la même période, les salaires progressaient de 15%. Vous voyez ainsi rapidement où va la valeur des richesses que nous produisons. De plus en plus dans le capital, de moins en moins dans les salaires. Et cette crise est une bonne occasion, pour eux, les grands argentiers, de se refaire une santé, d’écraser quelques concurrents gênants, de se replacer parmi les géants, d’accélérer les réformes libérales, de racler les fonds de tiroirs des Etats et de repartir à l’assaut de nouveaux marchés. Regardez le géant Arcelor Mittal : alors qu’il explique fièrement en aout dernier que l’on ne produit pas assez d’acier dans le Monde et qu’il va donc faire tourner ces fourneaux à plein régime, un mois après, en pleine crise économique, il annonce la fermeture de 12 fourneaux en Europe ! Et aujourd’hui, il nous annonce la suppression de 9 000 emplois dans le monde dont 6 000 en Europe ! Avec le quasi monopole de la production d’acier dans le monde, il se comporte comme les pays de l’OPEP, les producteurs de pétrole. Il baisse sa production pour faire monter le cours de ses actions ! Il a dégagé au cours du 3ème trimestre un bénéfice de 3,8 milliards d’€, soit 27% de plus par rapport à l’année dernière à la même période ! Enfin, chez nos voisins américains, regardez qui traite la crise : le secrétaire d’Etat au Trésor, encore un Paulson, Henri cette fois, de l’administration Bush, a fait voter un plan de 700 milliards de dollars. Le 3 novembre dernier, le Wall Street journal publie un article scandalisé expliquant que cette aide exceptionnelle allait aider les banques à distribuer 40 milliards de dollars d’arriéré de salaires, de bonus et prime de retraite aux grands patrons de la finance. Henri Paulson, ancien directeur général de la Goldman Sachs, une des plus puissante banques d’affaire au Etats-Unis, a ensuite servi ses amis : 10 milliards ont été versé à cette entreprise bancaire qui était en soit disant faillite. Ils viennent de distribuer, il y a tout juste 15 jours, 11,8 milliards à leurs dirigeants. Mais ce n’est pas fini ! Leur concurrent direct est la banque Lehman Brother. Si elle s’est écroulé, entrainant ensuite la crise bancaire que nous connaissons, c’est parce que le ministre des finances américain a refusé de lui venir en aide pour l’éliminer ! Enfin, sachez que la Goldman Sachs a fournit 3 secrétaires d’Etat au Trésor aux derniers Présidents des Etats-Unis. Et figurez vous que le dernier nommé, celui d’Obamah, Timothty Geitner, est un proche des dirigeants de Goldman Sachs. Il a fait partie du trio, avec Paulson, qui a rédigé le plan de sauvetage des banques sous l’administration Bush. Avec Warren Buffet, ils forment un cercle d’amis qui ont tissé leur toile autant chez les démocrates que chez les républicains. Leur devise est résumée par Warren Buffet que l’on ne remerciera jamais assez d’avoir écrit cette phrase que nous fait découvrir Alain BOCQUET« C’est la guerre des classes. Cette guerre nous la menons, nous les riches et nous sommes en train de la gagner ! ». Alors si nous ne mettons pas la riposte à la hauteur de leur combat, à eux, nous ne risquons pas nous aussi de la gagner ! Nous avons en face de nous une organisation puissante composée des 1 100 familles multimilliardaires du monde et des 10 000 multimillionnaires. Ils ont les meilleures écoles, ils sont protégés par les meilleurs avocats, et par des armées de conseillers qui font le boulot à leur place. Ils dirigent le FMI, la Banque Mondiale, la BCE et les grandes institutions économiques. Ils arrivent à se payer des média dont ils se servent pour mener la bataille idéologique ! Et tant que les peuples ne s’en mêleront pas, ils continueront de faire et défaire les chefs d’Etat. Il faudrait en plus que nous payons la facture de leur règlement de compte ? de leur guerre économique ? Voilà où il faut mettre la barre ! Et a-t-on les moyens d’être divisés face à eux, dans cette période ? Non mes camarades. Nous allons nous battre, plus que jamais, pour sortir de ce système, combattre cette logique financière. Parler, expliquer à des millions de français que ce n’est pas la faillite d’un système qui est responsable de cette situation mais bien le système en lui-même, le capitalisme, qui génère tant de souffrance. Nous allons mettre la barre au plus haut et exiger des hausses de salaires, une augmentation forte du pouvoir d’achat, et des investissements pour répondre aux besoins de la population ! Les conférences de sections ont fait l’objet de beaucoup d’interventions sur ce sujet. Je crois que dans notre département, dans notre région, nous devons faire l’analyse de ce qui se passe, notamment dans l’industrie automobile, pour apporter des réponses politiques utile à la population. On ne peut pas accepter que les constructeurs automobiles enregistrent des bénéfices records - 1 467 millions d’euros chez Renault, 733 millions chez Peugeot, 1 milliards chez Toyota – et accepté, au nom de la crise, le chômage technique et des pertes de salaires ! Les salariés réclament 300 € d’augmentation ! Soyons à leur côté ! Je vous fais aussi une proposition : le Président de la République va annoncer des mesures pour ce secteur. Nous lui disons déjà que s’il annonce des milliards pour l’industrie sans exiger le maintien de l’emploi et des salaires, ça n’ira pas dans le bon sens. Tout comme l’annonce de l’extension du Contrat de Transition Professionnel qui va être vécu, en plein période de crise, comme un véritable permis de licencier, c’est la mort lente pour l’industrie. Au contraire, faisons cette proposition aux salariés de l’industrie : Pas de perte de salaires dans l’industrie automobile, chez les constructeurs comme chez les équipementiers et les sous traitant. Chez Renault Douai, la prise en charge des 5 386 salariés couterait 16 Millions d’€ soit 1% des dividendes reçus par les actionnaires sur les 6 premiers mois de l’année. On ne leur enlève pas le pain de la bouche en leur demandant 1% ! Demandons également que les constructeurs ( Toyota, Renault et Peugeot) participent à hauteur de 1% de leurs dividendes à un fond de solidarité pour les sous traitants et les équipementiers de ce secteur qui emploi 20 000 personnes dans la région. Ce sont des PME qui n’ont pas les reins solides comme ces grandes multinationales. Il parait normal que les principaux donneurs d’ordre participent à la sortie de crise en évitant que ces 20 000 salariés subissent du chômage technique et des pertes de salaires. Avec 2% pris sur leurs dividendes, les actionnaires participent à la sortie de crise en maintenant le pouvoir d’achat pour 55 000 salariés de la région ! Oui cette crise offre une opportunité historique aux communistes de montrer le vrai visage du capitalisme, d’inviter la population à s’engager, à se mobiliser pour exiger des moyens de vivre décemment. Cette analyse s’adresse autant aux salariés, qu’aux chefs d’entreprises, aux PME et aux artisans, aux responsables associatifs, aux responsables syndicaux. Nous pouvons avoir ensemble la même lecture de la crise. Nous sommes les seuls, en ce moment, à organiser des débats sur ce thème, à inviter la population à en parler. De nombreuses conférences de sections ont pris comme décisions, de multiplier, dés le mois de janvier, des rencontres avec la population sur ce sujet. Bien analyser cette crise, comme je le disais, ça nous permet de ne pas nous tromper de combat et de bien réfléchir aux outils qu’il nous faut pour le mener.

C’est toute la question du chapitre consacré à notre projet politique et à notre stratégie de rassemblement. La aussi, le besoin de clarifier et de préciser a été formulé par de nombreuses sections. Concernant le projet, la base commune appelle à « un nouveau projet et à un nouveau chemin pour le changement ». Pour beaucoup de camarades, tout cela reste encore trop flou. Encore une fois, il ne s’agit pas de dénaturer ce qui est écrit, mais de préciser. Le débat est d’ailleurs utile car cela permet de clarifier. Les conférences de sections appellent à l’élaboration – je cite- « d’un projet communiste, d’un programme en rupture avec le capitalisme, s’opposant fermement à toute idée d’accompagnement du capitalisme, un projet clair rassembleur pour un changement profond et durable de la société ». Un « nouveau projet politique de transformation » n’est pas assez clair. Les communistes s’appuient d’ailleurs beaucoup sur la crise du capitalisme pour demander que le PCF apporte une réponse politique à la crise mais plus encore, une réponse communiste. Une réponse communiste, emprunte de nos réflexions, à la lecture du Marxisme, et enrichie de nos expériences. A titre d’exemple, beaucoup de sections appellent à des nationalisations quand la BC propose « l’appropriation publique et sociale des biens communs de l’humanité ». Nous aurons un débat sur ce sujet. Des amendements demandent donc que, plus que jamais, nous mettions en avant un projet communiste. « Il faut être nous même et ne pas avoir peur de nous » écrit un section. La Base Commune propose un projet politique, de changement à vocation majoritaire, « la construction d’un front progressiste et citoyen qui pourrait lier le développement d’une dynamique citoyenne et l’objectif d’une union des forces politiques de gauche susceptible de prétendre construire dans notre pays une majorité de changement ». Cette idée revient d’ailleurs souvent, faisant le cœur de la stratégie proposée : être à l’initiative d’une dynamique politique à vocation majoritaire. Si bien sur personne ne peut être opposées à cet esprit, là aussi, les communistes sont en demande de plus de précisions et apportent leur réponse : Oui, ils sont pour des constructions majoritaires pour le changement, mais pas à n’importe quel prix : D’abord sur la base d’un contenu qui ne s’accommode pas du capitalisme, ensuite en donnant priorité au rassemblement dans la proximité, au rassemblement populaire et donc sans refaire l’union au sommet ! Et enfin, en se fixant l’objectif de faire remonter l’influence de notre Parti dans le pays ! Ces précisions sont utiles car quasiment toutes les contributions portent ces exigences. Elles demandent que le PCF se dote d’une ligne claire, lisible et expriment de grands doutes à refaire l’union avec d’autres forces politiques. La section de Fourmies « appelle largement les communistes à se rassembler sur une ligne politique claire et lisible, c’est la condition indispensable de la renaissance d’un Parti Communiste qui saura faire vivre l’idée généreuse du communisme au 21ème siècle ». La section de Tressin titre sur « réussir le rassemblement populaire majoritaire » car, explique-t-elle dans sa contribution, « ce sont les capacités humaines à transformer la nature pour répondre aux besoins des hommes et des femmes qui sont à la source du progrès de notre société depuis son origine ». Les expériences passées en ont échaudé plus d’un. Pire, nos stratégie d’union des forces, quelles soit de gauche ou antilibérale, « ont suscité beaucoup d’espoir, » précise une contribution, « mais ces espoirs ont été vite déçus par la suite ». Alors, faut-il rejeter toute forme d’union, toute idée de front progressiste, alliant les citoyens et les forces politiques de gauches ? Je ne vous cache pas que des camarades n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour qualifier le PS, ses dirigeants et toute forme d’alliance avec ce parti. « Il faut refuser toute forme d’alliance avec le PS » écrit une section ». Il est libéral. Oui. Il tourne le dos aux intérêts du monde du travail. Re oui. Il signe les traités européens, appellent à voter la constitution européenne, vote les modifications de notre constitution pour adapter nos lois à celles, très libérales, de l’Europe. RE re oui ! ON peut donc comprendre que des camarades s’exaspèrent quand le PCF, à son plus haut niveau et en pleine crise financière, décide dans sa première démarche à confronter son analyse avec…le PS. Ou quand nous lançons une grande pétition pour défendre le service public de la Poste avec les même qui ont signé son arrêt de mort en signant le Traité de Lisbonne ! Oui les communistes demandent aujourd’hui de ne plus nous enfermer dans des tête à tête avec d’autres forces politiques, qui plus est le PS. « Soyons nous même, menons l’action d’abord avec les gens avant de négocier avec les appareils sociaux démocrates ! » demande la section de Raismes. Mais peut-on pour autant dire que l’UMP et le PS, c’est pareil ? D’autres camarades, d’ailleurs, regrettent cet état de la gauche, son affaiblissement, ses divisions. Et ils ont raison. Une conférence de section de écrit « nous voulons un Parti revivifié, qui arrêtera de naviguer à vue, de prétendre incarner la révolution à lui tout seul et qui montrera dans la politique sa volonté de rassembler toutes les forces, mouvements ou formations, porteurs de lutte d’émancipation ». Car bien sur il ne s’agit pas non plus de croire que le grand soir, c’est pour demain. Ni de croire que l’on redonnera espoir aux français en décidant que jamais plus les forces de gauches ne s’uniront ! Ne laissons pas un boulevard à la droite et aux forces de l’argent et ne devenons pas la LCR ou LO. Quand les discussions sont poussées un peu, les communistes admettent d’ailleurs que seul, nous ne gagnerons pas. Ils en font la démonstration localement, là où, pour battre la droite ou faire gagner nos listes, nos candidats, ont su rassembler largement toute la population et donc toute la gauche ! Alors, oui, l’union sera toujours un combat. Sinon, les forces de l’argent resteront au pouvoir longtemps. Pour Dunkerque, « les rassemblements des forces de gauche ne devraient pouvoir se faire qu’avec ceux qui acceptent de prendre toute leur responsabilité, dans toutes les structures, là où les rassemblements se forment, et que la démocratie soit respectée à chaque fois qu’une consultation est organisée au sein de ce rassemblement. ». Pour une autre « notre Parti, sans perdre son identité, doit être à nouveau le moteur d’un rassemblement le plus large possible des forces antilibérales face à la politique de Nicolas Sarkosy ». Mais pouvons nous parler de l’union avec d’autres forces sans parler d’abord du rassemblement avec la population, sans se fixer l’objectif d’une union populaire ? Henri Malberg, dans une tribune publiée dans notre journal, disait d’ailleurs « le rassemblement n’est pas qu’une question d’organisation politique, c’est peut être aussi et surtout l’unité du monde du travail et de la création ». Quand nous organisons les mardis de la colère, la marche pour l’emploi, Malo, la tournée du PCF avec un bus comme cet été, ne travaillons nous pas, dans le Nord, à construire cette union avec les français, sur la base de revendications ? Oui nous avons une expérience dans notre département à mettre en valeur pour travailler sur cette question et nous aider à avancer.

Ensuite, des sections veulent poser la question de l’influence du PCF. C’est vrai que c’est un choix. Comme nous l’avons fait dans le Nord de présenter des candidats partout lors des dernières élections cantonales. Cette orientation qui est la notre, dans le Nord, nous conduit à être aujourd’hui une force politique qui compte dans le département, respecté et écouté et pouvant s’appuyer sur un réseau d’élus important. Cela nous permet aussi d’avoir les moyens de discuter avec d’autres forces politiques, notamment le PS, sans en rabaisser sur les contenus. La conférence de section d’Escaudain le dit à sa manière : « exigeons une stratégie ambitieuse et offensive qui nous libère d’orientation qui nous rendent dépendante du PS ». Oui, nous sommes plus fort pour parler de l’union quand parallèlement, nous réussissons à faire progresser l’influence du PCF. Un Parti Communiste plus fort et plus influent, c’est salutaire pour notre pays et c’est salutaire pour toute la gauche !

Nous aborderons également dans ce chapitre la question des élections européennes. La aussi est proposé de construire un front progressiste et citoyen, avec les citoyens et avec des forces progressistes. Une section pousse plus loin la réflexion et appelle à ce que le PCF « œuvre résolument à ce que ce constitue des listes unitaires les plus larges de toutes les forces politiques pour réorienter la construction européenne. ». Une autre partage cette idée de Front en ajoutant « sans fusion ni confusion, sur la base de la dynamique de travail mené en 2005 contre le projet de traité européen ».

Enfin, la base commune traite de l’avenir du PCF. La Base Commune affirme sur ce sujet, « la voie de la transformation du PCF nous apparaît plus féconde que celle de la recherche de la constitution d’un autre parti aux contours incertains ». Les autres textes alternatifs affirment la même chose. Il y a donc du commun chez les communistes et c’est déjà beaucoup : nous sommes attachés politiquement à notre Parti et nous le trouvons plus que jamais utile. Les débats portent sur les transformations. Des camarades proposent même des « métamorphoses » et depuis des débats sans fin se sont ouverts sur le sens de ces deux mots. Je vous propose de ne pas tomber dedans. La aussi, les conférences de sections se sont exprimés assez clairement. Les communistes comme l’écrit Alexandre Basquin dans un texte adopté par deux sections du cambrésis, veulent un Parti « en rupture avec ce qu’apporte et propose les autres partis de gauche et ce dans ses convictions comme dans ses pratiques ». Oui à un PCF plus fort, plus grand, plus moderne et plus en phase avec la société. Sur ce sujet, les camarades demandent d’ailleurs que l’on ne se paye plus de mots. Beaucoup de contributions demandent qu’au moins, ce qui est décidé, soit mis en œuvre. Il y a une sorte de lassitude, voir de colère, à lire des textes qui affichent comme priorité le renforcement, l’adhésion, la souveraineté des communistes, la formation, l’implantation des communistes en entreprises et qu’ensuite, personne n’y donne suite. C’est une responsabilité collective. C’est une responsabilité aussi de direction, au niveau d’une section, d’une fédération et au plus haut niveau que d’impulser une telle bataille.

Dans le nord, avec 7 396 adhérents, nous avons 4 311. Oui, nous avons un problème et de sacrés défis à relever en matière d’organisation. Certaines sections n’ont toujours pas de fichier à jour de leurs adhérents. La perte de la pratique de la remise de carte nous fait perdre beaucoup de camarade. Alors, il ne s’agit pas de revenir en arrière mais nous devons quand même nous poser des questions sur notre organisation. Sur ce sujet, permettez-moi de citer la campagne de Barak Obama, le nouveau Président des Etats-Unis, qui a mené, d’après les observateurs, une campagne atypique, emprunte de modernité et qui a suscité une vrai dynamique populaire : Je cite : « Dés l’annonce, en février 2007, de sa candidature, il a été demandé aux personnes venues assister à l’un de ses meetings d’inscrire leur é mail, leur n° de tel et lieu de résidence en échange d’un billet d’entrée. Une manière automatique d’alimenter la base de donnée ». L’équipe d’Obamah a ensuite envoyé un courrier à toutes ces personnes en leur demandant s’ils souhaitaient participer à sa campagne, en adhérant au Parti démocrate ou en devenant simple sympathisant. L’article poursuit : »Dans le seul état de l’Ohio, la dernière semaine, 691 858 coup de téléphones ont été passés uniquement dans cet Etat ; 463 958 portes ont été frappés et 9 712 militants ont été envoyés sur le terrain ». Alors, ce qu’ils ont fait à l’échelle d’un pays de 300 millions d’habitants, nous ne pourrions pas le faire. Le défaut de cette campagne est de mettre des dizaines de milliers de militants au service d’une personne, pour une élection présidentielle. Mais imaginer la même chose au service des idées, pour mener les combats émancipateurs qui sont les nôtres !

Admettez quand même quand matière d’organisation nous avons un sacré travail à faire ! Dans certains endroits nous étions plus et mieux organisés pendant la résistance quand le parti était clandestin qu’aujourd’hui, quand plus personne ne s’occupe de nous ! Fixons nous des objectifs dans ce domaine ! Nous aurons aussi l’occasion d’aborder la question du rôle des élus, de leur place dans le Parti. Une section écrit « après les élections, on ne voit plus les élus ou si peu ». Leur place dans les collectivités, le temps passé « dans la gestion », leur rôle dans le Parti, les listes dans lesquels se trouvaient des candidats du MODEM sont autant de sujets que nous aurons à traiter. Je fais confiance à l’ADECR pour alimenter notre réflexion.

Et puis, enfin, la question de l’unité du parti est au cœur de toutes les contributions. L’image terrible que renvoie le PS va rejaillir sur toutes les formations politiques, dont la notre. C’est la pire image qui soit ! Que doivent penser les familles qui rencontrent des fins de mois difficiles, qui souffrent du chômage partiel, ou qui espèrent à un changement de politique dans ce pays ? Ils doivent être dégouttés de la politique et de la gauche en particulier. Alors nous, à l’occasion de notre congrès, nous avons une lourde responsabilité. Nous devons renvoyer un signal fort, justement, pour montrer que toutes les formations ne sont pas désunies comme le PS. Montrons que nous savons nous unir sur l’essentiel et nous rassembler, dans cette période, pour être à coté de la population. Nous n’avons pas l’horizon bloqué par les élections présidentielles. C’est notre différence peut être. Alors montrons notre originalité, soyons unis en cette période pour être dans l’action, avec la population, pour ouvrir l’espoir d’une alternative au capitalisme !

Pour finir, je pense que notre action, notre Parti, notre engagement est plus que jamais d’actualité. La crise du capitalisme nous offre une opportunité historique. Saisissons là. Profitons en pour en faire l’analyse la plus juste et du coup, pour adapter notre riposte. Nous devons être capables de répondre aux coups. Mais surtout, nous devons être capables d’ouvrir un nouvel espoir aux français. Pour conclure, avec les mots d’une section, sous la plume d’un camarade alexandre basquin : « C’est d’une vision claire que se fera le rassemblement et ce n’est qu’avec le peuple que nous fonderons notre légitimité. Le communisme, dans sa recherche du bonheur commun reste toujours une idée neuve

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