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La Jeunesse Communiste

Publié le 6 mars 2009

INTERVENTION DES JEUNES COMMUNISTES DU NORD (conférence fédérale du PCF nord 2008)

(INTRODUCTION...) La jeunesse est une période de la vie, où il y a un besoin d’expérimenter, de découvrir, de tester. C’est à ce moment que l’on construit ses perspectives de vie et que l’on définit ses valeurs, celle qui vont déterminer ses choix. Alors qu’en est il de cette jeunesse aujourd’hui ? D’abord il n’y a pas une jeunesse mais des jeunes. Il y a les jeunes étudiants, ceux que l’on assimile trop souvent chez nous aux étudiants des années 68. Être étudiant aujourd’hui c’est devoir travailler pour payer ses études, son logement, ses transport et sa nourriture (Lille3 50% d’étudiants qui travaillent toute l’année). Ils travaillent et quel travail !, des fast-foods, de la distribution des journaux gratuits, des contrats précaires, quand il y a contrat. Imaginez l’emploi du temps d’un étudiant qui doit assister à plus de 20 heures de cours par semaine, travailler à mi-temps et trouver du temps pour son travail personnel.

Il y à les jeunes lycéens, qui construisent leur citoyenneté. C’est la génération d’après demain qui est aujourd’hui déjà préparée, par Darcos et sa clique, a accepter sans broncher des lendemains qui ne chante plus.

Il y à les jeunes travailleurs, c’est souvent les premiers à subir l’exploitation du capitalisme et justement pour cette raison se sont ceux qui ont le plus de mal à lutter contre. Ils arrivent dans le monde du travail sans culture politique et trouvent un syndicalisme éparpillé. Ce qui peu les conduire à un mode de défense individualiste (pas de conscience collective).

Il y à enfin les jeunes déscolarisés, les oubliés du système, les oubliés de tous les partis politiques. Eux qui sont tellement nombreux dans notre département. Ce sont eux les premiers des précaires et ils sont donc les premiers à être contraint de tout accepter pour se sortir de la misère.

Comment en est on arrivé là ? C’est simple, les capitalistes ont un projet de société rodé dans lequel la jeunesse à toute sa place. Dans ce projet la jeunesse est devenue jetable. En effet elle dispose de moins en moins de protection sociale et travaille donc de plus en plus tôt. De plus l’accès à l’enseignement supérieur est de plus en plus réduit, et l’enseignement lui même se professionnalise. La situation sociale des parents est en chute libre et poussent des jeunes à travailler pour faire vivre la famille. Dans ces conditions les jeunes doivent accepter n’importe quel boulot. La plupart du temps les conditions de travail ou le rythme les poussent à se plaindre ou à craquer. Mais peu importe, ce ne sont pas les jeunes sur le marché du travail qui manquent. On se débarrasse des gêneurs ou des usés et on en prend des tout neuf : C’est la flexibilité du marché du travail. Marx à dit que « Les sans-emplois sont l’armée de réserve du patronat » il aurai pu ajouter que la jeunesse est le fer de lance de cette armée. Pour la droite, cette génération il faut l’éduquer, mais l’éduquer à travailler pour le capital. Alors attention ici ont ne parle pas de n’importe qui ! Si les parents ont de quoi payer on peu mettre ses enfants dans le privé et dans de grandes écoles où il y à des moyens, parfois même donnés par l’état. Et si les parents ne peuvent pas payer il reste l’armée campagne de publicité à l’appui.

Mes camarades ce projet n’en est plus un, c’est notre réalité. La réalité des soldats de moins de 25 ans morts en Afghanistan, chair à canon des intérêts impérialistes. C’est La réalité des émeutes de banlieues, celle de la succession des contrats plus précaires les uns que les autres, celle de la casse du code du travail, celle de la fin de l’investissement de l’état dans ses services publics et notamment dans ceux de l’enseignement, sous couvert de liberté et d’autonomie. Ce désengagement profite aux entreprises car elle transforme le secteur public de l’éducation en gigantesque ANPE et le privé en école de formation de dirigeants issus des classes supérieures, c’est l’éducation à deux vitesses. La réalité c’est que le travail à changé de signification, pour beaucoup c’est une corvée qui s’effectue sans joie. On précarise à l’extrême, en dix ans 130% d’augmentation du nombre de contrat en interim, 60% pour le CDD et 2% pour le CDI. Il est donc normal que notre jeunesse refuse cette conception du travail.

Alors elle résiste ! Résister c’est se défendre, répondre à une attaque. Beaucoup de jeunes ces dernières années ont résisté, ils se sont défendus lorsque l’on à pris d’assaut le système d’enseignement supérieur avec la réforme LMD, lorsque l’on à voulu saborder le BAC avec la loi Fillon et même lorsqu’on remis en cause le droit à la retraite en 2003. Le gigantesque mouvement de contestation à l’encontre du CPE à uni pour un temps les forces de résistance de notre pays jusqu’au retrait de ce contrat infâme. La lutte contre la loi LRU fut un combat dur et éprouvant qui se poursuit aujourd’hui. La jeunesse ont la voit manifester actuellement contre les suppressions de poste et la casse du système d’enseignement et des systèmes publics en général, sur le rapport pochard, ...etc

Résister c’est refuser l’avenir que nous prépare les capitalistes : les Sarkozy et les Darcos, les Bouygues et les Dassaut, les Bush et les Mac Cain, les Obama. Résister c’est refuser l’avenir où le pouvoir économique a le premier et le dernier mot.

Et pourtant, malgrès tout cela, rien n’a changé, ou plutôt les attaques reviennent toujours sous d’autres formes et les réactionnaires finissent toujours par l’emporter. Pourquoi ? A la JC on pense que trop souvent, lorsque nous luttons, nous oublions l’aspect majeur de la résistance. Résister c’est défendre, se défendre mais c’est surtout créer. A l’instar du Conseil National de la Résistance qui créa les bases concrètes des acquis que nous défendons aujourd’hui, nous devons penser et déjà construire la société de demain. C’est dans cet esprit que la JC entame aujourd’hui une campagne pour « DE NOUVEAUX DROITS POUR LES JEUNES ».

C’est une campagne qui commence à la base, au local. Chaque camarade de la JC va réfléchir sur les besoins et les attentes de la jeunesse dans sa ville. De quoi les jeunes autour de moi ont-ils besoin ? Que nous manque t-il ici ? Un local municipal pour les jeunes, un accès facilité pour le théâtre de la ville, une aide financière pour s’installer dans la ville ou pour y étudier...etc. Ces droits doivent êtres garantis aux jeunes car trop souvent cette période de la vie est une période de précarité, mais c’est à toutes les personnes précaires qu’ils doivent à terme être garantis. Le même type de réflexion sera menée au niveau du département, de la région et nationalement. L’objectif est de développer de nouveaux acquis et de nouvelles méthodes pour alimenter notre projet communiste de transformation de la société. Cela permet également à la JC de mettre en dynamique autour d’elle des associations, des syndicats, des médias, des élus et des collectivités.

Les axes de batailles de cette campagne sont :

  • de nouveaux droits pour une éducation de qualité (engagement de l’état,
  • une formation et un travail décent (stable, rémunéré, travail qui émancipe)
  • de nouveaux droits au logement
  • un meilleur accès à la santé
  • à la culture
  • aux transports
  • droit à la citoyenneté (cf. conseil de lycée, ...)

Cette campagne à également vocation à structurer la JC sur tout le territoire.

Qu’est que la JC en fin de compte ? Comme vous le savez, la JC ça date. Ça date même d’avant le PCF, presque un mois avant. Pourquoi la JC a été créée ? Pour structurer au plus prés de la jeunesse et par la jeunesse, un mouvement visant l’autonomie de la pensée, l’émancipation de tous et le dépassement du capitalisme. Nous tentons de construire ensemble des clefs permettant aux jeunes d’analyser et de comprendre par eux mêmes le monde qui les entoure....et d’agir en conséquence. Comment ça marche ? Eh bien cela va vous rappeler quelque chose. Nous sommes structurés localement par des unions de villes composées de groupes qui correspondent à une ville ou un quartier. Départementalement toutes ces unions de villes se rassemblent dans une fédération. Le conseil départemental est l’organe de direction et un bureau fédéral assure le bon fonctionnement de l’ensemble. Les fédérations se retrouvent dans le mouvement national, autour d’un conseil national et d’un bureau. Qu’est ce que cela veut dire pour nous ici ? Cela veut dire que chaque camarade en responsabilité dans le parti peut trouver son équivalent dans la JC. Hélas les « réorientations » du mouvement communiste dans les années 90 ont grandement diminué l’implantation dans le territoire de la JC amenant sa disparition presque totale hors région parisienne. Cela fait 4ans que nous tentons de nous redévelopper dans le département et, d’une malheureuse dizaine en 2004 nous sommes aujourd’hui près de 300 en comptant l’union des étudiants communistes. Beaucoup militent en métropole Lilloise mais depuis deux ans nous avons de plus en plus d’unions de ville hors métropole.

Qui sont les jeunes de la JC aujourd’hui ? Eh bien je vais vous surprendre camarades, nous avons des fils et des filles de communistes mais très peu. Les jeunes qui adhèrent aujourd’hui le font lors de difs. de tract, de campagnes politique pour le non à la constitution européenne par exemple de luttes sociales ou lors de la conférence fédérale du Parti communiste français. Bien souvent ces jeunes ont décidés de s’engager parce qu’ils nous ont vus en train de lutter, parce que des jeunes ont discuté avec eux et les ont convaincus de se battre. Au départ, ces jeunes ne savent pas ce que c’est le communisme, l’histoire du PC ou Lénine ou Karl Marx. Ces jeunes se sont juste des jeunes qui en ont marre et qui veulent lutter et si ils arrivent chez nous c’est qu’il perçoivent notre volonté de construire derrière notre contestation. Nous faisons de la formation pour ces camarades mais cette formation se fait surtout par le terrain. Pourquoi ? Car nous manquons d’intervenants, de moyens. Pour nous il est difficile de préparer des formations théoriques car nous sommes ces jeunes, ceux qui doivent bosser et étudier ou ceux qui travaillent de l’aube à l’aube ou encore ceux qui sont sortis trop tôt du système scolaire. De plus nous n’avons pas de permanents à la JC pour travailler sur ces questions.

Notre activité est militante à l’image du parti nous avons des campagnes , des tracts, des lignes qi nous sont propres. Cela fait quatre ans que nous menons des combats, des luttes. Nous avons développés une expérience en analyse politique et en méthodes de terrain. En théorie JC et PCF s’enrichissent mutuellement et politiquement. Cela veut dire qu’il faut développer des automatismes pour solliciter la JC, pas seulement pour être les manutentionnaires du parti , mais bel et bien pour apporter ses analyses et ses expériences. Cela peut paraître évident mais dans la pratique on en est encore loin. Cela fait plus de quatre ans que des jeunes se sont organisé autour du communisme dans la région et trop souvent notre relation avec le parti se résume à porter des cartons. solliciter la JC cela ne veut pas dire me solliciter juste moi, secrétaire fédéral. Cela veut surtout dire qu’ils faut savoir associer intelligemment les jeunes communistes présents sur notre territoire, aux débats qui sont fondamentaux pour notre combat commun. Il faut créer des espaces communs de réflexion entre le parti et la jeunesse communiste au niveau local. Au niveau départemental les commission du CD parti et de la JC ne peuvent t’elles pas réfléchir ensemble autour de certains sujet communs, par exemple au sujet des jeunes travailleurs, de la structuration en entreprise ou au niveau des réformes libérales qui touchent l’éducation.

La JC est indépendante cela veut dire que même si nos organisations se nourrissent mutuellement, la JC est maitre de ses propres décisions. En effet, durant notre histoire cela nous a permis de préserver des lignes politiques, qui pour nous allaient dans le sens d’un changement de société, quit à devoir prendre des distances vis-à-vis de celles du parti. De plus il faut prendre conscience de la défiance actuelle de la jeunesse vis à vis des partis politiques . Dans ce cas l’indépendance nous permet d’être une interface efficace entre une jeunesse dépolitisée et le parti politique. Tous les adhérents de la JC ne sont pas nécessairement adhérents du PCF. Dans le Nord, un peu plus de 50% des JC sont adhérents du parti. Certains JC travaillent avec nous mais ne seront probablement jamais adhérents du PCF. Pourtant nous les considérons comme des camarades militants et nous pensons qu’il n’est pas nécessaire d’avoir sa carte au PCF ou à la JC pour être communiste. La JC est pour nous un outil à mettre à disposition de tous ceux qui veulent une société plus juste. La question est : que fait le parti des JC qui adhérent chez lui ? Ces jeunes ont une expérience militante et sont donc des atouts pour le PCF. Cependant la JC n’est pas une « réserve » dans laquelle le PCF peut puiser à souhait, cela détruirait l’organisation (cf. JC Paris). Mais c’est aux jeunes de choisir de s’investir s’ils le désirent dans le parti, et à lui de leur donner la place pour le faire.

la JC, est invitée à cette conférence en tant qu’observatrice mais nous voudrions vous faire partager un constat en lien avec l’un de vos débats. On entend que les camarades ont du mal à définir ce qu’est : être communiste. Par contre, nos ennemis savent ce que le communisme représente pour eux. Et pour défendre ses intérêts contre le communisme, et contre sa jeunesse, la classe dominante est prête à tout car elle nous considère comme son ennemi. C’est le cas de tous les parti communistes du monde, mais c’est aussi le cas des organisations de jeunesse communiste : Aujourd’hui, quand ont est JC en Colombie on peut se faire assassiner par les milices gouvernementales, quand on est JC en république tchèque on est déclaré organisation illégale par le gouvernement, lorsqu’on est JC au Liban on peut se faire abattre parce qu’on s’est battu pour la laïcité, lorsqu’on est JC en France on peut se faire matraquer par les CRS sur un domaine universitaire parce qu’on a décidé de refuser la casse du service public d’enseignement, on peut se faire refuser l’autorisation d’entrée sur le territoire Israélien au simple prétexte qu’on est militant, et en France lorsqu’on est JC et syndiqué on peut se faire menacer d’exclusion par son propre syndicat étudiant.... Alors camarades si nous sommes un danger pour eux cela signifie que nous représentons une véritable alternative au projet qu’ils proposent, et que nous avons donc une responsabilité supplémentaire à porter haut et fort ce projet alternatif d’une autre société.

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