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Alexandre BASQUIN

Publié le 18 novembre 2008

Une unité retrouvée pour une ambition partagée

En ces temps de crise financière mondialisée, jamais les théories et les pensées de Marx n’ont été autant d’actualité.

Nous en sommes tous convaincus, il est grand temps que notre Parti, le Parti Communiste Français, porte haut ses valeurs.

Des valeurs qui entendent bousculer ce capitalisme ravageur dont les dégâts sont immesurés, et les souffrances qui en découlent toujours plus accrues pour notre peuple.


Pour cela, les communistes doivent être, plus que jamais, unis. Unis autour de combats communs et dans des luttes constructives. C’est là tout le sens de notre 34ème Congrès et de l’avenir de notre Parti : une unité retrouvée pour une ambition partagée.

Une unité retrouvée car nous ne pouvons plus admettre que notre Parti puisse égrainer des esprits de boutiques, des querelles de personnes, des égoïsmes et des nombrilismes, ou encore des donneurs de leçons.

Là n’est pas notre rôle. Cela ne peut que conduire, et nous le voyons bien aujourd’hui, à des dérives claniques (« La lutte des places ne doit pas l’emporter sur la lutte des classes »).

D’ailleurs, je suis de ceux qui expriment sa colère lorsqu’on lui propose de choisir tel ou tel texte, d’amender telle ou telle partie de texte, … Je ne veux pas choisir. Je ne veux pas amender. Et j’entends le signifier vivement dans cette contribution. L’heure n’est pas à l’éparpillement. Où allons-nous avec cette multiplication de textes, si ce n’est à nous diviser un peu plus encore, et à nous amener dans une position étriquée où la base commune de discussion ne recueille qu’un quart des voix des adhérents inscrits.

Alors, aujourd’hui, voyons ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise. Lutter au quotidien contre le capitalisme, voilà sur ce quoi il faut avancer. Quelle ambition avons-nous pour porter haut et fort notre combat, nos aspirations, nos idées ? Comment répondre aux attentes de la population, elle qui a tant souffert et souffre encore des désastres économiques, sociaux, environnementaux …, depuis des décennies ? Comment redevenir un parti de masse, qui parle aux gens et qui les comprend, à la hauteur des enjeux de société et de nos propositions ? … C’est bien là, je pense, les questions que se posent les communistes, au-delà des logiques d’appareil et des discussions au sommet.

Les militants que je côtoie au fil des rencontres m’expriment un sentiment fort, que je partage.Ils souhaitent vivement que la Direction du Parti leur propose une feuille de route claire, ambitieuse et audacieuse. Une Direction Nationale qui mobilise au delà des clivages partisans. Qu’elle soit « l’aiguillon » qui impulse des dynamiques et des actions reprises sur le terrain par tous les communistes. Une Direction qui parle d’une seule voix, et non une Direction émiettée, où l’on admet que certains dirigeants soutiennent publiquement un autre candidat que celui désigné par le Parti et ses membres lors de la dernière élection présidentielle, pour ne prendre que cet exemple.

Les communistes, là où ils vivent leur militantisme, ont besoin de visibilité, d’un discours cohérent, et d’un message porteur d’espoir qui défie toutes nos difficultés.Nous devons nous retrouver autour d’un projet fédérateur et offensif, résolument tourné vers l’avenir.

Notre Parti doit être en rupture avec ce qu’apporte et propose les autres partis de gauche, et ce, dans ses convictions comme dans ses pratiques. Il se doit d’être celui qui donne la parole au peuple, qui est à son côté, qui porte ses revendications, qui défend ses intérêts. Il doit être le Parti qui incarne le peuple. Un Parti qui ne se coule pas dans le moule et qui est relation permanente avec les salariés, les syndicats, les chômeurs, les plus démunis,…

Alors aujourd’hui, un véritable « Boulevard » s’ouvre à nous, entre un Parti Socialiste qui se rapproche chaque jour un peu plus du Centre et ne se cantonne qu’à accompagner et réguler l’économie de marché ; et le NPA qui ne se résume qu’à une contestation inconstructive et n’existe qu’à travers la popularité et l’attraction médiatique de son chef de file.

Il nous faut exploiter cette donne.

Le PCF ne sortira de l’ornière que s’il a le courage de penser qu’il peut rassembler derrière ses couleurs, et dans le respect de tous.

A ce titre d’ailleurs, il nous faut aller à l’école de nos erreurs. Nous avons en effet vécu les échecs de la gauche plurielle et des collectifs antilibéraux. D’un côté, le PCF a été noyauté dans une majorité étouffante et où il ne pouvait s’exprimer et n’en avait pas la volonté ; De l’autre, il a eu la naïveté de croire que derrière sa candidate, il aurait pu rassembler des égos nommés Besancenot, Bové, Autain…, lors de la Présidentielle.

Désormais, où que l’on soit et quoi que l’on fasse, les rassemblements futurs ne doivent plus nous empêcher de nous exprimer avec force, de conserver notre identité, notre autonomie et notre libre arbitre. Surtout d’être écoutés et respectés. Ne nous bornons plus à nous rapprocher soit du PS, soit des antilibéraux ou de l’extrême, au gré du vent. Soyons nous-mêmes, avec notre authenticité. C’est dans ce sens que nous serons reconnus.

Un Parti communiste qui doit s’appuyer sur ses militants et qui a les deux pieds dans la glaise. Un Parti révolutionnaire qui porte des valeurs de fraternité, de solidarité, de respect et d’humilité. Un Parti fier et digne, qui retrouvera sa crédibilité à travers un travail de mobilisation des militants sur le terrain et au quotidien. Mais surtout un Parti qui n’abdique pas, qui ne copine pas, qui ne se « boboïse » pas, et qui ne se dénature pas.

Alors aujourd’hui, plus que jamais, nous devons porter tous ensemble notre projet politique : un changement de société en phase avec les aspirations de notre temps. C’est d’une vision politique claire que se fera le rassemblement. Et ce n’est qu’avec le peuple que nous fonderons notre légitimité. C’est ensemble que nous y parviendrons en conservant à l’esprit cette maxime : « être révolutionnaire c’est faire là où l’on est ».

Le communisme, dans sa recherche du bonheur commun, reste toujours une idée neuve. Nous le vivrons qu’à travers une unité retrouvée pour une ambition partagée.

Alexandre BASQUIN


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