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Jean Pierre Tonder

Publié le 12 novembre 2008

Contribution de Jean Pierre TONDER Fédération du Nord Section de Wattrelos

Nous sommes à l’heure des choix. Rien n’est écrit d’avance.

Nous sommes à une période charnière. Tout se joue maintenant mais rien n’est écrit d’avance. Un recul de civilisation, loi après loi, se met en place en France sous l’impulsion de Sarkozy et de son gouvernement dont une ministre se trouve dans notre département. Le capitalisme en crise cherche des solutions dont les conséquences pour les hommes et la planète risquent d’être très importantes. Des luttes s’organisent et des ripostes se font jour. Contribuer à leur donner plus d’ampleur et à les nourrir politiquement s’avère indispensable. Changer de société, dépasser ce système capitaliste est la question d’actualité.


« Si l’on veut ce changement, alors rien ne peut nous faire renoncer à cette ambition de rassembler largement une majorité de notre peuple acquise aux valeurs de progrès social et démocratique – c’est cela la gauche ». Je partage cette réflexion.

Comment y parvenir et comment aussi gagner contre Sarkozy ? Avec qui ? Ces questions, il appartient aux communistes d’y répondre clairement en lien avec la réalité de notre époque.

Soyons clairs allons nous laisser ces hommes et ces femmes, agressés par la politique de Sarkozy, sans espoir et sans perspective d’une vie meilleure ? Ma réponse est non, ce qui pour moi ne signifie pas non plus refaire ce qui a échoué à gauche. Par compte nous pouvons par exemple prendre des initiatives de rassemblement, construites pour qu’elle soit les plus utiles et efficaces possible (ex. la marche, du Medef à l’Elysée, pour les salaires). Ou encore participer avec d’autres à des initiatives communes pour gagner (ex. la poste). Dans les deux cas, c’est avant tout convaincre politiquement qu’il est possible de changer de politique et de société par l’intervention quotidienne et politique des citoyens eux-mêmes.

Les conditions de la victoire du NON en France sont diverses. Mais cette victoire aurait-elle était possible sans la qualité de l’argumentation politique déployée par les communistes ? Aurait-elle était possible sans l’engagement militant des communistes ? Aurait –elle était possible sans le rassemblement de gens de gauche (électeurs socialistes, communistes, verts, écologistes, alter mondialistes, démocrates, républicains, etc..) se nourrissant les uns les autres de leurs réflexions et engagement citoyen ?

La solidité d’un rassemblement populaire se mesure à la place majeure qu’occupe les citoyens et à la qualité des idées et propositions qu’ils ont fait leur. L’utilité des communistes, leur raison d’être, se mesure à la qualité de leur intervention pour obtenir ce résultat.

La conception du rassemblement autour d’un parti ne met pas le citoyen au centre du processus de changement de société. Un rassemblement de citoyens avec les partis, syndicats et associations peut s’avérer utile pour essayer de gagner par exemple contre les franchises médicales mais n’est pas suffisant. Il appartient aux communistes de tout faire, tout au long de se processus, pour que le citoyen garde la maîtrise politique de l’initiative. Nous le savons, face à Sarkozy, le manque de perspective politique des partis de gauche, ne rend pas visible, pour le citoyen, une issue éventuelle et un espoir pour changer sa vie.

Par nos propositions, nos comportements et en faisant voir une conception nouvelle du rassemblement nous pouvons ouvrir un chemin.

Pour construire, dans la réalité d’aujourd’hui, un rassemblement politiquement majoritaire et durable et pour gagner tout ce qui peut l’être, il nous faut éviter deux écueils. Le premier refaire ce qui a échoué à gauche. Le second construire un rassemblement uniquement autour des communistes. Essayer, expérimenter, prendre des initiatives innovantes - espaces citoyens, fronts progressistes et citoyens, etc..(peut importe le nom) est essentiel. Nous ne pouvons pas ne rien faire, nous ne pouvons pas rester inactifs et immobiles.

La recomposition politique qui s’accélère aujourd’hui peut, à la fois, être propice à des avancées et à des rassemblements positifs, mais aussi propice à brouiller davantage les repères des uns et des autres. Dans les deux cas l’immobilisme de notre part est gage de difficultés accrues pour notre peuple.

Le rapport de force politique et idéologique a franchi une nouvelle étape. Le capitalisme financier a révélé les milliards d’euros, en sa possession. Le recentrage à droite prévisible du PS se fait jour à l’occasion de son congrès. Tout est ouvert pour démontrer la modernité de notre combat communiste.

Dans la préparation de notre congrès la question de l’avenir de notre parti a été au cœur de nombreuses discussions. Cette question est maintenant tranchée : le parti communiste français demeure. Une autre est à aborder : celle de sa transformation pour répondre aux objectifs de l’époque dans laquelle nous sommes. Si l’époque a changé l’outil doit se transformer pour atteindre ses objectifs.

Il nous faut des communistes nombreux pour y parvenir, des communistes à l’image de la société telle qu’elle est aujourd’hui. Des communistes formés politiquement, à l’écoute de leur société. Des communistes actifs sur les lieux de travail, se sentant bien et à l’aise dans leur organisation locale ou d’entreprise. Des communistes libres de s’investir sur les sujets qui leur tiennent à cœur et avec d’autres venant d’autres villes ou d’autres régions. Des communistes curieux de la diversité des points de vue entre communistes et avec les citoyens. Il faut revoir nos façons de nous organiser et aider nos adhérents d’aujourd‘hui et ceux de demain à s’épanouir et à prendre plaisir dans un espace fraternel, respectueux des itinéraires différents et des façons de faire de chacun. Il faut des directions convaincues des modifications à entreprendre et décidées à les mettre en œuvre avec l’apport de tous. Il faut aussi de véritables ruptures, n’ayons pas peur des mots, pour donner pleinement aux communistes le rôle central qui doit être le leur.

S’appuyant sur des racines profondes, notre « maison commune » est à réaménager. Avec son nom de « communiste » elle doit aussi revivifier et réactualiser ses principes et ses règles de vie : écoute et respect mutuel, ambition, modestie, désintéressement, confiance, mise en œuvre des décisions majoritaires, contrôle des taches et bilans d’étapes, refus des tendances organisées ou non, démocratie, travail collectif, formation, camaraderie, etc..

Le chantier est immense mais il construit solidement l’avenir. Nous pouvons y parvenir.

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