Jean-Jacques Candelier

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Action de l’Etat sur la gare de triage et SSGF

Publié le 27 janvier 2015
Voir l'article sur le site d'origine :
http://jeanjacquescandelier.fr/spip.php?article673

Environ neuf millions de travailleurs sont à la recherche d'un emploi stable et correctement rémunéré. La précarité explose, la pauvreté s'installe durablement, notamment dans ma circonscription. Des familles sont sacrifiées sur l'autel de la finance et des sacro-saints traités européens, qui imposent le libéralisme économique.

Il faut revoir le financement de l'économie, qui ne doit plus dépendre des marchés financiers. Il faut planifier les activités industrielles, les orienter et mettre fin au laisser-faire.

Je souhaite évoquer deux dossiers du Douaisis, et d'abord celui de la verrerie Saint-Gobain Glass d'Aniche. Ce site n'emploie plus que 190 salariés, contre 500, voire 600 à une époque. L'avenir de ce fleuron de l'industrie est incertain, dans la mesure où le four est à l'arrêt depuis trois ans. Les périodes d'activité partielle se sont succédé et les salariés, inquiets, se sont mis récemment en grève. La direction évoque un redémarrage du site en juillet 2015.

Dans sa précédente réponse sur ce sujet, le Gouvernement indiquait que le commissaire au redressement productif de la région ainsi que la DIRECCTE suivaient le dossier. C'est bien, mais que comptez-vous faire concrètement pour mettre fin à la sous-activité du site et imposer son redémarrage d'ici juillet ?

Deuxièmement, la gare de triage de Somain mérite d'être développée. Cette gare de triage, qui était une des plus importantes il y a vingt ans, n'emploie plus que quelques salariés alors qu'on en comptait 400 il y a quelques années. Il est nécessaire de favoriser les modes de transports écologiques et durables, comme l'impose le Grenelle de l'environnement. La suppression de l'écotaxe ne va pas dans ce sens.

L'État aurait tout intérêt à soutenir la relance de cette gare de triage, qui a un bon positionnement. Il faut faire preuve de volontarisme. À ce sujet, je rappelle que l'enveloppe du contrat de plan État-région est passée, en moins de quinze ans, d'1,5 milliard à 530 millions d'euros !

Pour le triage, un scénario de développement économique local a été présenté dans une étude. Ce scénario doit réussir. L'étude préconise la prise en compte des zones d'activité et des zones industrielles proches du site, notamment la création d'une importante zone logistique, qui permettrait de créer de 300 à 500 emplois.

La question des financements se pose. Il faut favoriser cet investissement nécessaire pour le Douaisis et l'économie française, qui serait une bouffée d'oxygène pour les entreprises et le développement local. Le contrat de plan État-région doit prévoir la redynamisation du triage de Somain. Les fonds européens doivent être mobilisés. Les investissements seront lourds si le scénario est respecté, puisque la création d'un embranchement entre rail et route et d'un quai pour les trains sera nécessaire. On estime leur coût à cinq millions d'euros. Quel effort financier compte faire l'État pour favoriser le développement de la gare de triage ?

Réponse de Mme Carole DELGA, secrétaire d'État chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire

Monsieur le député Candelier, la gare de triage de Somain a subi des réductions de trafic très importantes et des suppressions de postes au cours des cinq dernières années, en raison de la faiblesse de l'activité fret en France. L'État et les acteurs locaux – opérateurs de l'État, élus, organisations syndicales – se sont mobilisés pour trouver des pistes de redynamisation. Une étude sur l'avenir du site a été lancée fin 2013. Ses résultats ont été rendus publics à la fin du mois de novembre dernier.

Cette étude trace une piste prometteuse de création d'une plate-forme multimodale combinant la gare de triage et le canal à grand gabarit Dunkerque-Escaut. Les acteurs du dossier, notamment la région, la SNCF et Réseau ferré de France, examinent désormais les schémas possibles de financement de ce projet. Ce projet pourrait être envisagé dans le cadre du contrat de plan de l'État avec la région Nord-Pas-de-Calais pour la période 2015-2020, par exemple à l'occasion d'un réexamen de celui-ci. Quant au site de Saint-Gobain Glass à Emerchicourt, spécialisé dans la fabrication de verre à destination du bâtiment, il subit depuis le printemps 2012 les effets des surcapacités mondiales sur le marché du bâtiment. Sa ligne float a en effet été mise à l'arrêt, et du chômage partiel a été décidé pour une partie de ses salariés. Ces difficultés ont également touché d'autres sites du groupe, en Italie, au Belgique ou au Portugal, mis en sommeil.

Le groupe Saint-Gobain a toutefois engagé deux actions d'envergure à Emerchicourt afin de permettre le redémarrage du four dans les meilleures conditions possibles. Il a décidé un important plan de modernisation et de productivité. Sur ce programme de 27 millions d'euros d'investissements, 19 sont achevés à ce jour.

Le groupe a également organisé le détachement de salariés impactés par la baisse d'activité sur d'autres sites du groupe : une quarantaine de salariés ont accepté ce détachement. D'autres salariés bénéficient de formation. Ces initiatives doivent permettre au site d'Emerchicourt d'être en ordre de marche lors du redémarrage de l'activité, que nous espérons très prochain.

Je peux vous assurer que le ministère de l'économie, de l'industrie et du numérique, notamment les services de la DIRECCTE, continueront de suivre ces deux sujets avec une grande attention, et oeuvrent à un redémarrage le plus rapide possible à Emerchicourt.

Droit de réponse de M. Jean-Jacques Candelier

Je vous remercie de ces précisions, qui me rassurent un peu. J'estime cependant qu'il faut aller très vite, d'autant que ce n'est pas la première fois que j'interpelle le Gouvernement sur ces deux sujets et que le chômage est très important dans le Douaisis – il frappe plus de 20 % des habitants de la région Somain - Aniche. Je compte sur un geste fort du Gouvernement.

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