Eric Bocquet

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Avec Emmanuel Macron, la défense des droits de l’Homme à géométrie variable

Publié le 27 octobre 2017

Ce 24 octobre, le Président de la République Emmanuel Macron a rencontré à l'Élysée le président égyptien Abdel Fatah Al-Sissi. Au programme, des discussions sur la situation régionale et la lutte contre le terrorisme. Mais un grand absent est demeuré lors de cette rencontre, le respect des Droits de l'Homme en Egypte, alors même que plusieurs ONGs a dénoncé les graves dérives du régime d'Al-Sissi arrivé au pouvoir en 2014. Développement des tribunaux militaires pour juger des affaires civiles, répression et condamnations des ONG, des journalistes et des personnes LGBT, tortures à grande échelle qui pourraient constituer un crime contre l'Humanité, les Droits de l'Homme connaissent sur les bords du Nil leur plus grosse crise dans le pays depuis plusieurs décennies.

Pourtant, Emmanuel Macron a tout juste voulu aborder avec le maréchal égyptien quelques cas individuels sans apporter un soutien public aux défenseurs des Droits de l'Homme. Pire, il s'est caché derrière le principe de souveraineté des États pour rester neutre en la matière. Emmanuel Macron conforte une pratique présidentielle regrettable et condamnable, comme il l'a déjà fait dans d'autres dossiers concernant des partenaires économiques.

A l'inverse, le Président de la République n'a pas hésité à sortir de sa neutralité pour condamner ouvertement des États en désaccord idéologique avec sa vision libérale du monde, dans des relents rappelant la Guerre Froide.
Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste s'interrogent donc sur cette conception de la défense des Droits de l'Homme à géométrie variable. A n'en pas douter, l'acquisition toujours plus importante d'armements par l'Égypte aura invité Emmanuel Macron à se taire sur les pratiques du pouvoir d'Al-Sissi comme il l'a fait avec l'Arabie saoudite pour ne citer qu'elle.

Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste rappellent que la question des Droits de l'Homme et de leur défense ne saurait être conditionnée par le commerce des armes, et a fait l'objet d'une proposition de loi déposée par leur groupe en juillet dernier pour renforcer le contrôle parlementaire.

Enfin, les sénatrices et sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste ne peuvent que condamner les dérives du régime égyptien et le silence coupable de la France sur cette question.

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