Eric Bocquet

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« Bourdieu, mais c’est bien sûr ! »

Publié le 6 septembre 2019

Titre inspiré de la rituelle réplique du commissaire Bourel dans les années 60, à l'époque de la télé en noir et blanc. C'était une série intitulée : « Les 5 dernières minutes » et le héros principal, Bourel, ayant découvert le pot aux roses dans l'enquête qu'il menait s'écriait « Bon dieu mais c'est bien sûr ! »

Alors, pourquoi Bourdieu aujourd'hui ? Vous connaissez tous ce célèbre sociologue qui a beaucoup analysé les inégalités sociales dans notre société. Je ne peux m'empêcher de penser à lui en cette semaine de rentrée scolaire. Profitons-en pour souhaiter pleine réussite et bonheur à nos 12 millions d'élèves et leurs 800 000 enseignants pour cette nouvelle année scolaire. Nous citerons Danton ici qui dit un jour : « Après le pain, l'éducation est le premier besoin d'un peuple ».

Nous abordons souvent ici le sujet des inégalités et des injustices. L'école n'échappe pas à ces fléaux, malgré l'énorme travail fourni par notre grand service public d'éducation, les inégalités sans cela seraient encore plus grandes. En effet, notre école de la République mérite toutes les attentions et tous les crédits nécessaires. Pour autant, l'école ne pourra jamais, à elle seule, résorber les inégalités criantes constatées dans notre système éducatif.

Fin 2018, un rapport est sorti à propos de la sélection sociale opérée par le concours d'entrée à l'école Polytechnique. Et c'est là où la référence à Pierre Bourdieu surgit, il faisait le constat selon lequel la composition sociale des écoles d'élite « qui réservent une place très importante aux étudiants issus de la classe dominante » est souvent imputée aux tournois successifs qui trient scolairement et socialement les élèves le long de leur parcours, et ce, « très en amont du concours ».

Quelques chiffres assez édifiants. En 2018, sur les 415 admis à l'X (l'autre nom de Polytechnique), 78% étaient des mecs, ayant obtenu le Bac S, avec mention très bien pour 95% d'entre eux. Jusque-là, tout va bien. Mais on observe très vite que l'immense majorité d'entre eux sont issus, à 80%, des milieux sociaux favorisés, enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures. Les enfants d'ouvriers, 1.1% (ouvriers qui représentent 29.2% des salariés).

En 2013, deux lycées fournissent 50% des reçus, Louis Le Grand à Paris et Sainte-Geneviève à Versailles. Aucune fatalité à cette réalité, aucun ordre naturel à cet état de fait, notre société connaît une situation d'inégalités criantes entre les premiers de cordée et le reste du peuple.
Ce que le peuple veut, ça n'est pas du pain et des jeux, c'est du pain et de l'école !

Vive l'école de la République !
Vive l'Education nationale !
Vive l'égalité des droits !

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