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intervention après le g20

Publié le 14 novembre 2011

Assemblée Nationale

Séance du Mercredi 9 novembre 2011

 

Intervention de Monsieur Alain BOCQUET

Député du Nord

 

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

 

Le 25 septembre 2008 à Toulon, le Président de la République déclarait vouloir « refonder » le capitalisme et le « moraliser ». Où en est-on trois ans plus tard, après la tenue de six sommets du G20 ? Le bilan est catastrophique.

 

En 2008 et à l’aube du premier G20 sensé museler les fauteurs de crise, on comptait 179 millions de chômeurs dans le monde. On en était à 203 millions à l’heure du G20 cannois : 24 millions de plus !

 

On estime à 125 milliards d’euros par an, l’évasion des profits des multinationales vers des paradis fiscaux que le G20 n’a aucune intention de supprimer.

 

125 milliards : c’est quatre fois l’aide nécessaire à l’éradication de la faim dans le monde dont souffre un milliard d’êtres humains : un habitant sur sept de cette planète.

 

Ces chiffres signent la faillite d’un système capitaliste que le G20 tente laborieusement de rafistoler, alors que la question de fond est, bel et bien, de le dépasser.

 

A l’heure du palmarès il n’y a pas eu de surprise à Cannes : aucune palme pour l’emploi ni pour la croissance ; aucune pour l’investissement public mis au service des besoins des peuples.

 

En deux ans les Etats européens ont fourni 4 500 milliards d’euros d’aides publiques aux banques privées. Les dirigeants européens ont ainsi directement fait de la crise des Bourses une crise des Etats, transformant la dette privée en dette publique pour la faire payer par les peuples. Et vous n’êtes pas en reste en ayant laissé filer la dette publique nationale de 65% du PIB à 86% en quatre ans.

 

Les trois A de la notation du système ultralibéral conforté en apparence à Cannes sont donc connus. Le premier c’est l’Arbitraire qui foule au pied le vote NON des Français de 2005 et qui interdit de parole les Grecs en 2011. C’est cela qu’on appelle « effraction » Monsieur Baroin !

 

Le second A c’est l’Argent-roi, qui pousse le Medef à exiger plus de libéralisation des échanges, plus de flexibilité du travail, plus de mise en coupe réglée des Etats.

 

Le troisième A c’est l’Austérité, portée jusqu’aux extrêmes de la rigueur alors qu’un Français sur sept vit  en dessous du seuil de pauvreté, et qu’un rapport du Secours catholique confirme l’inquiétante précarité des jeunes.

 

Le G20 prétend répondre à la crise par l’austérité. Et déjà votre gouvernement vient de décréter un nouveau plan de rigueur, le second en trois mois.

 

 

Vous n’aurez donc pas été très longs à appliquer les orientations de ce sommet mondial en portant de nouveaux coups à notre système de retraite et en pénalisant les ménages avec une augmentation de la TVA qui pèsera deux fois plus lourd sur les couches populaires et moyennes que sur les riches. A l’exemple de la famille Bettencourt, comme le révèle aujourd’hui le journal l’Humanité, dont les dividendes versés par L’Oréal sont passés, en progression constante, de 185 millions d’euros en 2004 à 334 millions en 2010.

 

Enfin, la désindexation des prestations sociales frappera des millions d’allocataires sociaux qui seront privés de 400 millions d’euros d’allocations familiales et d’aides au logement.

 

Jour après jour dans cette Assemblée, les députés communistes et parti de gauche combattent vos choix et vous opposent des mesures de rupture avec les exigences des marchés financiers devant lesquels vous vous couchez lamentablement.

 

La question, ce n’est pas pour la France de céder aux agences de notation. La question c’est de répondre aux besoins immenses de son peuple.

 

Sur ce chemin, nous revendiquons la taxation des transactions financières et la suppression des paradis fiscaux.

 

Face à l’impasse de l’austérité qui conduit la France à la récession nous proposons des dispositions de justice et de progrès. La revalorisation des salaires et du pouvoir d’achat. Une vraie réforme de l’impôt mettant à contribution les catégories les plus riches et taxant les profits financiers des entreprises. Un pôle bancaire public plaçant le crédit et l’épargne au service d’une véritable politique de l’emploi et de l’industrie, de la formation et de la recherche. Enfin, il faut sortir des chemins battus des traités ultra libéraux de Maastricht à celui de Lisbonne, pour engager la construction d’une Europe nouvelle respectueuse des peuples, sociale et démocratique.

 

Monsieur le Premier Ministre, face au diktat du G20, les députés communistes et parti de gauche soutiennent plus que jamais l’exigence de l’Humain d’abord.

 

 

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