Eric Bocquet

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Le Sieur Benalla en son palais…

Publié le 28 septembre 2018

Mercredi 19 septembre, M. Benalla devait se présenter devant la commission des lois à 8h30, léger retard à l'arrivée, un peu d'incertitude compte tenu des propos aimables tenus par l'intéressé à l'endroit du Sénat, Philippe Bas, Président de la commission affublé du sobriquet de « petit marquis » entouré des sénateurs baptisés « petites gens » par M. Benalla.

Finalement, le monsieur se présente et déclenche un tsunami de journalistes, photographes et cameramen, les flashes crépitent pendant plusieurs minutes… l'audition peut commencer, la commission des lois, devenue commission d'enquête, peut reprendre son travail d'investigation, au grand dam de la Macronie.

En effet, dans les jours qui ont précédé l'audition de Benalla, le gouvernement et le Président de la République ont fait preuve d'une extrême fébrilité. Déclarations intempestives des sénateurs LREM, des ministres Griveaux, Castaner (étrangement discret depuis, d'ailleurs), de Madame Belloubet, Garde des Sceaux.

On apprit même de la bouche du Président Larcher que le Président de la République en personne avait appelé au crépuscule le Président du Sénat.

L'audition débute, ambiance sereine, le Président Bas veille scrupuleusement à ce que la commission n'empiète à aucun moment sur les prérogatives de la Justice saisie de l'affaire du 1er Mai. M. Benalla présente d'abord de plates excuses pour les propos qu'il a pu tenir, il est très calme et, à l'évidence, cette audition a été préparée par des experts en communication… « pour être tout à fait précis » formule répétée à plusieurs reprises, pas très bon signe.

Aucun dérapage mais les zones d'ombre subsistent. « Qui vous a recruté ? » « On » m'a contacté, on n'en saura pas plus, le Président, Alexis Kohler secrétaire général de l'Elysée ? Le permis de port d'arme ? refusé à deux reprises par le Ministre de l'Intérieur et accordé par la Préfecture de police « compte tenu des missions de sécurité incombant à M. Benalla », l'intéressé nous répète qu'il n'a jamais été chargé de la sécurité du Président, il voulait une arme pour assurer sa sécurité personnelle.

M. Benalla s'exprime avec aisance et très calmement, quand même suinte parfois un parfum de suffisance voire un soupçon d'arrogance, peut-être un peu la marque de fabrique d'une Macronie déconnectée du monde réel. « Il a pu arriver que j'aie une arme… » dit-il, depuis, des photos accablantes ont circulé dans les médias.
Au-delà du personnage et des évènements du 1er Mai, c'est toute une conception de l'exercice du pouvoir par l'Elysée. M. Macron veut moins d'élus, au Parlement et dans les communes, il est pourtant, que je sache, Président de la… République…
Benalla à la fois histoire d'ombre et de lumière.

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