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Michelle Demessine

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Nous ne sommes pas allés à Versailles

Publié le 4 juillet 2017

Emmanuel Macron a produit un discours de près d'1h30 au Congrès du Parlement, privilégiant les effets de style à la présentation concrète de son projet qui demeure flou.

Ses mots les plus précis, il les a consacrés aux institutions. La révolution conservatrice est déjà bien affutée sur ce point. La victime pressentie, c'est le Parlement, avec la réduction du nombre de parlementaires, le vote de la plupart des lois en commission et donc, la réduction à sa portion congrue de la séance publique, pourtant essentielle pour le pluralisme et la transparence. Le travail législatif des assemblées sera minoré au profit d'un hypothétique pouvoir de contrôle. L'élaboration de la loi, son vote, constituent pourtant l'essence même du Parlement. Lui retirer pour tout ou partie ce pouvoir, c'est l'annihiler, le réduire au rôle de faire-valoir d'un exécutif cornaqué par un Président devenu hyperprésident. Une part de proportionnelle pour un Parlement diminué confine à de l'hypocrisie.

Nulle trace dans ce discours de réponse aux interrogations, aux colères du peuple qui n'ont pas rejeté les politiques passées pour cause d'excès de pouvoir du Parlement, mais pour la dégradation continue de leurs conditions de vie.

Le droit au logement, le droit à l'emploi, le droit aux soins par exemple, ne sont pas dans le champ de vision du Président Macron qui, visiblement, n'avait que le Parlement - sans doute un frein à son appétit de pouvoir - en ligne de mire.

Tel Ponce Pilate, il a laissé l'annonce des mesures d'austérité et la confirmation de la casse du droit du travail à son Premier Ministre, Edouard Philippe, qui, avec le Ministre de l'Economie Bruno Lemaire, se félicite d'avoir à œuvrer sans garde-fou pour les intérêts du Medef.

Le discours de Versailles est un discours crépusculaire quant à l'avenir démocratique de notre pays.

Nous ne sommes pas allés l'écouter à Versailles car nous ne voulions en aucun cas cautionner ce coup de force rampant contre les institutions républicaines.

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