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Michelle Demessine

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Remise de la Légion d’Honneur à Fabien Thiémé

Publié le 2 mars 2017

Lors de la remise de la Légion d'Honneur à Monsieur Fabien Thiémé, Maire de Marly, Michelle Demessine est intervenue en tant que Présidente du comité d'honneur. Elle a salué le parcours exceptionnel de ce fils de résistant devenu, à force de travail et de militantisme, vice-président du conseil général et député, et qui reste, en tant que maire de Marly, un élu engagé et disponible pour tous.

Chers amis, Chers camarades,

C'est un grand honneur et un grand plaisir pour moi d'avoir été sollicitée pour présider le comité d'honneur de mon ami et camarade Fabien Thiémé pour la remise de cette haute distinction de la République, la Légion d'Honneur.

Je tiens devant vous à l'en remercier vivement.

Je dois, tout d'abord, vous dire que préparer ce discours m'a permis de me replonger avec, certes une certaine nostalgie mais aussi une grande fierté, dans notre passé commun de militant politique puis d'élus à hautes responsabilités, des responsabilités auxquels nos origines sociales modestes ne nous destinaient pas forcément.

Je dis « nous » parce qu' au fond, avec Fabien, nos destins et nos parcours furent souvent, au fil du temps, étroitement liés car arrimés à une vision de la société, à des valeurs à laquelle nous n'avons jamais cessé de croire même dans les situations les plus difficiles et les plus périlleuses.

Il est vrai que nous avons eu aussi les mêmes « éducateurs ».

Ceux qui ont tant marqué notre histoire : « les Résistants ».

C'est, de là, que vient, j'en suis sure, notre ténacité à toute épreuve.

Je veux d'abord revenir sur notre première rencontre qui porte la marque de nos parcours militants où, vous le savez, les vies personnelles et militantes bien souvent s'entremêlent.

En effet, la première fois que j'ai rencontré Fabien, c'était, lors du XXI ème congrès du Parti Communiste Français, qui, tenait vous bien, avait lieu du 24 au 27 décembre 1974.

Oui en plein cœur des fêtes de Noël ! Il fallait le faire !

Ce fut pour Fabien comme pour moi, du haut de nos un peu plus de 20 ans, un événement marquant car nous avions été désignés pour la première fois délégués, à Paris, représentant les militants d'une des plus grandes fédérations, celle du Nord.

Mais surtout cette première était toute particulière, pour moi, personnellement car avec Pierre, mon mari, avec qui Fabien noua aussi une solide amitié, nous attendions un heureux et imminent événement avec la naissance de notre fils, né un mois plus tard.

Et c'est là que Fabien Thiémé m'expliquant ses origines m'a transmis l'idée qui m'a conduit au choix de prénom de mon fils, le même que le sien : Fabien.

Car, en effet, vous le savez, il en est d'ailleurs très fier, Fabien est le fils d'Eugène Thiémé, une figure d'ici, ancien mineur, syndicaliste alias le colonel Michel, un grand résistant qui a dirigé les 30 000 FTP de la région du Grand Nord Est.

Et donc Fabien doit son prénom à un héros national de la Résistance, qui a été le frère d'arme de son père, le colonel Fabien, ce héros de la Résistance qui à la tête des FTP, contribua à la Libération de Paris.

Mais il fut surtout ce jeune résistant de 20 ans qui marqua le début de la Résistance armée, dans notre pays, en abattant le 21 aout 1941, un officier allemand, au métro Barbés, un événement qui constitua, un tournant décisif à la lutte contre l'occupant.

Cet acte héroïque, on le retrouve aujourd'hui dans beaucoup de prénom et aussi bien sûr, place du colonel Fabien, où se trouve le siège national du Parti Communiste Français.

Au retour de ce congrès avec Fabien Thiémé, nous avons ensuite été tous deux appelés à prendre des responsabilités dans les instances politiques de la fédération du Nord.

C'était, en fait, un prolongement naturel de notre engagement syndical.

A l'époque, avec la CGT, Fabien était dans l'action syndicale aux ANF et, moi avec Pierre, nous étions en train de lutter contre la fermeture de notre entreprise BATIR dans laquelle nous étions délégués syndicaux.

Nous avons ensuite suivi, chacun, parallèlement, nos chemins politiques.

Je me suis engagée dans le combat pour le droit des femmes en 1976 en prenant la tête de l'Union des Femmes Françaises où, là encore, nous nous retrouvions souvent avec Fabien lorsque je venais dans le Valenciennois pour mener de beaux combats pour les femmes, pour leurs familles tout en participant aux grandes batailles de l'époque contre les licenciements et les fermetures dans la métallurgie, la sidérurgie et les mines.

Des combats communs, nous en avons eu beaucoup.

On s'est souvent retrouvés, côte à côte, pour la défense de nos usines de l'emploi, je viens de le rappeler.

Aux côtés des personnes en situation de handicap, toi au conseil général, moi, au Sénat, au moment de la loi de 2005 pour l'égalité des droits pour les personnes handicapées. J'y reviendrai.

J'ai été aussi élue au sport à Lille et à la communauté urbaine pendant que tu l'étais toi-même à l'agglomération de Valenciennes

Mais certains de ces combats emblématiques résonnent plus encore particulièrement dans notre mémoire.

C'est, par exemple, quand dans les années 90, devant le fléau de la drogue qui s'abattait sur notre jeunesse, compte tenu de notre proximité avec la Hollande, nous avons décidé de frapper un grand coup pour alerter sur l'étendue des dégâts et pour obtenir les moyens d'enrayer cette pente vertigineuse.

Je rappelle que l'épidémie s'appelait héroïne et que se multipliait, devant nos yeux, les morts par overdose.

Nous avons fait marche vers Rotterdam à plus de 2000 personnes, des salariés, des enseignants, des personnels de santé, des mères de familles concernées pour « barrer la route à la drogue » ( notre slogan) qui faisait tant de ravages humains.

L'objectif était de s'adresser aux autorités des Pays Bas qui étaient laxistes mais aussi à notre pays pour obtenir un plan de lutte efficace contre le trafic.

Cette action inédite a marqué.

Des moyens de lutte et de prévention ont été mis en place.

L'héroïne a disparu des coffee shop mais pas le cannabis, ça, c'est une autre histoire.

Je voudrais souligner, à cet instant, que nous dénoncions, en même temps, déjà l'argent sale blanchi dans les circuits financiers internationaux.

Un petit clin d'œil qui rappelle aujourd'hui le combat beaucoup plus large des frères Bocquet sur les circuits occultes et l'évasion fiscale.

Puis, je me souviens aussi vivement de ma fierté de voir un jeune militant de ma génération devenir, en 1981, député suppléant de Georges Bustin, en 1986, conseiller régional, en 1988, conseiller départemental, et enfin la même année député de la République à l'âge de 36 ans en tant que 9ème plus jeune député de l'Hémicycle.

Lui l'ancien des ANF Crespin aujourd'hui Bombardier, devint alors rapporteur en charge du budget famille de la Nation.

Hyperactif, il s'acharna alors à se battre pour les familles les plus modestes et contribua grandement à permettre, dès sa première année, la mise en place d'une prime de Noël pour les allocataires du RSA afin que Noel soit un moment de bonheur pour tous.

Je me souviens aussi de son combat, à l'Assemblée Nationale, pour la Défense de nos industries, pour la renationalisation des banques privatisées par la droite, en 1986, et pour la défense de la sécurité sociale des mineurs, comme un hommage en creux à son père, mineur licencié de la fosse de Fresnes en 1928 suite à une altercation avec un porion.

Il fut ainsi l'un de ces députés dont le mandat unique de 5 ans en vaut plusieurs par l'intensité de ses engagements.

Les ministres du gouvernement de l'époque ne pouvaient pas l'ignorer car ils ont été inondés de courriers, d'interventions car Fabien n'avait de cesse de défendre les intérêts des habitants de sa circonscription.

Fabien a aussi surtout marqué par son engagement en tant que conseiller général et vice-président du conseil général

Il a énormément construit et toujours au service des plus faibles dans le cadre de ses responsabilités successives dans le domaine du handicap, des personnes âgées, de la jeunesse, de la famille et de l'enfance.

Patrick Kanner, l'ancien président du conseil départemental, se fera un plaisir, j'en suis sure, de lui en rendre hommage.

Je pense que l'on peut dire que son bilan est exceptionnel et ceux qui pourraient encore mieux le dire, ce sont tous les acteurs associatifs avec qui il a passé de longues heures sur le terrain pour élaborer les politiques que le Conseil Général a développé par la suite.

Je pense tout d'abord, au champ du handicap auquel je suis, vous le savez, particulièrement sensible et attachée.

Alors que nous ne connaissions pas encore les Maison départementale des personnes handicapées, Fabien n'a jamais accepté la fatalité de l'accueil des enfants et des adultes handicapées en Belgique, faute de places sur notre territoire.

Son action a ainsi permis de créer, à l'époque, pas moins de 1500 places d'accueils pour les adultes en situation de handicap.

Vice-président chargé des personnes âgées et conscient du défi humain et social que constitue le vieillissement de la population française qui est un des grands défis à venir pour notre pays, Fabien a contribuer à créer 20 000 places en maison de retraites et a aussi été un grand artisan de l'APA qui a permis à 34 000 personnes d'en bénéficier, pour que nos anciens puissent vieillir chez eux, dans leur maison et leur souvenirs, ce qui est leur vœux le plus chère.

Personne n'a oublié l'énergie qu'il a déployé pour mettre en place, dans notre département, la télé alarme, véritable progrès pour la sécurisation du maintien à domicile de nos ainés.

Vice-président à la jeunesse, on lui doit la mise en place du chéquier jeunes pour les élèves de 3ème pour permettre le développement des pratiques sportives et culturelles.

On peut aussi citer la mise en place d'une aide de 1000 euros au permis de conduire qui pour les jeunes, dans nos territoires, est bien souvent la promesse d'une autonomie et d'une indépendance indispensable pour trouver un travail.

Je pourrais vous parler encore des heures pour évoquer nos souvenirs communs mais je ne veux pas m'appesantir plus longtemps auprès de tous ceux qui t'ont fait l'amitié, l'honneur et le plaisir d'être venus ici pour toi, Fabien.

Mais je voudrais seulement dire : mais qui honore-t-on aujourd'hui ?

Le militant syndical aimé et reconnu des ouvriers de son usine ?

Le militant politique engagé pour une société plus juste, plus humaine ?

L'humaniste sincère et serviable auprès de ceux qui ont le plus besoin de l'attention permanente et de la bienveillance de toute la société ?

L'élu qui a assumé et assume encore des responsabilités à tous les niveaux, national, régional et départemental ?

Le maire qui se bat chaque jour à travers toutes les tempêtes pour sa ville, ses habitants ?

Eh bien ce soir, je voudrais dire, nous honorons un seul homme qui représente tout cela.

Voilà, pour finir je veux m'adresser aux Marlysiens et Marlysiennes pour leur dire qu'ils ont énormément de chance d'avoir un maire comme Fabien, aujourd'hui honoré par une Légion d'Honneur qui rejaillira sur toute sa ville et sa population.

Fabien, c'est un beau jour pour nous tous car honorer un militant, un élu engagé disponible qui a su garder, le sens de ses racines et sa modestie, ça fait du bien et ça montre que ça existe.

Fabien, je te félicite, cette distinction est méritée et plus que méritée

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