Eric Bocquet

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Suppressions de postes dans l’éducation nationale

Publié le 24 septembre 2018

Elèves et enseignants sacrifiés pour l'austérité

Le gouvernement assure, mois après mois, que l'éducation est « la première priorité budgétaire ». L'annonce de la suppression de 1800 postes dans l'éducation nationale montre une nouvelle fois le grand bluff du « en même temps » macroniste.

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, assure qu'il n'y a « aucune corrélation entre créations de postes d'enseignants et augmentation du niveau des élèves ». C'est pourtant le même ministre qui justifie, « en même temps », le dédoublement des classes en CP et CE1 dans l'enseignement prioritaire par la nécessité de plus d'encadrement des élèves. Ce qui s'applique dans le primaire ne s'appliquerait donc pas au secondaire ?

26 000 collégiens et lycéens supplémentaires font actuellement leur rentrée. La disparition de nombreux postes laisse craindre une dégradation des conditions d'apprentissage avec des classes à 35 élèves. Dans ces conditions, il est impossible d'aller vers un meilleur suivi des jeunes en orientation, alors même que c'est le seul argument de M. Blanquer pour justifier la réforme du lycée et du baccalauréat.

Pour combler ce manque de postes, le Ministre a une solution toute trouvée : donner plus de largesses aux établissements pour recourir aux heures supplémentaires, exonérées de cotisations sociales pour l'occasion, et organiser des remplacements en interne. Imagine-t-on qu'une enseignante d'allemand remplacera un enseignant de mathématiques ?

Le choix du gouvernement est clair : déshabiller le secondaire en faisant croire à un rhabillement du primaire, au risque de conduire à un décrochage important du collège et du lycée, lieux des premières orientations. Donner priorité à l'Education signifie mener de front un réinvestissement massif dans le primaire et dans le secondaire. En réalité, la priorité du gouvernement, c'est la réduction de l'investissement public.

Outre les enseignants, 400 autres postes sont menacés. De quoi s'inquiéter pour la santé scolaire, dont les effectifs sont déjà nettement insuffisants, comme pour les personnels administratifs. Le dialogue entre les services de l'Education Nationale et les élus locaux, actuellement si dégradé, et l'éloignement des réalités de terrain qui gagne les académies justifient pourtant pleinement des personnels en nombre suffisant à même de renouer les liens entre toute la communauté éducative.

Les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Ecologiste vont combattre ces choix qui précarisent les conditions d'études des élèves et de travail des enseignants et des personnels administratifs. Elles et ils feront des propositions alternatives pour une École de qualité dans le cadre du projet de loi de finances 2019.

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