Michel Lefebvre
Canton de Denain

Membre de la commission développement de l’espace rural, environnement, politique de l’eau

Membre de la commission lutte contre les exclusions, enfance, famille, prévention santé, personnes âgées, personnes en situation de handicap, jeunesse

“Monsieur le Président, Chers collègues,

Je commence mon propos en citant Jean Vilar, qui fut le créateur du Festival d’Avignon en 1947 : « Il n’y a pas plus exigeant qu’un public populaire, dès qu’il a compris qu’il pouvait comprendre. »

Pourquoi cette citation ?

Tout simplement pour aborder notre responsabilité collective dans le partage des savoirs, dans l’émancipation, dans la place que nous donnons à chaque citoyen de notre département pour faciliter sa rencontre avec les arts et la culture, et pour lui permettre d’exprimer ses émotions :

Les rires, les pleurs, les interrogations, le bonheur, les illusions et désillusions.

En effet, quand Vilar nous dit « Dès qu’il a compris qu’il pouvait comprendre », il nous interpelle sur notre rôle politique, qui consiste à permettre ces découvertes, à initier et préparer la rencontre avec la différence, et donc de rêver et d’imaginer ce monde ou la culture devient ce récit émancipateur qui libère d’un quotidien obtus et consumériste, et qui permet comme le dit Jean Vilar de comprendre.

La politique se doit de porter une vision au service de l’humain et la culture sous toutes ses formes est l’outil qui nous permet d’atteindre cet objectif.

C’est pourquoi, la culture ne doit pas être regardée comme un secteur parmi d’autres de l’action publique, un supplément d’âme, mais le préalable indispensable à la vie démocratique et au débat politique et plus globalement le moyen de donner à chacun de nos concitoyens, la capacité d’être pleinement acteur de sa vie à travers ses multiples rencontres avec l’altérité, dans le respect des différences.

Nous devons considérer l’art, le savoir, l’éducation populaire, comme les prérequis indispensables permettant à l’humain de s’approprier à la fois les enjeux et la complexité des débats sociétaux, mais aussi d’appréhender les mutations profondes qui secouent nôtre monde comme le réchauffement climatique, la mondialisation économique et financière, et les transhumances humaines.

Cependant, je n’oublierai pas d’évoquer la dimension économique de la culture, trop souvent regardée comme uniquement quémandeur de subvention !

Les rapports publics de l’inspection générale des affaires culturelles et l’inspection générale des finances ne laissent place à aucun doute, et je les cite : la culture est un secteur stratégique de l’économie Française avec 104,5 milliards d’euros, représentant 3.27 % de la richesse nationale et 670 000 emplois.

Voilà une étude qui nous impose de jeter un tout autre regard sur les enjeux attachés à la politique culturelle départementale !

Notre département a développé une série d’actions de qualité incontestables qui fait honneur à notre collectivité, comme par exemples nos musées ou le forum antique etc.

Cependant, aujourd’hui, dans un monde assassin de la poésie, de la création et du vivre ensemble, en voulant faire de toutes ces valeurs une marchandise, il y a nécessité de changer de braquet et de se donner les moyens d’une politique culturelle qui va à la rencontre des citoyens de nos villes mais aussi de nos villages.

Avec cette nouvelle mandature ne serait-ce pas le moment de revenir, chers collègues au 1% culturel pour notre collectivité.

Cette année, 25 millions sont inscrits au budget, 1% permettrait de porter budgétairement notre ambition dans ce domaine à 36 millions d’Euros, soit 11 millions supplémentaires, ce qui permettrait notamment d’accentuer notre politique dans le milieu rural ; pour un budget global de 3.6 milliards.

Nous pourrions envisager, collectivement, de nous engager à atteindre cet objectif, tout à fait supportable pour les finances départementales en 3 ans.

Après cette pandémie, puis avec cette guerre en Ukraine, il est indispensable de créer les conditions pour que les gens se retrouvent, à espérer en un avenir radieux au regard de ces périodes bien difficiles.

Et je crois résolument et intimement que la culture est sans aucun doute l’outil le plus efficace à mobiliser en ces temps troublés.

Je vous remercie de votre attention”